Un revêtement anti-Covid-19, la solution de la PME wallonne Lithcote

La dernière version du revêtement de Lithcote est applicable sur n’importe quel support, notamment les blouses et les masques du personnel hospitalier. ©Photo News

La société de Trazegnies vient d’achever la mise au point d’un revêtement autodésinfectant capable d’éliminer la plupart des microbes, dont le coronavirus. Il peut être utilisé sur les blouses et les masques.

Une arme de plus dans la panoplie anti-Covid-19: Lithcote Europe, une petite entreprise de Trazegnies (Courcelles) spécialisée dans les traitements de surface, vient d’achever la mise au point d’un revêtement autodésinfectant capable d’éliminer la plupart des microbes, dont le coronavirus. 

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D'après les tests, le produit tue 99% du virus endéans la minute.

Le nouveau produit est composé d'une substance bactéricide et fongicide (l'ammonium quartenaire) liée chimiquement à une céramique, ce qui empêche sa dispersion. "Le revêtement fonctionne contre toutes les bactéries et 80% des virus, tous ceux qui ont une membrane lipidique, y compris donc le coronavirus", explique Christophe Leclercq, le patron de la PME. "D'après nos tests, le produit tue 99% du virus endéans la minute".

Traité avec des ultraviolets

Les débouchés potentiels sont nombreux, d’autant que le revêtement, appelé "Lithocide Nanocoat" est disponible en plusieurs versions. "Il s’agit d’un produit transparent, flexible et nanométrique, qui peut être utilisé avant tout dans le secteur pharmaceutique et médical, mais aussi dans d’autres branches", poursuit le CEO. 

"Le revêtement fonctionne contre toutes les bactéries et 80% des virus."
Christophe Leclercq
CEO de Lithcote

"La dernière version du revêtement ne nécessite pas de passage dans un four pour le faire sécher, mais est traitée avec des ultraviolets. Il devient donc applicable sur n’importe quel support, notamment sur les blouses du personnel hospitalier ou sur les murs ou les équipements dans des salles blanches. À partir de là, il pourrait aussi être utilisé sur les sièges d’avion ou sur toutes les poignées et les mains courantes dans les transports en commun. Comme son emploi est également possible sur du verre et que le produit est transparent et très mince, on pourrait aussi envisager une application sur les écrans de smartphones, qui sont des nids à microbes".

Une durée de vie importante

Autre avantage: le revêtement autodésinfectant a une durée de vie importante. "Chimiquement, il s’agit d’une céramique, donc un revêtement très résistant à l’abrasion et à la casse. Tant que la céramique est présente sur son support, elle reste donc active. On peut le comparer à un vernis, mais à un vernis qui peut durer des années sur un objet qui ne subit pas de choc ou d’abrasion" précise encore Christophe Leclercq.

Tant que la céramique est présente sur son support, elle reste active.

Le revêtement, dont le développement a débuté dès le début de la crise, est déjà prêt à être lancé sur le marché. Une première étude d’efficacité contre le nouveau coronavirus a été menée par un laboratoire de l’ULiège, dont les résultats doivent être communiqués d’un jour à l’autre. "Ils nous ont demandé de le tester également avec le virus de la peste porcine, que l'on considère comme le virus le plus résistant au monde" selon le CEO.

Des contacts ont été pris par ailleurs avec le laboratoire Centexbel, qui est autorisé à tester les masques médicaux, histoire de s’assurer que le produit n’est pas volatil et resterait sans danger pour les utilisateurs. Une autre étude devrait être réalisée en double aveugle pour la dernière version du produit. 

Deuxième vague

Dans un premier temps, Lithcote ne produira pas elle-même le revêtement dans ses installations de Trazegnies, mais sous-traitera sa production à son partenaire privilégié, situé dans la région de Charleroi. Cependant, si la demande suit, Christophe Leclercq envisage la construction d'une unité de fabrication. Le produit pourrait être fourni directement aux utilisateurs, mais il faudra alors les former pour gérer l’application, car le revêtement est en trois composants et reste délicat à manipuler.

Christophe Leclercq a repris Lithcote Europe en 2008 et envisage une levée de fonds pour la développer. ©Kristof Vadino

Pour le CEO, le reflux de la pandémie ne devrait pas constituer un obstacle à la commercialisation. "Nul ne sait si on sera confronté à une deuxième vague. La protection des personnes dans les endroits hospitaliers et les transports en commun est un enjeu important", fait-il valoir. Par ailleurs, l'utilisation du nouveau produit va bien au-delà du seul Covid-19 et vise notamment à réduire les maladies nosocomiales, notamment celles générées par les bactéries résistantes aux antibiotiques. 

La technologie des revêtements autodésinfectants existe depuis une décennie. Un article publié en 2019 par des chercheurs de l’université d’Arizona a souligné que ces revêtements réduisaient de 36% les infections contractées en milieu hospitalier. À la mi-mai, une firme américaine a présenté une substance anti-Covid-19 à pulvériser sur les surfaces, mais dont la durée de vie ne dépasse pas 90 jours. 

Christophe Leclercq a repris Lithcote Europe en 2008. L'entrepreneur sonégien en est toujours l'unique actionnaire, mais envisage une levée de fonds pour assurer le développement de l'entreprise. 


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