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Tourisme: l'Europe doit montrer sa plus-value

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Relancer l'activité touristique en Europe? Très bien. À condition de le faire de manière concertée et sans sacrifier les droits des consommateurs.

Compagnies aériennes, voyagistes, horeca… Toute la filière du tourisme en Europe sombre. La restructuration de TUI – le premier tour-opérateur au monde va licencier 8.000 personnes, soit 10% de son personnel – en est le dernier avatar. Pour éviter un naufrage total, la Commission européenne a présenté des recommandations poussant les États membres à rouvrir leurs frontières. L’enjeu est crucial: le secteur représente 12% des emplois dans l’Union.

Sauver une activité clé pour l’économie est légitime. Vital même. À condition de ne pas le faire n’importe comment. La coordination européenne est la clé du succès, non seulement pour la réouverture des frontières, mais aussi pour les conditions sanitaires à respecter dans les transports et les hébergements. C’est précisément dans ce domaine, par définition transnational, qu’on attend de l’Europe leadership et efficacité. C’est là qu’elle peut prouver sa plus-value. Jusqu’ici, le chacun pour soi a primé. Le plan de la Commission va dans le bon sens, mais, n’étant pas contraignant, il importe que les États membres jouent désormais pleinement le jeu.

Ce redémarrage touristique ne peut se faire au détriment du droit des consommateurs.

Ce redémarrage touristique ne peut se faire au détriment du droit des consommateurs, fondamental pour le marché unique au même titre que la libre circulation. Certains pays, dont la Belgique, ont pris des libertés avec l’obligation pour les opérateurs de rembourser un voyage annulé afin de préserver leurs liquidités. La Commission les a rappelés à l’ordre ce mercredi, mais trop mollement.

Les "bons à valoir" peuvent être une alternative, mais ils doivent rester un choix pour le client et leurs conditions d’application et les garanties qui y sont liées doivent être plus attractives. On ne peut transiger avec ce droit au remboursement. C’est essentiel pour les consommateurs qui n’ont pas de raison d’être lésés. Le remettre en cause entamerait leur confiance avec, in fine, des répercussions négatives pour le secteur touristique lui-même.

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