Une plateforme web pour assurer le suivi des cibles du Covid-19

En se connectant à la plateforme "Covid-19 e-monitoring first line", le médecin peut créer une fiche détaillée sur un patient infecté par le coronavirus. ©AFP

Médecins, autorités et acteurs de la tech ont lancé ce samedi un service commun permettant de suivre, à distance et au quotidien, la situation des patients atteints du coronavirus.

"Nous pouvons être fiers d'avoir réussi à mettre ça sur pied en si peu de temps”, se félicite le Dr Thomas Orban. Et pour cause, en moins d’une dizaine de jours, le président du Collège de médecine générale francophone est parvenu, aux côtés d’acteurs de la tech, de ses pairs et des autorités, à déployer une plateforme web d’un genre nouveau. Lancement officiel prévu ce samedi. Nom de code: "Covid-19 e-monitoring first line". Ou "SafeLink" pour les intimes.

"Cette plateforme permettra d’assurer une réelle continuité dans les opérations."
Dr Thomas Orban
Président du Collège de médecine générale francophone

Le concept est simple. En s’y connectant, le médecin peut créer une fiche détaillée sur un patient infecté par le coronavirus. Et puis, c’est tout pour lui. Car, à partir de là, c’est la magie de la technologie qui opère.

Automatisation du suivi

Après envoi au patient, dans les quinze minutes, d’un questionnaire à remplir, l’algorithme développé pour l’occasion – et validé par la cellule universitaire d’appui scientifique (CUAS) du collège – prend le relais. Et fait le tri entre les cas dits "stables", "à risque" ou "critiques". Il se charge ensuite du suivi. En fonction des réponses ou du changement de statut, la fréquence de sollicitation du patient pour s’enquérir de son état s'accroît.

Le médecin, lui, est informé en temps réel. Et peut, en un clic, voir quels cas sont en passe de déboucher sur des complications. De même que donner le signal – car "la machine n’en décide pas, soyons bien clairs là-dessus" – d’un départ en direction d’un centre de tri ou d’un hôpital, émission d'un laisser-passer à la clé à destination des services ad hoc (police, pompier, personnel de secours,…).

Processus centré sur le patient

"Cela a l’avantage de recentrer le processus sur le patient, là où on a longtemps été médecin-centré, en lui donnant les clés de la mesure de son état de santé et d’une relation directe avec son généraliste", souligne le Dr. Orban. "De même que d’assurer une continuité dans les opérations. Quand un urgentiste reçoit un patient par exemple, il peut directement voir tout son historique, l’évolution – et dans quel laps de temps – de la maladie, les traitements qui ont éventuellement été arrêtés, s’il dispose d’un aidant ou s’il y a un proche à contacter,… De même que des données parfois moins importantes ici, mais qui peuvent se relever importantes à connaître, comme une alcoolodépendance qu’un sevrage radical pourrait venir bouleverser."

Tout cela, avec une victoire en bout de chaîne: éviter d’engorger inutilement les centres de tri, en n’y envoyant que les patients qui en ont vraiment besoin. Qui pourraient dès lors, aussi, se voir attribuer une "fast lane" sur place.

Moins de dix jours de travail

Plusieurs start-ups ont travaillé d’arrache-pieds pour mener à bien le projet. C'est le cas de la plateforme de gestion destinée aux photographes Fotostudio et du spécialiste de l’automatisation du démarchage commercial Prospect.io.

Pour parvenir à ce résultat, il aura fallu travailler dur. Et vite. Car le projet n’a germé que tout récemment dans la tête du Dr Orban et des parties prenantes. Le 17 mars pour être exact, alors que tout ce petit monde était occupé à réfléchir à la création desdits centres de tri.

Après un premier contact avec The Faktory, l’accélérateur-incubateur de start-ups lancé en 2013 par le cofondateur d’EVS Pierre L’Hoest, plusieurs start-ups ont travaillé d’arrache-pieds pour mener à bien le projet. C'est le cas de la plateforme de gestion destinée aux photographes Fotostudio et du spécialiste de l’automatisation du démarchage commercial Prospect.io. Qui ont mis à disposition leurs compétences techniques en développement, de même que leur force de travail.

De quoi convaincre jusqu’au Réseau santé wallon (RSW) et son homologue bruxellois Abrumet, ainsi que la Société scientifique de médecine générale (SSMG) et la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, de donner leur feu vert à la naissance de la plateforme. Après tout, ce genre d'outil "avait déjà fait ses preuves dans des CHU en France", conclut Simon Alexandre, directeur de The Faktory.

Et, alors que les connexions via les portails régionaux (wallon et bruxellois) sont possibles depuis samedi midi, quelque 584 médecins et 514 patients ont été inscrits en 48h.

Tout savoir sur le coronavirus Covid-19

La pandémie de coronavirus Covid-19 frappe de plein fouet la vie quotidienne des Belges et l'économie. Quel est l'impact du virus sur votre santé et sur votre portefeuille? Les dernières informations et les analyses dans notre dossier. 

Par thématique:

Lire également

Publicité
Publicité