analyse

Un effort fédéral de huit milliards pour amortir l'impact économique de la crise

Le gouvernement fédéral a dévoilé le deuxième volet de son plan d'action pour limiter l'impact économique de la crise du coronavirus. ©BELGA

Des mesures destinées à lutter contre l'impact socio-économique de la crise du coronavirus ont été adoptées vendredi par le Fédéral. Au total, elles représentent un effort budgétaire de huit à dix milliards d'euros.

La crise du coronavirus aura un impact énorme sur l'économie, plus personne n'en doute. "Beaucoup d'observateurs la décrivent comme inédite, au sens de plus grave que celle de 2008", a d'ailleurs souligné la Première ministre Sophie Wilmès (MR).

"C'est important que l'on puisse se retrouver après la crise avec une économie en capacité de rebondir."
Sophie Wilmès
Première ministre

Si elle ne s'est pas risquée à jouer les Madame Soleil, la cheffe du gouvernement fédéral a par contre assuré que son équipe restait avant tout déterminée à protéger la santé des citoyens, mais aussi à sauver leur emploi. "C'est important que l'on puisse se retrouver après la crise avec une économie en capacité de rebondir."

Pour ce faire, le gouvernement fédéral a entériné vendredi une nouvelle salve de mesures. Ces dernières devraient peser la bagatelle de huit à dix milliards d'euros sur le budget 2020 de l'État. Une partie de ce montant devrait toutefois être récupérée par la suite.

Chômage temporaire

Parmi les mesures annoncées, plusieurs ont trait au chômage temporaire, qui concerne actuellement plus de 670.000 personnes. À terme, entre 800.000 et un million de travailleurs pourraient y avoir recours, a estimé la ministre de l'Emploi, Nathalie Muylle (CD&V).

"Nous avons décidé d'instaurer une procédure unique et simple: la procédure corona."
Nathalie Muylle
Ministre fédérale de l'Emploi

Concrètement, l'exécutif a décidé de simplifier l'accès à ce régime, dont il existait jusqu'à présent deux variantes. Désormais, toutes les demandes liées à la pandémie de Covid-19 relèveront du chômage pour force majeurece qui automatisera leur traitement et le rendra plus rapide. "Nous avons décidé d'instaurer une procédure unique et simple: la procédure corona", a expliqué la ministre Muylle.

Conséquence de la crise, de nombreuses entreprises n'ont pas d'autres choix que de mettre leurs collaborateurs au chômage temporaire pour garder la tête hors de l'eau. Lorsqu'ils tombent sous ce régime, les travailleurs perçoivent une allocation de chômage de l'Onem équivalente à 70% de leur rémunération moyenne, plafonnée à 2.754,76 euros brut.

À celle-ci viendra désormais s'ajouter un complément de 5,63 euros par jour à charge de l'État, soit environ 150 euros par mois. Tant les employés que les ouvriers en bénéficieront. Le gouvernement a par ailleurs étendu l'accès au chômage temporaire aux travailleurs qui doivent rester chez eux parce qu'un membre de leur famille est contaminé.

150
euros
Le revenu des chômeurs temporaires sera rehaussé d'environ 150 euros

 Autre décision notable, les jours de chômage temporaire seront désormais assimilés pour le calcul des pécules de vacances.

Si la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) a salué "la clarification" des règles quant au chômage temporaire, la FGTB a pour sa part estimé que les mesures annoncées n'étaient pas suffisantes. A ses yeux, la perte de revenus reste trop importante pour la majorité des travailleurs surtout si la période de confinement, et donc de chômage, se prolonge. 

Versement des allocations

Les versements des allocations de chômage, mais aussi de l'indemnité complémentaire, seront assurés comme de coutume par les organismes de paiement, à savoir les organisations syndicales (FGTB, CSC, CGSLB) et la caisse auxiliaire des paiements de chômage (Capac). L'afflux sans précédent des demandes promet toutefois une belle charge de travail complémentaire. À titre de comparaison, "seules" 100.000 personnes s'étaient retrouvées au chômage temporaire après la crise financière de 2008.

Pour autant,  la FGTB et la CGSLB assurent qu'elles pourront tenir leur rôle. "Tous nos collaborateurs sont sur le pont. Le maximum est mis en oeuvre pour assurer les paiements et la gestion des dossiers en temps et en heure", explique Nicolas-Deprets, le porte-parole du syndicat socialiste. A la CGSLB, son homologue Didier Seghin, ne dit pas autre chose: "Tous ceux qui le doivent restent sur la brèche et travaillent d'arrache-pied pour y parvenir. On devrait tenir le coup."

Report de paiements

Au-delà de la préservation du pouvoir d'achat des travailleurs, le gouvernement a annoncé vendredi des mesures en faveur des entreprises et des indépendants. Les délais de paiement de la TVA ainsi que du précompte professionnel seront notamment prolongés de deux mois, tout comme ceux relatifs à l'impôt des sociétés. A en croire le ministre des Finances, Alexander De Croo (Open VLD), 4,5 milliards d'euros ont été prévus pour amortir le choc de tous les reports.

Des dispenses de cotisations, une accélération des paiements pour les prestataires de marchés publics, ou encore la mise en œuvre rapide du droit passerelle, qui assure un revenu minimal de remplacement aux indépendants impactés par le coronavirus, ont aussi été annoncés. Alexander De Croo a conclu en précisant que toutes les aides régionales prévues seraient défiscalisées.

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