Une data alliance en ordre de marche pour lutter contre le coronavirus

A l'aide des données des Belges, il serait notamment possible d'identifier les "superpropagateurs", qui voyagent beaucoup. ©© Patrick Gueneau

Proximus, Telenet et Orange ont entendu l'appel et réfléchissent à l’idée. Une note conceptuelle a été transmise à la ministre de la Santé par les porteurs du projet.

24 heures, c’est ce qu’il aura fallu pour que l’appel soit entendu. Au lendemain de la publication de la carte blanche des deux entrepreneurs tech Sébastien Deletaille et Frederic Pivetta, appelant à utiliser les données télécoms des Belges pour stopper le coronavirus, les trois principaux opérateurs mobiles du pays ont répondu présent.

Proximus, Telenet et Orange ont en effet demandé à leurs équipes, réseaux et data, d’évaluer ce qui pourrait être fait concrètement, a-t-on appris à bonne source. Tout cela, dans l’attente d’un mouvement de la part du politique.

Et pour cause, si la ministre de la Santé, Maggie De Block, ne donne pas son go, le projet n’ira pas plus loin. Une hypothèse pour le moins plausible au vu d’une possible nécessité d’entorse au règlement général sur la protection des données (RGPD) pour aboutir - comme le prévoit d'ailleurs l'article 9 paragraphe deux, pour raison impérieuse de santé publique.

Dans une situation d’urgence, on doit pouvoir prendre des mesures difficiles.
Un politique

Mais qu'à cela ne tienne. "Dans une situation d’urgence, on doit pouvoir prendre des mesures difficiles", glisse un politique qui soutient la piste, "à condition qu'elle réponde à un besoin, ce qui devra être établi par le risk management group ou un virologue mandaté sur la question".

Cibler les profils présentant un risque

Un note conceptuelle a en tout cas été transmise par les auteurs aux autorités compétentes. En résumé, il y est fait état de la possibilité de cibler les profils présentant un risque plus élevé de propager la maladie (par exemple, les personnes à mobilité élevée) ou un risque plus élevé de mourir en cas d'exposition (par exemple, les populations âgées, avec des conditions préexistantes). Et de là, de pouvoir les sensibiliser à l'aide de mesures ciblées - par exemple, à l'aide de SMS réguliers pour rappeler une consigne particulière. En parallèle, une approche globale est aussi possible, permettant de visualiser la situation dans son ensemble à partir de l'ensemble de données à disposition. Tous ces éléments sont désormais à l'étude, entend-on, par le cabinet de la ministre notamment.

"Avec la technologie, on peut facilement atteindre une certaine échelle."
Sébastien Deletaille
Entrepreneur tech

De quoi réjouir Sébastien Deletaille et Frederic Pivetta qui espèrent voir un mouvement de la part du gouvernement d'ici fin de semaine. "Pour le coup, la Belgique montrerait qu'elle est en avance en matière technologique." Mais aussi et surtout, cela permettrait dans le même temps de potentiellement limiter le nombre de décès un maximum. "Parce qu'avec la technologie, on peut facilement atteindre une certaine échelle. Avec peu de personnes, on peut avoir un impact sur beaucoup."

Lire également

Publicité
Publicité