Sous pression, Wilmès avance le Conseil national de sécurité à lundi

Sophie Wilmès ©BELGA

La Première ministre Sophie Wilmès a décidé d'avancer la réunion et n'exclut pas des restrictions supplémentaires pour stopper la reprise de l'épidémie. Le gouvernement est sous tensions alors que la situation sanitaire se dégrade surtout en Flandre.

Le Conseil national de sécurité se réunira lundi pour envisager des mesures nationales supplémentaires, a annoncé la Première ministre Sophie Wilmès, samedi après-midi, via Twitter. Initialement le CNS devait se réunir vendredi prochain.

"Le Conseil national de sécurité se réunit ce lundi sur la base d'un nouveau rapport du Celeval (ndlr: la cellule d'évaluation de la pandémie). Objectif: envisager des mesures nationales supplémentaires. Une approche locale forte est également fondamentale pour les zones les plus touchées", a précisé Sophie Wilmès.

Jeudi dernier, le CNS s'était déjà réuni et avait décidé de geler jusqu'à nouvel ordre la cinquième phase du déconfinement. Par contre, le CNS avait renoncé à réduire la bulle de 15 personnes autorisées, au grand dam de certains experts qui préconisaient de réduire le nombre de personnes à 10. C'est ce qui avait poussé Erika Vlieghe à se mettre en retrait du GEES (les experts qui accompagnent le déconfinement) qu'elle présidait. Elle s'est finalement retirée du CNS.

Supercontaminateurs en circulation

Lundi, cette bulle raménée à 10 sera à nouveau sur la table, apprenait L'Echo à bonne source. Il apparait que l'aile flamande du gouvernement (CD&V et Open Vld) en appelle à des mesures plus fortes et plus généralisées. La lisibilité des décisions communales de ce week-end interroge également le gouvernement. "Les retours de terrain ne sont pas bons", entend-on. La généralisation par le fédéral de l'obligation du port du masque dans les lieux fréquentés devrait être débattue. Tout comme la question des voyages pour laquelle un durcissement est également attendu.

Le gouvernement éprouve des difficultés à prendre des mesures moins fortes que celles préconisées par les experts qui se lâchent dans la presse. Une incertitude existe toujours quant à savoir si on assiste à des rebonds strictement localisés ou à une diffusion large du virus dans la population. Selon une source gouvernementale, ce sont des remontées préoccupantes d'informations des laboratoires qui auraient précipité la réunion du CNS de lundi. La charge virale est en augmentation et la présence de "supercontaminateurs" en nombre est signalée. "C'est une nouvelle donne, la Première ministre a demandé un rapport en vue de la réunion de lundi", dit-on dans l'entourage du gouvernement.

Pour rappel, les dernières mesures sanitaires sont entrées en vigueur samedi. L'obligation de porter un masque est ainsi élargie aux lieux publics fort fréquentés. Le masque buccal est obligatoire sur les marchés et les brocantes, dans les espaces publics où se trouvent de nombreuses personnes et où les distances de sécurité ne peuvent pas être respectées, comme dans les rues commerçantes, les bâtiments administratifs et les établissements horeca, tant qu'on n'est pas assis à table.

"Anvers est une ville dynamique et fantastique, qui mérite d'être visitée. Mais pas maintenant. Anvers lutte actuellement contre un foyer important de Covid-19."
Marc Van Ranst
Virologue

De nombreuses communes ont de leur côté défini des zones de l'espace public où le port du masque est obligatoire. Les clients des bars et restaurants sont systématiquement invités à laisser leurs coordonnées (numéro de téléphone ou adresse e-mail), afin de pouvoir être contactés par la cellule de tracing.

Par ailleurs, l'heure de fermeture des magasins de nuit est avancée à 22 h, au lieu de 1h précédemment. L'usage les narguilés, individuel ou collectif, est désormais interdit dans les lieux accessibles au public, notamment les bars à chichas.

Les autorités locales peuvent en outre prendre des mesures spécifiques allant le cas échéant jusqu'au confinement de la commune. Quant aux voyages, un formulaire devra être complété en ligne à partir du 1er août prochain lors du retour d'une destination étrangère, également dans un souci de traçage. La règle de la bulle des 15 personnes par semaine reste de rigueur.

Situation préoccupante à Anvers

Selon les dernières données publiées samedi par Sciensano, le taux de reproduction médian du coronavirus s'élève en Belgique à 1,44, ce qui veut dire que 100 malades du Covid-19 contaminent en moyenne 144 personnes. Ce taux, qui estime la contagiosité du virus, était de 1,27 vendredi.
Plus largement, le nombre de nouvelles contaminations au coronavirus s'affiche à la hausse depuis plusieurs jours en Belgique. Si 923 cas ont été détectés entre le 8 et le 14 juillet, 1.509 contaminations ont été diagnostiquées entre le 15 et le 21 juillet, soit une augmentation de 63,5%.
Les hospitalisations et les décès suivent également une tendance à la hausse.

Samedi, la ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open Vld), a émis le souhait que le prochain Conseil national de sécurité (CNS) se réunisse plus tôt que vendredi prochain. Son porte-parole a fait part de la vive inquiétude de "surtout à propos de la situation à Anvers", a expliqué M. Poulussen, renvoyant au nombre de nouveaux cas de Covid-19 qui augmente plus vite dans la province d'Anvers que dans le reste du pays.

La cellule de crise de la province d'Anvers a d'ailleurs décidé dès samedi de limiter les contacts à dix personnes maximum par individu sur les quatre prochaines semaines. Chacun sera "invité" à conserver le nom, l'adresse et le numéro de téléphone de ces personnes par écrit.

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