Un chèque consommation "jusqu'à 300 euros"

Pour soutenir l'horeca notamment, il ne s’agit plus d'octroyer un chèque de 300 euros, mais jusqu’à 300 euros. ©EPA

Le "superkern" de vendredi a retouché l'idée du chèque consommation: les employeurs devraient pouvoir octroyer un chèque défiscalisé, non plus de 300 euros, mais jusqu'à 300 euros.

Et ce chèque consommation de 300 euros, il est passé où? Le 6 juin dernier, le "kern +10" avait validé, entre autres mesures sociales et économiques, le principe d’un "chèque consommation" de 300 euros, déductible à 100% et défiscalisé, visant les secteurs les plus touchés par la crise (horeca, culture...). 

 Au-delà du principe général, on attend l'arrêté ministériel qui en fixera les modalités précises.

Un employeur qui le souhaiterait pourrait donc décider d’octroyer un montant inférieur, histoire que le seuil de 300 euros ne soit bloquant pour personne.

Le "superkern" de vendredi dernier est revenu sur le point pour décider que, finalement, il ne s’agirait pas nécessairement d’un chèque de 300 euros, mais jusqu’à 300 euros, nous indique-t-on. Un employeur qui le souhaiterait pourrait donc décider d’octroyer un montant inférieur, histoire que le seuil de 300 euros ne soit bloquant pour personne.

Sévèrement critiqué

Dès son annonce il y a dix jours, cette décision du conseil des ministres élargi a fait l’objet de critiques sévères de la part d’économistes la jugeant inappropriée. "Ce chèque consommation de 300 euros est une mesure inefficace, démagogique et idiote", selon Étienne de Callataÿ, cofondateur d'Orcadia Asset Management. "À première vue, cela passe pour sympa mais, dans les faits, cela ne servira pas les personnes qui ont été le plus touchées par la crise." 

"Ceux qui ont perdu leur emploi ne toucheront pas ces 300 euros et ceux qui travaillent pour des entreprises fragilisées par la crise ne les verront pas non plus car leur employeur n'aura pas les moyens de les verser. Par contre, le fonctionnaire et le salarié d'une entreprise en bonne santé vont profiter de cet extra, même s'ils n'en ont pas besoin. Ce chèque est une prime aux chanceux. C'est antisocial."

Son confrère Philippe Ledent (ING Belgique) relève pour sa part "le risque que le consommateur, au lieu de dépenser 300 euros en cash, utilise ce chèque et épargne les 300 euros. Quel aura alors été le gain pour l'horeca? Zéro. Il utilisera peut-être ses 300 euros à d'autres dépenses, mais pas forcément dans des secteurs visés par la mesure. Autrement dit, l'impact de la mesure risque d'être faible."

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