Reporter les vacances d'été, la bonne idée?

©JONAS LAMPENS

Le patronat flamand veut en discuter, pour éviter d'enchaîner la crise du coronavirus puis la pause estivale. Les employeurs wallons sont "alignés" mais avec des nuances. Côté syndical, la proposition ne passe pas.

Fle-xi-bi-li-té. L’organisation patronale flamande Voka a redit lundi, par la voix de son président Wouter De Geest, son souhait d’une plus grande flexibilité dans le monde du travail, pour tenter de limiter l’impact de la crise du coronavirus sur les entreprises.

"Tout doit pouvoir être discuté", estime Wouter De Geest dans Het Laatste Nieuws. Le travail de nuit devrait commencer, non plus à 20h, mais à minuit comme aux Pays-Bas. Le maximum d’heures supplémentaires volontaires (sans supplément de salaire) devrait être relevé à 220 dans tous les secteurs, et non plus seulement les activités critiques, et cette mesure devrait être étendue au-delà du 30 juin.

Les cotisations patronales à l'ONSS et le précompte professionnel devraient quant à eux être reportés voire annulés pour les entreprises très touchées par la crise.

"Si le virus faiblit et que l'économie respire à nouveau, nous n'allons quand même pas massivement prendre congé cet été et à nouveau tout mettre à l'arrêt?"
Wouter De Geest
Président du Voka

Le Voka, cavalier seul?

Le Voka estime aussi qu’il devrait être possible de reporter les vacances d’été. "Si le virus faiblit et que l'économie respire à nouveau, nous n'allons quand même pas massivement prendre congé cet été et à nouveau tout mettre à l'arrêt?", lance le président du Voka. Ces demandes et quelques autres composent les propositions "pour une relance du marché du travail" formulées la semaine dernière par le Voka.

Le patronat flamand fait-il cavalier seul? Il est sorti de son côté mais l’Union wallonne des entreprises (UWE) est "alignée" sur les revendications du Voka.

L'UWE s'aligne à certaines conditions

Olivier de Wasseige, administrateur délégué, dit ainsi "oui" au travail de nuit reculé à minuit. "C’est même une vieille revendication pour rendre la Belgique plus attractive notamment dans le secteur de la logistique du commerce électronique, dois-je rappeler la saga Zalando, qui a finalement décidé de s’installer aux Pays-Bas plutôt qu’en Wallonie?"

"Il faut une mesure correcte vis-à-vis du personnel, il ne faut pas qu’il perde ses congés."
Olivier de Wasseige
Administrateur délégué de l'UWE

L’UWE dit aussi "oui" à l’augmentation générale des heures supplémentaires sans supplément de salaire, tout en indiquant que "cela doit se discuter dans les entreprises voire au sein des fédérations car la réalité est très variable d’un secteur à l’autre".

Le patron de l’UWE dit encore "oui" au report des vacances d’été "mais à la condition que les jours de congé déplacés puissent être reportés en 2021 au-delà des dates butoirs classiques en début d’année. Il faut une mesure correcte vis-à-vis du personnel, il ne faut pas qu’il perde ses congés".

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Olivier de Wasseige s’attend toutefois à ce qu’un certain nombre de collaborateurs soient "intéressés par un report des vacances, soit parce que les possibilités de voyage sont limitées, soit parce que leurs finances ont été impactées avec le chômage temporaire".

"Insensé"

L’accueil est tout autre côté syndical, où ces revendications ne passent pas. "Dans quel monde vit le Voka?", se demande-t-on à la FGTB. "Le monde patronal gagnerait à évoluer et à formuler des propositions adaptées plutôt que de se contenter du refrain de la flexibilité. La pression est déjà forte sur les épaules des travailleurs, qu’ils soient confinés ou en entreprise. La solution est-elle vraiment de faire travailler plus, alors que le virus sera toujours parmi nous ? Vouloir rouvrir toutes les vannes en faisant fi de la question sanitaire et sociale, c’est insensé."

Comme le syndicat socialiste, la CGSLB libérale rappelle par ailleurs qu’un cadre légal encadre les congés et qu’il faut l’accord des deux parties pour y toucher. "Les congés légaux font partie du droit essentiel des travailleurs. La période est suffisamment difficile, il n’y a pas de raison de les sacrifier. C’est à l’entreprise de s’organiser." Et de glisser que, pour assurer une reprise de la production, on peut aussi… embaucher.

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