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Une occasion manquée pour la Justice

Journaliste

Si la Justice de demain veut vivre avec son temps, chacun va devoir y mettre du sien. Cela vaut pour les avocats et les magistrats!

La Justice pénale est à l'agonie dans un parfum de naphtaline, non pas victime de la crise sanitaire, mais terrassée par son archaïsme.Ces lignes, rédigées dans une carte blanche par une série d'avocats pénalistes, traduit le sentiment général de qui habite les acteurs de la Justice. L'objet de ce courroux était de dénoncer l'accès au dossier pénal d'un client qui, par les temps (et autres virus) qui courent, relève du vrai parcours du combattant. Il est impossible d'en obtenir une copie digitale. Question de droits de greffe, semble-t-il.

Le monde de la Justice est sans doute le dernier dans lequel le fax a encore de beaux jours devant lui. Oui, oui, le fax, vous lisez bien!

A l'arrache, parce qu'à la guerre comme à la guerre, les avocats ont obtenu le droit de photographier les dossiers avec leur smartphone. On croit rêver! Ne riez pas trop vite... Le monde de la Justice est sans doute le dernier dans lequel le fax a encore de beaux jours devant lui. Oui, oui, le fax, vous lisez bien! Récemment, le bâtonnier Michel Forges, nous faisait cet aveu, révélateur de l'archaïsme de cette Justice faite d'usages passés et de papiers datés. L'adresse mail d'un greffe, avant la crise du corona, restait un secret bien gardé! Et n'allez pas croire que la situation est plus brillante du côté des procédures civiles! Pour se faciliter la vie, les avocats peuvent déposer leurs dossiers en ligne via le système e-deposit. Fort bien, sauf quand on sait qu'à l'autre bout de la chaîne, faute de moyens financiers, les magistrats ne peuvent pas imprimer les dossiers en question.

Et puis, il y a eu le couac de la vidéoconférence. Même s'il ne s'agit pas de la panacée universelle, ce système permet de continuer à mener des audiences en période de confinement. Le nord du pays semble l'avoir compris, le sud hésite. Question de mentalité, dit-on, et de pragmatisme! Ces jours-ci, on entend souvent dire qu'il y a aura un avant et un après coronavirus dans la façon de travailler et de profiter des nouvelles technologies. Si la Justice de demain veut vivre avec son temps, chacun va devoir y mettre du sien, il faudra que les uns arrêtent de tirer dans les pattes des autres, et vice-versa! Cela vaut pour les avocats. Et les magistrats. 

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