Bulle de 5, testing... Que faut-il attendre du CNS de ce mercredi?

Le gouvernement de Sophie Wilmès veut passer à une phase de "gestion des risques" et non plus apporter des réponses au coup par coup. ©BELGA

Bulle sociale, télétravail, événements, tracing, testing... Voici les thèmes qui pourraient être abordés durant le CNS de ce mercredi.

Une réunion du Conseil national de sécurité (CNS), réunissant les principaux ministres du gouvernement fédéral, les ministres-présidents des entités fédérées et les experts a débuté mercredi matin au Palais d'Egmont à Bruxelles avec comme objectif de donner des perspectives à long terme aux Belges dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, face à la recrudescence du nombre de cas.

"Si l'on veut que les citoyens adhèrent aux mesures que l'on va décider aujourd'hui, il faut qu'elles soient claires."
Pierre-Yves Jeholet
ministre-président de la FWB

"Les mesures doivent être comprises par le public (…). Si l'on veut que les citoyens adhèrent aux mesures que l'on va décider aujourd'hui, il faut qu'elles soient claires. Et c'est vrai que les bulles (limitant le nombre de contacts rapprochés autorisés pour chaque personne) n'étaient peut-être pas claires", a affirmé à son arrivée le ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet (MR) à son arrivée.

Il a évoqué, sans autre détail, "une autre formule" en parlant de la nécessité de trouver un équilibre entre les mesures de santé publiques et les impératifs économiques pour les entreprises et les indépendants. "On ne peut pas faire marche arrière par rapport aux écoles", a encore souligné M. Jeholet.

Le ministre fédéral des Indépendants, Denis Ducarme (MR), a quant à lui affirmé que le CNS devrait "trancher pour rendre des perspectives à des secteurs comme celui de l'événementiel, celui des traiteurs, à entrepreneuriat culturel".

Passer à une "gestion des risques"

Lors du précédent CNS, la Première ministre Sophie Wilmès avait annoncé qu'un groupe d'experts plus large serait sollicité pour voir comment passer d'une gestion de crise à une gestion des risques et non plus apporter des réponses au coup par coup. "La difficulté sera de trouver ce juste équilibre entre simplifier les règles, les assouplir pour certaines, voire en mettre de côté pour d'autres, organiser peut-être des activités qui ne sont pas autorisées aujourd'hui, et tenir compte du sérieux de l'évolution du virus. Ça ne va pas être simple", avait-elle expliqué.

L'une des clés demeure le respect des "gestes de base" par la population.

Vers une bulle de taille différente selon les provinces?

Commençons par la "bulle de cinq". L'information a fuité, le Celeval a élaboré un plan provincial pour le système de bulles sociales. L'objectif est de le rendre plus flexible: chaque province recevrait un code couleur sur base des hospitalisations liées au Covid-19 (et non pas au nombre de cas positifs, tant que ces cas ne se transposent pas vers une sévérité particulière). La taille de la bulle pourrait donc différer selon la province en fonction de sa couleur. Il demeure aussi une inquiétude relative à la confusion. "Il y a déjà en ce moment des dizaines de codes couleur, pour l'enseignement ou les voyages par exemple, qui sont tous différents", observe à ce sujet une source citée par le quotidien flamand.

"Cette règle pourrait être assouplie mais dans ce cas, il faudrait adopter d'autres mesures pour compenser, pour éviter de donner le champ libre au virus."
Maggie De Block
ministre de la Santé

Ce week-end, la ministre de la Santé Maggie De Block s'est exprimée sur le sujet. "Cette règle pourrait être assouplie mais dans ce cas, il faudrait adopter d'autres mesures pour compenser, pour éviter de donner le champ libre au virus", a-t-elle déclaré.

L'objectif est de trouver un équilibre entre les risques liés à l'approche de l'hiver, d'une part, et la nécessité d'éviter que des gens se retrouvent dans un isolement social, d'autre part. "Pas de liberté totale mais cela doit être viable", résumait la ministre.

À propos du confinement

Ce lundi, nous avons réalisé une interview croisée entre Emmanuel André, médecin microbiologiste responsable du laboratoire de diagnostic des maladies infectieuses de l'hôpital UZ Leuven, et Bernard Rentier, biologiste, virologue et ancien recteur de l’université de Liège (ULg). Le sujet du confinement a été abordé. Les deux virologues sont d’accord sur le fait qu’il faut à tout prix éviter un reconfinement généralisé comme en Israël. 

Pour les virologues Bernard Rentier et Emmanuel André, il faut éviter les événements hyper-diffusants. ©Kristof Vadino

"Donc assouplir oui, mais avec prudence et tout en gardant à l’œil certains repères, comme le niveau des hospitalisations par exemple", estime Bernard Rentier. Mais Emmanuel André n'est pas tout à fait de cet avis. "Il faut prévenir plutôt que guérir. Il ne suffit pas de se fixer une limite d’hospitalisations, car une fois cette limite atteinte, on ne dispose plus d’une quelconque marge de manœuvre", commente-t-il.

