portrait

Tom Auwers, le haut fonctionnaire qui chasse le coronavirus

Loin des projecteurs, Tom Auwers mène sans relâche la lutte belge contre le coronavirus. Aux commandes du SPF Santé, il coordonne les opérations et gère la communication entre les autorités. Le défi est dantesque, mais l'homme "aime la complexité et l'incertitude".

Depuis 40 jours, Tom Auwers n'arrête pas. À la tête du SPF Santé publique, ce quinquagénaire gère le combat des autorités belges contre le Covid-19. Si la ministre Maggie De Block et le virologue Marc Van Ranst occupent la scène médiatique, Auwers oeuvre pour sa part en coulisses.

Le profil

1986-1991 Études en psychologie expérimentale à la KULeuven

1991-1992 Master en Management à la Vlerick School

1995-1999 Conseiller de la ministre flamande du Budget, Wivina Demeester

1998-1999 Spécialisation en audit interne à la Management School de l'Université d'Anvers

2000-2003 Chef de cabinet du ministre fédéral de la Fonction publique, Luc Vanden Bossche

2003-2017 Directeur général au SPF Sécurité sociale

Depuis 2017 Président du comité de direction du SPF Santé publique

 

"Nous n'avons pas attendu que l'épidémie arrive chez nous pour agir. Au contraire, nous sommes occupés depuis des semaines et nous pouvons compter sur des procédures que nous avons développées ces 15 dernières années", assure le boss du service public fédéral.

WhatsApp

Concrètement, son administration sert de lien entre le comité scientifique coronavirus et le monde politique. En interne, la concertation a souvent lieu via des groupes WhatsApp. "Maggie De Block a déclaré que nous avions une relation WhatsApp, c'est vous dire à quel point nous sommes en contact", s'amuse-t-il.

"Maggie De Block a déclaré que nous avions une relation WhatsApp, c'est vous dire à quel point nous sommes en contact."
Tom Auwers
Président du comité de direction du SPF Santé publique

Durant ces semaines particulièrement chaotiques, le SPF doit constamment veiller au bon déroulement de la communication entre les acteurs, mais aussi vers l'extérieur. Les avertissements accrochés dans de nombreux bâtiments constituent par exemple l'une de ses initiatives.

Alors que 50 cas de coronavirus ont désormais été détectés en Belgique, Auwers assure que les plans d'urgence sont prêts à être activés si le compteur s'affole. Bien qu'il n'ose l'avouer, l'homme vit pour affronter des défis de cet acabit. "J'aime la complexité et je travaille bien dans l'incertitude. Donc, je suis au bon endroit." 

Monde politique

"J'aime la complexité et je travaille bien dans l'incertitude. Donc, je suis au bon endroit."
Tom Auwers

Diplômé en psychologie de la KULeuven, il a complété sa formation en management à la Vlerick business School et à l'université d'Anvers. Après un début académique, il se tourne vers le monde politique. Dans cette sphère, Tom Auwers débute en tant que conseiller de la ministre flamande du Budget et des Soins de santé, Wivina Demeester (CD&V), avant de rejoindre le cabinet du ministre de la Fonction publique Luc Vanden Bossche (sp.a). À cette époque, il devient l'un des fers de lance de la réforme Copernic qui a permis la modernisation des administrations fédérales.

Son passage chez Vanden Bossche lui vaut d'être catalogué sp.a, une étiquette qui ne lui plaît pas. "Ce n'est pas la question du sp.a, c'est juste que je n'aime pas être mis dans une case. Mon père était entrepreneur dans le textile. Ma mère était enseignante. Je viens d'une famille flamande catholique. Je suis donc beaucoup de choses. Quand je lis un journal où mon nom est suivi des lettres sp.a, je le déchire. De nos jours, ça devient cependant plus difficile avec un iPad", rit-il. 

Télétravail

"Quand je lis un journal où mon nom est suivi des lettres sp.a, je le déchire."
Tom Auwers

Après cette expérience en politique, Auwers devient le bras droit de Frank Van Massenhove au sein du SPF Sécurité sociale. "Frank est connu pour son histoire de télétravail, mais je suis celui qui a rendu son concept concret. Comme il aime le dire: Tom l'a fait et moi je l'ai vendu", s'amuse-t-il.

Arrivé à son poste au SPF Santé en 2017, il y affronte son défi le plus intense. "Ces six dernières semaines, j'ai travaillé plus que jamais."

Tête froide

Pour faire face à l'épidémie, il convient de garder la tête froide, assure Tom Auwers. "Le coronavirus est comparable à une grippe sérieuse. Très contagieuse certes, mais une grippe."

Salut avec les pieds

Tom Auwers et le ministre Denis Ducarme (MR) se sont récemment salués en se tapant dans les pieds, "histoire de tester une alternative" au traditionnel serrage de pinces. Ce dernier n'est pas interdit, mais il convient de régulièrement se laver les mains. "La prise de conscience fonctionne", d'après le boss du SPF Santé.

Trois kilos

Au cours des dernières semaines, Tom Auwers a perdu trois kilos. Son action pour préparer au mieux la Belgique à l'épidémie de coronavirus y est probablement pour quelque chose...Il l'avoue lui-même: "Je n'ai jamais autant travaillé." 

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