Reconfiner, la bonne solution?

Il y a actuellement, en moyenne 4.145 nouvelles infections dépistées par jour. ©EPA

Face aux chiffres des contaminations, certains brandissent la menace d'un nouveau confinement. La décision sera difficile à prendre, au vu des conséquences à prévoir d'un retour du lockdown.

On est encore loin de la situation du printemps dernier, c'est certain. Mais les chiffres des contaminations grimpent, grimpent et visiblement, l'expansion du virus n'est pas maîtrisée, malgré l'armada de mesures: testing, tracing, hygiène des mains, distanciation, port du masque, règles dans l'horeca...

Quels sont les chiffres? Du 2 au 8 octobre, plus de 16 personnes sont décédées chaque jour des suites du coronavirus, selon Sciensano. Il y a eu en moyenne 4.145 nouvelles infections dépistées par jour, avec beaucoup d'asymptomatiques. Entre le 5 et le 11 octobre, il y a eu 125 admissions quotidiennes à l'hôpital en moyenne. Pour rappel, le 28 mars, il y avait eu un pic de 629 hospitalisations en une seule journée.

Faut-il aller plus loin? Un couvre-feu a été évoqué en Wallonie. Vendredi, les gouverneurs de province ont annoncé une série de mesures, dont la fermeture des buvettes et cafétarias des clubs sportifs. Selon SudPresse, un arrêté instaurant le couvre-feu entre 1h et 6h a été soumis vendredi au SPF Intérieur. Une nouvelle réunion de concertation est prévue ce lundi.

"Si on continue avec des chiffres comme ça, ce sera le confinement généralisé. À un moment donné, il n'y aura pas d'autre solution."
Gilles Mahieu
Gouverneur du Brabant wallon

Menaces de reconfinement

"Si on continue avec des chiffres comme ça, ce sera le confinement généralisé. À un moment donné, il n'y aura pas d'autre solution", a souligné le gouverneur du Brabant wallon, Gilles Mahieu, sur le plateau de "C'est pas tous les jours dimanche" (RTL-TVi).

En Flandre, la dirigeante du réseau de soins Zorgnet-Icuro, Margot Cloet, a tiré la sonnette d'alarme. "Si aucune mesure supplémentaire n'est prise contre le coronavirus, je crains que le (réseau des) soins ne va pas tenir", a-t-elle averti au cours de l'émission "De Zevende Dag" (VRT). À ses yeux, la Belgique n'est plus très loin d'un nouveau confinement.

Les hôpitaux ont mal

La semaine dernière, les groupes d'hôpitaux anversois Ziekenhuis Netwerk Antwerpen (ZNA) et Gasthuiszusters Antwerpen (GZA) ont ainsi dû reporter ou annuler plusieurs opérations. C'est le cas également de l'UZ Leuven, où sont hospitalisés de nombreux Bruxellois atteints du Covid-19, ainsi que du CHU de Liège, qui a annulé près d'un tiers des admissions non urgentes.

25%
des lits en soins intensifs
À Bruxelles, les hôpitaux sont à la limite de la phase A du plan régissant leur occupation: 25% de leurs lits en soins intensifs sont occupés.

Le secteur des soins de santé commence à ressentir les effets de l'augmentation du nombre de contaminations. Les hôpitaux, déjà en manque de personnel infirmier en temps normal, doivent faire face à des absences dues à des quarantaines ou des contaminations réelles, en plus de l'épuisement des équipes après la vague de printemps, les congés qui se sont accumulés...

À Bruxelles, les hôpitaux sont à la limite de la phase A du plan régissant leur occupation: 25% de leurs lits en soins intensifs sont occupés. Plusieurs établissements ont déjà transféré des patients en province. L'urgence, c'est d'éviter que les hôpitaux ne soient à nouveau remplis de cas de Covid et ne puissent plus assurer le reste des soins.

Vers la catastrophe?

L'ex-présidente du Groupe d'Experts en charge de l'Exit Strategy (GEES), Erika Vlieghe, juge également que "la situation est grave". Des mesures plus fortes seront nécessaires pour endiguer la progression du virus, selon elle. Pour le moment, la Belgique ne dispose toujours pas d'un baromètre couleur suivant le niveau de contamination. Mais, à entendre l'infectiologue anversoise, le royaume serait aujourd'hui en orange, en route vers le rouge.

"L'automne sera difficile."
Frank Vandenbroucke
Ministre de la Santé

Alors, faut-il reconfiner? Comme Bruxelles a fermé ses bars et cafés pour un mois, faut-il à nouveau refaire tourner la Belgique au ralenti? De nombreux experts scientifiques veulent éviter cela, le prix à payer serait trop important: faillites, chômage, problèmes psychologiques, retards scolaires, pathologies non ou mal soignées... La société risquerait d'y perdre la plupart de ses repères, économiques assurément, mais pas seulement.

Le ministre de la Santé préfère rester prudent: "Je ne peux rien garantir", disait Frank Vandenbroucke sur VTM, précisant que "l'automne sera difficile". "La seule chose que je peux garantir, c’est que si nous nous attaquons tous ensemble au problème, nous avons les meilleures chances de réaliser ce que nous souhaitons réaliser: maintenir les écoles ouvertes, faire fonctionner les entreprises et faire en sorte que les hôpitaux ne soient pas débordés."

Pour éviter des mesures drastiques, les appels au respect des mesures actuelles fusent: distanciation sociale et port du masque avant tout...

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