Relancer l'événementiel pour éviter une seconde "Boum", c'est possible?

La police a procédé à 22 arrestations au bois de la Cambre jeudi. ©Photo News

Les rassemblements sont interdits, mais l'envie de fête collective est grande chez certains. Le secteur événementiel plaide pour une reprise de ses activités de façon contrôlée.

"La Boum" a mal tourné lorsque la police est intervenue pour disperser les fêtards qui s'étaient rassemblés au bois de la Cambre jeudi. Plusieurs dizaines de policiers, sept chevaux de la police et huit manifestants ont été blessés lors de l'évacuation du bois. Il y a eu 22 arrestations: 18 administratives et quatre judiciaires.

Entre 1.500 et 2.000 personnes s'étaient rassemblées au bois de la Cambre, scandant "Liberté, liberté!", sans respect des mesures sanitaires, pour assister à l'événement "La Boum", annoncé sur les réseaux sociaux en tant que festival de musique organisé gratuitement. En fait, un canular.

Les contaminations progressent toujours

Le problème, c'est que ce genre de rassemblement est toujours formellement interdit alors que les contaminations au nouveau coronavirus continuent à progresser. Le nombre de personnes hospitalisées en soins intensifs approche des 800 (790). Il faut calmer l'élan de l'épidémie pour ne pas saturer le système de soins.

Le Premier ministre a réagi par tweet ce vendredi matin: "Je comprends la fatigue face au virus mais les règles sont prises pour une raison. Elles valent pour tous."

"Le seul moyen de relancer la vie événementielle, culturelle et sportive aujourd'hui est de le faire de manière contrôlée."
Vinciane Morel
Présidente de l'Event Confederation

La météo moins clémente des prochains jours devrait contribuer à calmer les esprits fêtards, mais pour combien de temps? La date du 1er mai a été donnée pour la réouverture de l'horeca, sans certitude. Un nouveau report risquerait de mettre le feu aux poudres.

La pression est forte pour la Vivaldi qui doit compter avec le flou qu'a jeté la récente décision de justice selon laquelle les mesures restrictives des libertés mises en place dans le cadre de l'épidémie ne reposent pas sur une base légale suffisante.

Relancer rapidement l'événementiel?

Alors, que faire? Le Bois de la Cambre ne sera pas fermé, le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close l'a promis. Le secteur de l'événementiel demande "d'accélérer le processus de relance des interactions dans l'espace public de façon sécurisée, structurée et contrôlée", comme l'a expliqué Vinciane Morel, la présidente d'Event Confederation, une fédération regroupant plusieurs organisateurs d'événements.

"On va tellement normer les événements qu'on se demande si c'est la vraie vie."
Philippe Close
Bourgmestre de Bruxelles

Le secteur événementiel ronge son frein depuis un an, il n'a jamais pu reprendre ses activités. Il y a quelques jours, il a encore adressé une étude de 140 pages au gouvernement. Réuni sous la bannière RestartMICE. MICE pour Meetings, Incentives, Conventions and Events, il a élaboré un calculateur pour déterminer le risque de contamination dans une assemblée. Il s'agit davantage d'événements professionnels dans ce contexte, mais il est bien question de réunir des centaines de personnes de façon sécurisée, et même à l'intérieur. Bref, les projets existent.

Est-ce possible?

Pour l'Event Confederation, qui réagissait après les incidents du Bois de la Cambre, "le seul moyen de relancer la vie événementielle, culturelle et sportive aujourd'hui est de le faire de manière contrôlée. Et cela passe par la confiance en notre professionnalisme et dans les modèles et protocoles que nous avons mis en place".

"On travaille à des concerts pour cet été."
Philippe Close
Bourgmestre de Bruxelles

Des projets pilotes ont été lancés pour tester la possibilité de rassembler des foules. Mais pour l'heure, aucun aboutissement. Pourquoi? "On va tellement normer les événements qu'on se demande si c'est la vraie vie", a commenté sur La Première le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close, sur base de discussions entre le monde politique et des infectiologues.

"Mais au-delà, on veut revenir à une vie normale, ça c'est le vaccin!" À l'entendre, les possibilités se précisent: "On travaille à des concerts pour cet été", a-t-il promis. "Pour être prêts dès que c'est possible."

"On a tous un ADN Cameleon"

Appelés à entrer au capital de Cameleon, les travailleurs de la société sont en première ligne de ce plan de relance. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils ont été bien bousculés ces derniers mois. "Je suis une vraie caméléon, j'ai changé de couleur 10.000 fois", nous explique Delphine Brier, responsable du visual marchandising, employée chez Cameleon depuis treize ans. C'est dire qu'elle a connu les hauts et les bas. "Je suis fière de cette enseigne, nous sommes passés par toutes sortes de difficultés, on fait front, on avance", nous explique-t-elle, confiant être stupéfaite de la façon dont tous sont retombés sur leurs pattes au moment de la faillite.

Delphine Brier vit la phase de la relance comme une étape enrichissante. "On a tous un ADN Cameleon et quand on grandit dans une société avec autant de vagues, il y a un côté challenge qui est excitant d'un point de vue professionnel", poursuit-elle. "À travers cette relance, il y a un esprit d'équipe, c'est un trésor de vivre cela dans une période difficile. On avance dans le même bateau pour porter un projet où l'on se sent utile."

L'entrée au capital ? Cela ne faisait pas partie de son plan de carrière, mais elle voit cela comme une surprise, la découverte d'un domaine qu'elle ne maîtrise pas du tout. "Et quand tout sera fini, on fera couler le champagne, on aura montré notre capacité d'adaptation", conclut Delphine Brier.

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