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analyse

Un lockdown light se profile en Belgique

La Belgique connaîtra-t-elle un nouveau lockdown? On s'achemine vers des mesures plus strictes en tout cas. ©Photo News

Que reste-t-il comme option avant un confinement strict? Ce vendredi, les autorités politiques vont devoir réutiliser des mesures déjà connues.

Le dernier Comité de concertation (Codeco) avait écarté l'essentiel des mesures rigoureuses que préconisait le Gems, le groupe d'experts qui le conseille dans cette pandémie. Mais la hausse des chiffres pour tous les indicateurs de l'épidémie et la pression sur les hôpitaux affolent. Les nouvelles règles, qui n'ont pas encore eu le temps de faire effet, semblent bien faiblardes face à la vigueur de l'épidémie.

Il y aurait une carotte au bout de l'effort: si l'épidémie se calme, les Belges pourraient fêter Noël en famille.

Le microbiologiste Emmanuel André twittait mercredi que "le nombre d'infections résiduelles continuera à alimenter une croissance exponentielle. Il reste donc l'option de réduire le nombre de contacts."

Des chiffres qui grimpent...

Lundi dernier,  23.621 cas de Covid-19 ont été détectés. Un record en Belgique. Entre le 18 et le 24 novembre, il y a eu, en moyenne, 294,6 admissions à l'hôpital par jour, une hausse de 22%. Au total, 3.397 personnes sont hospitalisées en raison du covid, dont 686 patients en soins intensifs.

Face à ces chiffres, le prochain Codeco, prévu en janvier, a été avancé ce vendredi.

Réduire le nombre de contacts sociaux, ce n'était pas la voie choisie lors du Codeco précédent, hormis dans le cadre professionnel avec le télétravail. Il misait plutôt sur le masque et le covid safe ticket (CST). Mais les ministres du Fédéral et des entités fédérées vont clairement devoir revoir leur copie. Tous les secteurs seront touchés, selon le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke.

Quelles sont leurs options? L'exercice est compliqué. La vie économique est en train de retrouver sa vigueur, elle n'a pas besoin d'un coup sur la tête. Et des mesures telles que le CST suscitent déjà la colère... Le virologue Marc van Ranst, aux positions généralement très résolues, estime qu'on se dirige vers un lockown "light".

Va-t-on fermer des secteurs économiques?

Plutôt que de refermer directement des pans du secteur économique, il y a l'option des limitations, en termes de public et d'horaire. Avec, par exemple, des horaires réduits et un nombre de convives restreint à table dans l'horeca (où le CST est déjà en vigueur). Dans les commerces, on pourrait aussi devoir refaire ses courses seul.

Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke a annoncé "des fermetures".

Reste la question des boîtes de nuit. Fort malmenées dans cette crise, elles avaient dû fermer en mars 2020 et n'ont rouvert qu'en octobre de cette année. Elles sont soumises à des mesures strictes (ventilation et CST+), mais sont, par essence, propices aux contacts très rapprochés. Le Gems voulait les refermer temporairement. Frank Vandenbroucke a annoncé "des fermetures".

Le masque dès 9 ans à l'école?

Un nombre important de transmissions ont lieu à l'école et le tracing s'y fait difficilement. Le dernier Codeco avait ciblé l'enseignement, en imposant l'installation de détecteurs de CO2. Cette dernière mesure va évidemment demander du temps pour être effective.

Le futur Codeco pourrait en revenir à l'avis des experts du Gems, qui proposaient l'utilisation d'un masque dès l'âge de 9 ans, en imposant celui-ci dès la 4e primaire.

Limiter les participants

Le CST et le port du masque sont déjà exigés dans le secteur culturel et événementiel. Pour garder ces activités accessibles, le nombre de participants pourrait y être limité.

Le cas des marchés de Noël est compliqué. Faut-il les sacrifier? C'est tard pour le décider, celui de Bruxelles s'ouvre ce vendredi. Les organisateurs ont investi dans des mesures de sécurité (avec des entrées contrôlées et un bracelet pour certifier le CST dans la capitale) et les commerçants comptent sur les rentrées financières.

Resterait à n'autoriser que les marchés qui se font en extérieur et à limiter la foule avec des filtres stricts aux entrées...

Suspendre certains sports

Les experts du Gems avaient préconisé une suspension pour les sports de contact à haut risque. Le Codeco n'avait pas suivi, mais pourrait revenir sur sa décision.

Actuellement, le public est bienvenu lors des compétitions, avec CST au-delà de 50 personnes en intérieur et de 100 personnes à l’extérieur. Le public pourrait être temporairement interdit, ou limité. Mais on connaît la difficulté des contrôles...

Des restrictions générales annonceraient le retour de la bulle privée.

Le télétravail complet

Le Codeco a rendu le télétravail obligatoire, tout en laissant la possibilité aux travailleurs de se rendre dans leur entreprise un jour par semaine (et normalement deux jours à partir du 13 décembre). Il reste donc ici une carte à abattre.

Le retour des bulles?

Si l'on resserre la vis dans la culture, le sport, l'événementiel et l'horeca, le risque que la population reporte sa vie sociale entre les quatre murs de sa maison, là où la ventilation n'est pas contrôlée, est grand. Des restrictions générales annonceraient le retour de la bulle privée. Le Gems parlait de cinq contacts rapprochés par jour.

Les ministres ont aussi la possibilité d'imposer le masque en rue.

Il est certain que l'imposition de nouvelles mesures passera difficilement auprès d'une partie de la population, déçue par cette nouvelle vague qui déferle malgré le haut taux de vaccination du pays. Mais il y aurait une carotte au bout de l'effort: si l'épidémie se calme, les Belges pourraient fêter Noël en famille, contrairement à l'an passé.

Le résumé

  • Face aux chiffres de l'épidémie, un Codeco d'urgence est organisé.
  • Différentes mesures restent envisageables avant de passer à un confinement ferme.
  • La règle à suivre, c'est de limiter les contacts sociaux.

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