Robert Vertenueil: "Des entreprises ne jouent pas le jeu"

Robert Vertenueil ©doc

La FGTB accuse "des" entreprises de ne pas respecter les mesures prises par le gouvernement pour enrayer la propagation du coronavirus. La ministre de l'Économie et de l'Emploi a demandé à l'inspection sociale de lui faire rapport.

"Il y a clairement des difficultés sur le terrain, des employeurs qui ne jouent pas le jeu", a lancé mercredi sur la Première Robert Vertenueil, le président de la FGTB. "Les gens deviennent nerveux."

Le syndicaliste affirme recevoir de nombreux témoignages de travailleurs dont l'entreprise continue de tourner, sans avoir mis en place de mesures spéciales pour protéger leur santé (distanciation sociale à tout moment, possibilité de se laver les mains, consignes de précaution, etc.).

Inspection sociale

Qu'en dit la ministre de l'Économie et de l'Emploi Nathalie Muylle (CD&V)? "Nous avons demandé à l'Inspection sociale de nous faire rapport sur le respect des mesures", répond son cabinet, qui veut juger sur la base de faits concrets. "Mais bien entendu, les mesures prises doivent être entièrement respectées."

De son côté, le patron de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans, n'apprécie que très modérément la sortie syndicale. "Il faut cesser ce genre de déclaration générale, qui ne fait que semer confusion et incertitude. Les employeurs et les syndicats doivent au contraire travailler à résoudre ensemble les problèmes là où ils se posent, dans telle ou telle entreprise. Nous vivons une crise aiguë, inutile d'en rajouter."

"Certains veulent réduire la liste des secteurs essentiels, d'autres veulent l'allonger. En attendant, la liste c'est la liste."
Le cabinet de Nathalie Muylle

Pour rappel, les entreprises non reprises dans la liste des secteurs et services essentiels, publiée le mercredi 18 mars par le Conseil national de sécurité sont désormais obligées d'instaurer le télétravail pour les fonctions qui s'y prêtent, et de veiller pour les autres à maintenir une distanciation sociale suffisante (1,5m au moins entre personnes). Si cela n'est pas possible, l'entreprise doit fermer.

Pour les secteurs et services "nécessaires à la protection des besoins vitaux de la Nation et des besoins de la population", les entreprises doivent faire de leur mieux, mais ne sont pas tenus par les obligations énoncées. La liste est large, des services postaux à l'industrie chimique en passant par les hôtels. "Dans la chimie, si la production de médicaments est évidemment essentielle, je ne suis pas sûr que la production de chaises en plastique ou de compléments alimentaires pour bodybuilders soit essentielle à la Nation", lance le président de la FGTB.

Le cabinet Muylle, prudent, se contente d'indiquer que cette liste est susceptible d'évoluer si nécessaire, en fonction de l'évolution qui en sera faite par exemple vendredi lors d'une nouvelle réunion du Conseil national de sécurité. "Certains veulent réduire la liste des secteurs essentiels, d'autres veulent l'allonger. En attendant, la liste c'est la liste."

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