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Trump plonge l'OMS en pleine crise

Trump a annoncé qu'il coupait les vivres à l'OMS depuis les jardins de la Maison Blanche. ©EPA

Donald Trump a annoncé mardi la suspension de la contribution américaine à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), coupable à ses yeux d'avoir commis de nombreuses "erreurs" sur le coronavirus et d'être trop proche de la Chine. La décision américaine a été unanimement condamnée par les dirigeants internationaux.

Malgré l'alerte rouge sanitaire, le président Donald Trump a mis à exécution dans la nuit de mardi à mercredi sa menace de couper les vivres à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'accusant de "mauvaise gestion" et de "dissimulation" dans cette pandémie partie de Chine fin 2019. "Le monde a reçu plein de fausses informations sur la transmission et la mortalité" du Covid-19, a lancé le Président américain dans un long et violent réquisitoire contre cette agence de l'ONU.

Les Etats-Unis sont le premier contributeur de cette agence sanitaire dont le siège est à Genève. "Aujourd'hui, j'ordonne la suspension du financement de l'Organisation mondiale de la santé pendant qu'une étude est menée pour examiner son rôle dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus", a lancé Trump depuis les jardins de la Maison-Blanche. Le Président républicain a évoqué une étude "très approfondie" qui pourrait durer de 60 à 90 jours.

400
millions de dollars
Washington est le premier bailleur de l'OMS avec plus de 400 millions de dollars par an.

Soulignant que les Etats-Unis contribuaient à hauteur de 400 à 500 millions de dollars par an à l'organisation, contre environ 40 millions de dollars "et même moins" pour la Chine, Trump a estimé que son pays avait le "devoir" de réclamer des comptes. "Si l'OMS avait fait son travail et envoyé des experts médicaux en Chine pour étudier objectivement la situation sur le terrain, l'épidémie aurait pu être contenue à sa source avec très peu de morts", a-t-il martelé. "Nous avons eu des problèmes avec eux depuis des années", a-t-il encore dit.

Donald Trump a été particulièrement agacé par les critiques de l'OMS à l'encontre de sa décision, fin janvier, d'interdire l'entrée aux Etats-Unis aux voyageurs en provenance de Chine - une mesure dont le locataire de la Maison-Blanche s'enorgueillit encore, assurant qu'elle a ralenti l'arrivée du virus. Aux yeux de l'OMS, "la Chine a toujours raison", a déploré le Président américain.

Réactions critiques et consternées

La décision américaine a été unanimement condamnée partout dans le monde. Le patron de l'ONU, Antonio Guterres, a vivement critiqué cette initiative, jugeant que ce "n'est pas le moment de réduire le financement" des organisations combattant la pandémie.

Réagissant sur Twitter, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a pour sa part indiqué qu'il "n'avait pas de temps à perdre" dans des polémiques. "La seule préoccupation de l'OMS est d'aider tous les peuples à sauver des vies et à mettre fin à la pandémie de Covid-19", a-t-il écrit, sans mentionner explicitement la décision du Président américain.

"La seule préoccupation de l'OMS est d'aider tous les peuples à sauver des vies et à mettre fin à la pandémie de Covid-19."
Tedros Adhanom Ghebreyesus
Directeur de l'OMS

De l'UE à la Chine en passant par l'Union africaine, de nombreux pays et organisations ont également fustigé Washington. "Nous devons travailler en étroite collaboration contre le Covid-19. Un des meilleurs investissements est de renforcer les Nations unies, en particulier l'OMS", a souligné le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas. 

Le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell, "regrette profondément" la décision américaine, estimant que les efforts de l'OMS "sont plus nécessaires que jamais pour aider à contenir et à réduire la pandémie".

La Chine a exprimé sa "vive préoccupation", estimant que cette décision allait "affaiblir les capacités de l'OMS et miner la coopération internationale contre l'épidémie". La Russie a dénoncé "l'approche très égoïste" de Washington. Bill Gates, un des principaux bailleurs de fonds privés de l'OMS via sa fondation, a jugé la décision américaine "dangereuse".

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