Une année 2019 record pour la Stib avant le gros coup de frein de 2020

Dans un contexte particulier de désaffection du transport public lié au Covid-19, la Stib a délivré le bilan chiffré de 2019, une année record en termes de fréquentation et d'investissements. ©Photo News

Dans un contexte particulier de désaffection pour le transport public, la Stib a dévoilé les chiffres de 2019. Une année record tant en termes d'investissements que de fréquentation.

Le coronavirus n'aura pas eu raison de la traditionnelle présentation du rapport d'activité de l'année écoulée au sein de la Stib. Mais c'est par écrans interposés que le CEO Brieuc de Meeûs et le nouveau président du conseil d'administration Merlijn Erbuer (Groen) ont délivré à la presse les chiffres clés de l'année 2019. Tant en termes de fréquentation que d'investissements (394 millions), il s'agit d'une année record. Avec 433,5 millions de voyages effectués l’an passé (contre 417,6 millions en 2018), la Stib voit sa clientèle augmenter de 4% pour la deuxième année consécutive. Et qui dit hausse de fréquentation, dit hausse de revenus. Outre la vente de titres de transport, la location d'espaces commerciaux et les recettes publicitaires ont aussi rapporté plus d'argent à la Stib par rapport à l'année précédente.

"L'année 2020 sera difficile financièrement car, si l'on a perdu 90% de la fréquentation, on a forcément aussi perdu une partie de nos revenus propres qui s'élèvent à environ 220 millions par an."
Brieuc de Meeûs
CEO de la Stib

"L'année 2020 ne sera pas du même acabit. Dans un an, nous pourrons voir sur les tableaux un fameux trou, beaucoup plus important que celui qu'on voit pour l'année 2016 (en raison des attentats, NDLR). Mais on retrouvera à terme la tendance de la courbe. Je suis très confiant quant au fait que les voyageurs vont revenir. Maintenant, vous dire quand, c'est autre chose", déclare Brieuc de Meeûs qui a ensuite évoqué le délai de 24 mois avant un retour à la fréquentation normale.

Le CEO estime qu'il est prématuré de chiffrer la baisse de recette qui résulte de la chute actuelle de fréquentation. Ce n'est vraisemblablement pas si simple à calculer puisque la crise n'a, par exemple, pas d'impact sur les abonnements annuels déjà achetés. "L'année 2020 sera difficile financièrement car, si l'on a perdu 90% de la fréquentation, on a forcément aussi perdu une partie de nos revenus propres qui s'élèvent à environ 220 millions par an."

Investissements maintenus

Pour autant, tous les investissements prévus sont maintenus: le plan régional visant à consacrer 6,6 milliards d'euros aux transports publics pour la période 2019-2028 est confirmé. "Certes on n'aura peut-être pas autant d'investissements que prévu pour l'année 2020 car on a perdu du temps à cause de la crise et qu'il faudra remettre la machine en route chez les entrepreneurs. Mais c'est uniquement conjoncturel et pas structurel. La volonté d'investir n'est pas remise en cause", affirme le patron de la Stib qui ajoute que les embauches se poursuivront en 2020.

6,6
milliards €
La Région bruxelloise a prévu de consacrer, pour la période 2019-2028, 6,6 milliards d’euros au développement des transports publics. Un plan maintenu malgré la crise, selon le CEO de la Stib.

Certains projets tels que le paiement sans contact seront même bouclés avec un peu d'avance. "D'ici quelques semaines, tous les usagers pourront payer leur trajet avec une carte bancaire. C'est un projet qu'on a accéléré car il vise à rendre le transport public plus facile d'usage", souligne Brieuc de Meeûs. La liste des projets retardés est toutefois plus longue. Il y a tout d'abord les grands chantiers liés au métro Nord avec en particulier les stations Albert et Constitution. Il faudra aussi patienter pour les livraisons de matériel roulant, soit les nouvelles rames de métro M7 et les trams nouvelle génération. Le test visant à faire circuler des navettes autonomes dans l'espace public près de l'hôpital Brugmann est aussi postposé.

Le projet MAAS (mobility as a service) avec une plateforme de mobilité intégrant plusieurs acteurs publics et privés (taxis, vélos, trottinettes ou voitures partagés…) est quant à lui presque mûr. "On a perdu un petit peu de temps, mais le test sera lancé dans quelques semaines."

La séance virtuelle de questions-réponses s'est clôturée sur le projet de gratuité partielle de la Stib. Toujours d'actualité? Sans nouvelles de la Région à ce stade, le président du CA Merlijn Erbuer a déclaré, en substance, que le gouvernement devrait voir si le budget permet encore de faire de cette volonté une réalité dans le futur.

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