Réouverture des musées | Quatre commissaires d'expo livrent leur coup de cœur

©sam jinks

Nous avons demandé à Benoît Remiche, Sofiane Laghouati, Arnaud Bozzini et Lola Meotti de noius décrire l'œuvre qui va vous faire revenir dans les musées. Ceux-ci rouvrent dès ce lundi 18 mai...

 

La Boverie (Liège)

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«Hyperrealism sculpture. Ceci n’est pas un corps»
Réouverture ce mardi Prolongée jusqu’à l’été. Site de l'expo.

→ La critique de L'Echo (22/11/19)

 

©sam jinks

Sam Jinks, "Woman and Child" (2010)

Le coup de cœur de Benoît Remiche: "Quand je l’ai vue à Rotterdam, j’ai été touché comme doit le faire l’art: provoquer une émotion et mettre en mouvement. Ce n’est pas qu’une grand-mère et son petit enfant, mais une femme qui prend dans ses bras la petite fille qu’elle a été. C’est le cycle de la vie. Détail émouvant, la robe a été conçue par la mère de l’artiste australien dans une étoffe qui appartenait à sa mère à elle. C’est l’œuvre préférée des visiteurs."
Musée de Mariemont (Hainaut)

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«Bye Bye Future!, l’art de voyagerdans le temps»

Réouverture fin mai, prolongé jusqu’au 25/10. Le site de l'expo.

→ La critique de L'Echo (4/2/20)

 

©Rubinstein

Nicolas Rubinstein, "Mickey is also a rat" (2006) 

Le coup de cœur de Sofiane Laghouati: "C’est une vanité contemporaine qui souligne le côté éphémère de la vie. On peut
la découvrir à l’entrée de l’expo dans un cabinet de curiosités. Cet artiste plasticien parisien interroge notre imaginaire d’enfant et notre rapport à la culture du divertissement, au matérialisme, à la globalisation. Le rat, c’est aussi la figure du réprouvé, le vecteur d’épidémies et pourtant tellement proche de nous. Il est fascinant et dans l’air du temps."
Adam Museum (Bruxelles)

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«PUNK GRAPHICS. Too Fast to Live,Too Young to Die»

Réouverture le jeudi 21/5. Prolongé jusqu’à l’été. Site de l'expo.

→ La critique de L'Echo (21/11/19)

 

©doc

Sex Pistols, "God Save the Queen" (1977)

Le coup de cœur de Arnaud Bozzini: "Cette affiche résume bien l’exposition qui explore le langage visuel du mouvement punk et de la contreculture qui va marquer la scène culturelle jusqu’à aujourd’hui. On en reconnaît tout de suite les codes: l’ironie cinglante, le détournement, l’usage graphique de la typo et les couleurs flash. Une langage hérité du constructivisme révolutionnaire des Russes et une image qui appartient à l’inconscient collectif."
Kanal (Bruxelles), BPS 22 (Charleroi), Centre Wallonie-Bruxelles (Paris)

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«In Situ»

Plateforme #windowmuseum

L’art en vitine à Bruxelles, Charleroi, Paris.

©saskia vanderstichele

Gabriel Tapia qui a tatoué la façade de Kanal

Le coup de cœur de Lola Meotti: "Un geste scénographique par rapport à la notion omniprésente de distanciation et à l’échelle de Kanal. Gabriel a tatoué le bâtiment à partir d’un dessin de 5 x 30 cm que nous avons ensuite agrandi 100 fois sur un vinyle blanc, puis que nous avons percé de fenêtres s’ouvrant sur des œuvres d’Hicham Berrada, Claude Cattelain et Hervé Charles. Toutes questionnent notre époque."

Exposer local

Toujours fermé pour travaux, le Musée d’Ixelles participe au déconfinement en exposant 52 œuvres à la mi-juin au FeliXart (Drogenbos), alias le musée Félix De Boeck, du nom de l’un des pionniers de l’abstraction. On y suivra l’évolution des arts en Belgique, de l’impressionnisme et du fauvisme de Herman Scholbach, Jehan Frison ou Albert Jos à l’abstraction de Jo Delahaut, Marthe Wéry ou Ann Veronica Janssens.

Une relocalisation de l’offre au moment où la crise du covid a grippé toute la machine des grandes expos internationales. «En pensant plus local, on se mettra peut-être moins de pression, en réduisant les prêts qui viennent de partout dans le monde et en travaillant avec des collections et des artistes autour de nous qui étaient toujours mis au second plan», explique Claire Leblanc, la directrice du Musée d’Ixelles.

L'expo de Vinci, le point ultime

Une tendance déjà dans l’air avant la crise. «Avec l’exposition de Vinci, au Louvre, certains s’étaient demandé si avec un tel truc de dingue, on n’avait pas atteint le point ultime...»

Le Musée d’Ixelles avait déjà pris le pli en prêtant des œuvres aux habitants du quartier, à l’occasion de l’opération «Musée comme chez soi», qui a lieu deux fois par an durant les trois ans que dureront ses travaux de rénovation. «On veut pousser cette logique dans d’autres cadres, sortir ces œuvres et les mettre dans des contextes de vie sociale.

Il faut rompre avec la logique de concurrence en concevant, pourquoi pas, une saison commune avec Mons ou Ostende. Le musée n’est plus un lieu où on va en procession pour consommer de la culture mais un vrai lieu de vie, d’échange et d’engagement – même s’il faudra toujours tenir compte de nos impératifs économiques.» Xavier Flament

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