Que peuvent vraiment faire les bourgmestres face au Covid-19?

Grâce à de nouvelles données qu'ils reçoivent quotidiennement, les bourgmestres peuvent imposer le masque dans une zone identifiée comme un foyer de Covid-19. ©EPA

Alors que l'épidémie de Covid rebondit, les bourgmestres sont en première ligne pour circonscrire rapidement les clusters. Ils disposent enfin de données relativement précises pour cibler leurs actions.

Que savent les bourgmestres de la situation épidémiologique dans leur commune? Jusqu'ici, pas beaucoup plus que vous et nous. Mais désormais, ils sont mis au courant, une fois par jour, par l'Aviq (en Wallonie), Iriscare (à Bruxelles) et l'AZG (en Flandre), de détails sur la propagation du Covid-19 qui les aident à mieux cibler leurs actions.

"Avant, le point de contact communal recevait des éléments relatifs au nombre de cas", explique le bourgmestre d'Evere Ridouane Chahid. "Désormais, le bourgmestre obtient également ces informations, ainsi que le périmètre concerné."

L'Aviq envoie notamment aux bourgmestres wallons un état des lieux des clusters avec leur localisation approximative, un graphique évolutif des cas sur 15 jours... Il y a aussi un rapport d’analyse des clusters afin de déterminer leur type (familial, collectivité, événement privé, etc.) et des recommandations de la cellule de Surveillance des Maladies Infectieuses.

Que faire de ces données?

"Si l'on pouvait compléter ce dispositif par la possibilité de lancer un testing automatique dans les périmètres concernés, ce serait mieux."
Ridouane Chahid
Bourgmestre d'Evere

Les données communiquées sont anonymes, mais il faut que, conformément aux décisions du Conseil national de sécurité, le bourgmestre puisse agir avec les mesures adéquates. Mais que peut-il faire? Une feuille de route a été envoyée aux communes. "La première mesure, c'est d'assurer la prévention autour du périmètre concerné", explique le bourgmestre d'Evere. "En déposant des flyers, en mobilisant les gardiens de la paix, de la prévention et la police autour des parcs, plaines de jeux ou dans les cafés. Ensuite, on peut imposer le masque dans la zone. Voire fermer un lieu. "

Après ces mesures, si le problème de contamination ne semble pas circonscrit, il reste le mini-lockdown, à décider en concertation avec d'autres autorités, provinciales et régionales.

Face à des chiffres qui grimpent

Ces informations étaient très attendues par les bourgmestres. "Mais si l'on pouvait compléter ce dispositif par la possibilité de lancer un testing automatique dans les périmètres concernés, ce serait mieux", plaide Ridouane Chahid.

517
contaminations
517 cas de contaminations ont été dénombrés par jour en moyenne

Ce qui n'est pas le cas partout. Ainsi, 13 communes au moins dépassent le nombre de 100 infections pour 100.000 habitants. Le nombre de personnes en soins intensifs a doublé depuis début juillet. Le nombre moyen d'infections, entre le 25 et le 31 juillet, est passé ce mardi à 517 par jour. Cette hausse se marque surtout dans les villes et quartiers densément peuplés et à faible statut socio-économique. La majorité des infections touche la tranche des 20-40 ans mais ça augmente dans tous les groupes d'âge...

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