Un manque à gagner d'un milliard d'euros pour les festivals

En moyenne, les sociétés qui organisent des festivals de musique ont réalisé un chiffre d'affaires de 13,7 millions d'euros, selon une étude de la Karel de Grote Hogeschool. ©AFP

Selon leurs organisateurs, l'interdiction des festivals d'été va entraîner plus d'un milliard d'euros de manque à gagner. D'où vient ce chiffre?

L’interdiction des festivals jusqu’au 31 août va coûter plus d’un milliard d’euros au circuit "live" en Belgique (organisateurs, artistes, techniciens, loueurs de matériel, horeca...). Ce chiffre est basé sur les données des organisateurs et sur une étude de la Haute École Karel de Grote sur l’impact de la crise sur le secteur événementiel au sens large (foires, salons, festivals, spectacles...). Celle-ci montre que l’événementiel s’attend en 2020 à un recul de chiffre d’affaires de 4,9 milliards.

106
millions €
En 2018, la société Weareone.world, organisatrice de Tomorrowland, a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 106 millions d'euros.

Par extrapolation, les organisateurs de festivals en ont déduit ce chiffre d’un milliard de pertes. Cela paraît considérable. Mais à lui seul, Tomorrowland (400.000 spectateurs) a réalisé en 2018 (dernier chiffre disponible) 106 millions d'euros de chiffre d’affaires et Rock Werchter plus de 60 millions. En moyenne, les sociétés qui organisent exclusivement des festivals de musique ont réalisé un chiffre d’affaires de 13,7 millions en 2019 selon l'étude.

"Il faut renforcer les mesures pour aider les quelque 40.000 freelances qui travaillent pour les festivals annulés."
Serge Platel
Porte-parole du circuit musical live belge

Selon le porte-parole du circuit live, Serge Platel, 90% de ces festivals sont organisés par des asbl souvent sous-financées, qui emploient une majorité de personnes au statut précaire (intérimaires, jobistes, bénévoles…). Aussi le secteur appelle-t-il à l'aide. "Il faut renforcer les mesures pour aider les 40.000 free-lances qui travaillent pour les festivals", dit Serge Platel. Sont évoqués: l'extension du chômage temporaire, le droit passerelle, le passage de 50 à 100% de la déductibilité fiscale pour les sponsors. Une réunion avec la ministre de l’Emploi et de l'Économie Nathalie Muylle est prévue pour étudier ces demandes.

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