Que va changer l'arrivée du vaccin Moderna pour les Belges?

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L'Agence européenne du médicament et la Commission ont approuvé le vaccin de Moderna contre le Covid. Il est le second à recevoir cette autorisation, après celui de Pfizer. Permettra-t-il d'accélérer la campagne de vaccination?

L'Agence européenne des médicaments (EMA) se penchait ce mercredi sur le vaccin contre le Covid-19 de Moderna, dans le but de lui donner son autorisation. Celui-ci a déjà été approuvé au Canada, aux Etats-Unis et en Israël. L'EMA a décidé, comme attendu, de donner son feu vert au vaccin de Moderna. La Commission européenne a dans la foulée approuvé sa mise sur le marché, a indiqué la commissaire à la Santé Stella Kyriakides.

2 millions
La Belgique a commandé 2 millions de doses du vaccin Moderna

Dans quelques semaines

La Belgique a commandé 2 millions de doses de ce produit, alors qu'elle en avait demandé 5 millions à Pfizer. Ce vaccin s'injecte en deux doses, il permettra donc de traiter 1 million de Belges. Mais va-t-il réellement permettre d'accélérer la campagne? Pas tout de suite. Chez nous, on en espère les premières livraisons au plus tôt fin janvier. Dès février, si la distribution suit, il pourra épauler le Comirnaty de Pfizer/BioNTech.

"Pour les livraisons, nous dépendons des propositions hebdomadaires des firmes, qui peuvent fluctuer."
Jean-Michel Dogné
Directeur du département de pharmacie de l'Université de Namur et membre du comité de sécurité mondial des vaccins de l'OMS

"Pour les livraisons, nous dépendons des propositions hebdomadaires des firmes, qui peuvent fluctuer", explique Jean-Michel Dogné, directeur du département de pharmacie de l'Université de Namur et membre du comité de sécurité mondial des vaccins de l'OMS. On l'a vu avec le vaccin de Pfizer. 600.000 doses étaient attendues en Belgique en janvier, mais on n'en recevra au final que quelque 300.000...

Comment booster la campagne?

Mais le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (sp.a) a déjà promis le passage à une vitesse supérieure de la campagne de vaccination, dès la semaine prochaine. La task-force en charge de la vaccination doit élaborer un plan ajusté qui sera présenté vendredi. Qui vacciner plus rapidement? Les soignants sont demandeurs et devraient bien être considérés plus tôt dans l'ordre de priorité. Mais comment vacciner plus vite?

En disposant de plus de vaccins, bien sûr. Ce que permettra bientôt la distribution du Moderna chez nous. Mais la demande en vaccins anti-Covid est très importante au niveau mondial. Quinze millions de doses ont déjà été administrées dans le monde, dont cinq aux États-Unis, et 1,3 million en Grande-Bretagne et Israël. Fin janvier, entre 50 et 100 millions de personnes devraient avoir reçu une première injection...

15
millions de doses
Quinze millions de doses de vaccin anti-Covid ont déjà été administrées dans le monde

Si l'on peut difficilement influencer la production, administrer les doses déjà disponibles peut être rationalisé et c'est ce que devra faire la Belgique. Alors qu'il était prévu de garder des vaccins en vue de la seconde injection à administrer aux personnes déjà vaccinées, on devrait, suite à un discours rassurant de Pfizer sur les prochaines livraisons, injecter en première dose ces vaccins conservés par sécurité afin d'élargir le spectre des vaccinés.

Autre possibilité, ne vacciner que les personnes n'ayant pas d'anticorps contre le Covid. Mais cela demande un test, ce qui alourdirait la logistique en amont. Le décalage dans le temps de la seconde dose est également à l'étude. En Grande-Bretagne, les autorités autorisent même l'administration de vaccins différents pour les deux injections. Ces pistes doivent être creusées par les scientifiques.

La logistique doit suivre

La question logistique ne doit pas être mise de côté. Il faut du personnel pour vacciner. Actuellement, en maison de repos, le médecin coordinateur prend en charge ce travail. Mais dans les centres qui seront installés partout dans le pays, notamment au Heysel pour les Bruxellois, il faudra employer des professionnels... qui sont déjà à genoux.

Du côté des hôpitaux qui stockent le vaccin Pfizer et stockeront celui de Moderna, une accélération de la campagne ne poserait guère de problème, "la surcharge de travail n'est pas exceptionnelle", assure Antoine Gruselin, le porte-parole du CHR de la Citadelle à Liège.

Juste quelques différences

Le vaccin de Moderna se base sur la même plateforme que celui de Pfizer/BioNTech, l'ARN messager. Mais les deux produits présentent quelques différences. Celui de Moderna n'a pas été étudié chez les moins de 18 ans, alors que le Comirnaty fait l'objet d'une indication à partir de 16 ans. Il est présenté en lot de dix doses, alors que celui de Pfizer se présente sous format de cinq doses (6 en utilisant une seringue spécifique), élément à prendre en considération dans le cadre d'un gaspillage minimum puisque, pour l'heure, aucun processus de retour n'est prévu au départ des maisons de repos où l'on vaccine déjà. Le produit de Moderna se conserve à -20 degrés et demande une seconde injection après quatre semaines, alors que celui de Pfizer se garde à -70 degrés et la deuxième injection est conseillée après trois semaines.

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