Pour les deux virologues, il faut surtout éviter les événements hyper-diffusants, comme les fêtes, les festivals, etc.

Bernard Rentier remet également sur le tapis la protection des plus fragiles. Et plaide pour que l’on renforce les précautions prises à l’égard des personnes âgées résidant en maison de repos.

Ce lundi soir, on apprenait que les voyages dans les zones rouges ne seraient plus interdits mais "strictement déconseillés" dès ce vendredi 25 septembre. Cette décision s'inscrit dans la volonté d'une plus grande coordination européenne. Précisons tout de même que la quarantaine et le dépistage restent obligatoires au retour d'une zone rouge.

"Le télétravail doit être maintenu"

Les deux experts sont également d’avis que le télétravail doit être maintenu partout où c’est possible. "On sait qu’il y a beaucoup de transmissions qui ont lieu dans le monde du travail, qui doit donc continuer à être attentif pour rester cohérent avec son objectif d’une société ouverte. Mais le monde de l’entreprise a pleinement joué son rôle en anticipant et en réorganisant ses tâches. C’est beaucoup plus compliqué pour l’horeca puisqu’on va au restaurant pour la convivialité, ce qui est antagoniste à une gestion rigoureuse des contacts", souligne Emmanuel André.

"On sait qu’il y a beaucoup de transmissions qui ont lieu dans le monde du travail."
Emmanuel André
médecin microbiologiste

Il faudra, comme nous l'expliquait très bien Bernard Rentier, trouver un juste équilibre entre impératifs sanitaires et nécessité économique.

Et le testing? "Un enjeu primordial"

Dans les prochains mois, le testing sera, plus que jamais, un enjeu primordial. "À Bruxelles, l’offre est insuffisante par rapport aux objectifs, ce qui veut dire que les personnes mettent souvent plusieurs jours à trouver un laboratoire capable de faire les tests, et les résultats arrivent souvent encore trop tard par rapport aux exigences fixées par les besoins de la crise. Avec le risque d’un tracing qui devient inefficace et donc moins acceptable", alerte Emmanuel André.

Depuis le week-end dernier, il est désormais possible de vendre et d'acheter des auto-tests en Belgique. Via le prélèvement d'une goutte de sang, ce teste permettrait de savoir si on a contracté une immunité au coronavirus. Interdits pendant six mois, ils sont désormais autorités mais ne sont pas conseillés. "Ces tests ne déterminent pas si la personne souffre d’une infection active. Ils sont moins fiables que les tests similaires effectués sur un échantillon sanguin dans les laboratoires cliniques", écrivaient les autorités sanitaires dans un communiqué.

L'application de traçage numérique des contacts développée par les autorités belges devrait être disponible pour le grand public dès le 28 septembre. Baptisée "Coronalert", elle permettra à toute personne l'ayant téléchargée sur son smartphone d'être alertée si elle a été en contact avec une autre personne positive au Covid-19.

Vers une diminution de la quarantaine?

Chez nos voisins français, la durée d'isolement des personnes contaminées ou ayant été en contact avec une personne atteinte du coronavirus a été diminuée. Elle passe désormais de 14 à 7 jours. Et chez nous? Des discussions sont en cours depuis quelques semaines. L'objectif est de rendre la mesure plus acceptable, de trouver le juste milieu entre rigueur scientifique et nécessité de tenir le coup pendant des mois. Selon Yves Van Laethem, porte-parole intérfédéral Covid-19, une réponse est attendue pour le CNS de ce mercredi.

À Bruxelles, rien ne change à ce stade

La cellule de crise de l'arrondissement de Bruxelles-Capitale, composée des bourgmestres des dix-neuf communes et de la Haute fonctionnaire Viviane Scholliers, a décidé, lundi, de maintenir les mesures actuelles liées à la pandémie de Covid-19 et de veiller à leur application correcte.

Cette décision repose sur l'avis du comité scientifique qui avait adressé une recommandation dans ce sens jeudi dernier. Il avait été invité à se pencher sur l'évolution de la situation à Bruxelles en raison de la récente hausse du nombre de cas de personnes positives au coronavirus dans la capitale.

Selon nos informations, d'autres thèmes seront abordés, comme celui des masques: où, quand, comment? La volonté est claire, chaque individu devra se retrouver face à ses responsabilités (avec un certain nombre de lignes pour le guider), "mais plus devant un maître d'école lui dictant des règles".

Concernant la culture, les événements, "la manière d'intégrer les mesures va permettre des ouvertures dans ces domaines-là puisque les règles seront moins rigides", clôture Yves Van Laethem.

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