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Réunion à l'OMS pour bâtir le monde de l'après-pandémie

Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus s'exprimera ce lundi à l'occasion de l'ouverture de la 74e Assemblée mondiale de la Santé. ©EPA

Les 194 pays membres de l'OMS se réunissent ce lundi en vue de prévoir l'après-covid. Un vaste chantier annonciateur de réformes et de grincements de dents.

Comment prévenir de nouvelles pandémies? Faut-il donner plus de pouvoirs à l'Organisation mondiale de la santé (OMS)? Comment régler l'accès aux vaccins? La 74e Assemblée mondiale de la Santé, ayant pour objectif de construire le monde de l'après-pandémie, est censée répondre à toutes ces questions.

L'assemblée, qui s'ouvre ce lundi et se clôturera le 1er juin inclus, se déroulera virtuellement. Outre le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, plusieurs chefs d'États, dont le président français Emmanuel Macron, et de gouvernements doivent y prendre la parole ce lundi.

Le principal enjeu de cette réunion, qualifiée par le Dr Tedros de "l'une des plus importantes de l'histoire de l'OMS", est la réforme de l'agence, sa capacité à coordonner la réponse aux crises sanitaires mondiales et à prévenir de futures épidémies.

Réformer le système d'alerte

Plusieurs pays, plus particulièrement ceux d'Europe, réclament une organisation plus puissante, capable de mener des enquêtes indépendantes et mieux dotée financièrement, alors que seulement 16% du budget de ces investigations provient des cotisations obligatoires des États.

Plusieurs rapports d'experts mandatés par l'OMS réclament de vastes réformes des systèmes d'alerte et prévention pour éviter un autre fiasco sanitaire.

Malgré le sentiment d'urgence, certains craignent que les résultats de la réunion soient insignifiants en raison des désaccords entre pays, notamment sur la question des pouvoirs à conférer à l'OMS. "Cela n'est pas quelque chose de facile à accepter pour de nombreux États, car la souveraineté n'est pas une chose avec laquelle on peut jouer facilement", relève Gian Luca Burci, professeur de droit international au Graduate Institute à Genève.

Plusieurs rapports d'experts mandatés par l'OMS réclament de vastes réformes des systèmes d'alerte et de prévention pour éviter un autre fiasco sanitaire. Trop de pays ne disposent toujours pas des capacités de santé publique nécessaires pour protéger leurs propres populations. Un constat similaire a été dressé lorsqu'il s'agit d'alerter en temps utile la communauté internationale et l'OMS des éventuels risques sanitaires.

Échapper aux pressions politiques

Ces rapports demandent aussi que l'OMS puisse enquêter sur le terrain en cas de crise sans attendre le feu vert des pays, mais cette proposition risque de se heurter aux susceptibilités de certains États.

L'OMS ne peut, pour l'instant, enquêter de son propre chef dans un pays. Il lui aura fallu plusieurs mois de discussions avec la Chine pour qu'une équipe de scientifiques indépendants, mandatée par l'organisation onusienne, puisse se rendre sur place pour étudier l'origine du covid.

Un des rapports demande également que l'autorité du chef de l'OMS soit renforcée par un mandat unique de sept ans sans possibilité de réélection (contre un mandat actuel de cinq ans reconductible), afin qu'il échappe aux pressions politiques.

Lors de l'assemblée, les pays devraient décider, ou non, de lancer des négociations sur un traité sur les pandémies,

Un traité sur les pandémies

Le projet de résolution sur le renforcement de l'OMS, qui devrait être approuvé, demande, lui, la création d'un groupe de travail chargé d'étudier l'ensemble des propositions des experts, puis de faire, à son tour, des recommandations pour la prochaine assemblée.

Le texte appelle aussi le chef de l'OMS à faire des propositions pour améliorer le système d'alerte sanitaire, à travers notamment un éventuel dispositif régional. Il envisage également le lancement d'un projet pilote de mécanisme d'évaluation du niveau de préparation aux pandémies de chaque État par ses pairs, comme au Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Seuls les pays qui le souhaitent, comme la France, participeraient à la phase test.

Enfin, lors de l'assemblée, les pays devraient décider, ou non, de lancer des négociations au sujet d'un traité sur les pandémies, destiné à mieux affronter les futures crises et à éviter le chacun pour soi mis en lumière par le covid.

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