edito

Un espoir de relancer le moteur

Rédacteur en chef adjoint

Au-delà de la gestion à la petite semaine, à coups de rentrée scolaire masquée, chômage temporaire prolongé, mesures sociales semi-allégées, la situation est délétère et doit être prise à bras-le-corps.

Disons-le d’emblée : rien n’est encore fait. Certes, le moteur fédéral du pays se trouve en mode « préformation » avancée, mais on lui cherche encore un carburant adapté pour le faire démarrer. L’éclectisme des desiderata des uns et des autres promet discussions, menaces, cris d’orfraie, et rien ne dit que la voiture Avanti quittera un jour le parking du Palais avec au volant un gouvernement en bonne et due forme. D’autant qu’il faudra faire passer au nord du pays la pilule d’une minorité flamande. Que la nomination d’un couple de préformateurs flamands, formule inédite, cache mal le jeu d’ego entre les partenaires pour mener officiellement leurs négociations. Et qu’à une issue hypothétiquement favorable à cette préformation puis formation d’un gouvernement, il faudra faire face à une opposition virulente et destructrice de la part de la N-VA et du Vlaams Belang.

Passé cette mise en garde, l’heure est pourtant solennelle. Elle nous permet d’apporter un peu d’espoir à ce pays qu’un an et demi sans réel gouvernement a laissé orphelin au beau milieu de l’une des pires catastrophes économiques de son histoire. Car au-delà de la gestion à la petite semaine, à coups de rentrée scolaire masquée, chômage temporaire prolongé, mesures sociales semi-allégées, la situation est délétère et doit être prise à bras-le-corps. Les caisses de chômage ne savent plus où donner de la tête, nombre d’entreprises vivent sous baxter avec un encéphalogramme apoplectique, et notre jeunesse délaissée vit dans la crainte d’un lendemain fragile et anémique. Sans gouvernement dans le cockpit, c’est notre prospérité qui est en péril, comme le signale sans fard dans nos colonnes Johan Thijs, le patron de KBC. Et il la voit tous les jours, cette situation délétère, lui qui a les yeux rivés sur la santé financière des entreprises et des ménages.

Les caisses de chômage ne savent plus où donner de la tête, nombre d’entreprises vivent sous baxter avec un encéphalogramme apoplectique, et notre jeunesse délaissée vit dans la crainte d’un lendemain fragile et anémique.

C’est ce paysage de ruines que doivent aujourd’hui contempler nos négociateurs, davantage que leurs éternelles querelles de clocher. C’est d’une réelle reprise en main de l’économie que reviendront la prospérité et le financement, par l’activité et non par de nouvelles taxes, de tout plan de relance digne de ce nom. C’est par cette reprise en main et un changement de méthode, et non en distribuant des rail pass gratuits à la population, que le monde politique sortira du fossé la tête haute et qu’il redonnera confiance aux citoyens et aux entreprises. C’est aussi par là et par cette confiance retrouvée qu’on coupera les velléités extrémistes de certains partis prêts à en découdre sitôt qu’un projet gouvernemental sortira des usines de cette formation hybride. Vœux pieux ? Peut-être. Mais l’espoir est la seule chose qu’il nous reste lorsqu’on remet en route un vieux moteur resté si longtemps à l’arrêt.

Lire également