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Une prime de 750 euros: êtes-vous concerné par la proposition du PS?

"La pauvreté prend des dimensions absolument effrayantes", note Paul Magnette, le président du PS. ©BELGA

Le PS relance l'idée de la prime pour les "héros du quotidien": une somme de 750 euros net pour tous ceux qui ont continué à travailler durant la crise sanitaire.

On s'en souvient, début avril avait germé l'idée d'une prime défiscalisée en faveur du personnel soignant, au front avec tous les risques durant cette crise sanitaire. Il avait été question de 1.450 euros. Et puis plus rien. Il faut dire que les syndicats n'étaient pas hyper chauds, réclamant avant tout une revalorisation salariale pour le secteur.  Et, autre pierre d'achoppement, encore fallait-il déterminer les bénéficiaires: qui y aurait droit, qui en serait privé? Le PS voulait dépasser le cadre des seuls travailleurs de la santé.

"Pour le PS, c'est fondamental: on remercie, on récompense ceux qui ont travaillé très durement dans cette crise."
Paul Magnette
Président du PS

Et c'est comme ça que le cadeau semble tombé dans l'oubli. Pas pour le PS, qui remet le dossier sur la table. "Ça n'avait pas abouti, on n'en a plus entendu parler. Au kern élargi, les discussions sont devenues très techniques", glisse le porte-parole du PS, Frédéric Masquelin. Et donc le parti socialiste va déposer une proposition de loi au Parlement, histoire de susciter une discussion franche.

Aussi pour les télétravailleurs?

La prime telle qu'envisagée par les socialistes francophones serait globalement de 750 euros net et récompenserait "tous ceux qui ont continué à travailler pendant la crise", a expliqué Paul Magnette, sur Bel RTL ce jeudi matin. Donc, ce serait non seulement pour le personnel du secteur des soins de santé, mais aussi pour ceux de la grande distribution, de la collecte des déchets, etc. Que ces travailleurs soient du public, du privé ou indépendants.

"Pour le PS, c'est fondamental: on remercie, on récompense ceux qui ont travaillé très durement dans cette crise", insiste le bourgmestre de Charleroi. Ce n'est pas pour autant que la revalorisation des bas salaires serait oubliée. "Il faut les revaloriser, au moins à 14 euros de l'heure", insiste-t-il, mais, en attendant, la prime ferait déjà office de reconnaissance. 

Qui recevrait cette prime? Aussi les télétravailleurs? Le montant serait de 1000 euros brut, selon la proposition de loi, et la prime serait dégressive en fonction des revenus. Avec un plafond. Donc, en réalité, peu de télétravailleurs en bénéficieraient "parce qu'il s'agit généralement de professions plutôt bien rémunérées et elles seront au-dessus du plafond", précise le porte-parole des rouges.

Le montant de la prime est dégressif en fonction du revenu

Pour le travailleur gagne moins que 2.300 euros par mois (14 EUR/h), le montant de la prime est de 1.000 euros. Entre ce salaire de 2.300 euros et le plafond de 4.980 euros de revenu par mois, le travailleur percevra une partie de la prime

Cette prime n’est pas soumise à impôt. Seule une cotisation spéciale de sécurité sociale est due. 

Exemples

  • Un préparateur en pharmacie qui gagne 1.639 euros en net recevra une prime de 750 euros net (donc 2.389 euros net pour le mois concerné par le versement de cette prime).
  • Le personnel d’un magasin d’alimentation qui touche 1.655 net recevra une prime de 750 euros net (soit 2.405 euros pour le mois concerné).
  • Le personnel de nettoyage dans un hôpital qui a un salaire de 1.703 euros net aura aussi la prime de 750 euros (2.456 euros pour le mois concerné).
  • Un infirmier gagnant 1.827 euros net recevra une prime de 712 euros (2.539 euros net le mois de versement de la prime).

 

 

Qui payerait ce cadeau? Le montant estimé de ce bonus s'élèverait aux alentours d'un milliard d'euros, "sans compter les effets retour", précise le porte-parole. Le président du PS n'a pas tranché sur le payeur: il faut une négociation avec les employeurs, dit-il. Il envisage un coup de pouce de l'État, "qui doit intervenir parce qu'une crise sociale majeure s'annonce". Bref, il s'agirait de lancer des discussions autour d'une prise en charge par les employeurs, avec au final une déductibilité du montant.

Du côté du MR, on se dit "pas très chaud" à cette idée, la qualifiant de "populiste": "on préfère réfléchir à une solution à long terme, avec une réduction d'impôts pour ces professions qui ont démontré toute leur utilité pendant la crise", annonce Christophe Cordier, le porte-parole du mouvement réformateur.

A la FGTB, tout en demandant un relèvement du salaire minimum, on indique qu'"avec un précompte à 25%, une telle prime ne nuira pas au financement de la sécurité sociale." Marie-Hélène Ska, secrétaire générale de la CSC, se réjouit que le parlement puisse "débattre sereinement sur les réponses à apporter aux urgences sociales". Néanmoins, elle souhaiterait que la reconnaissance à l'égard des fonctions essentielles soit structurelle. "Et elle ne doit pas être que monétaire. Ces personnes sont épuisées, elles ont besoin de temps. Il faudrait laisser les modalités d'application de ce genre de mesure à ceux qui connaissent le secteur!"

La FEB préfère ne pas se prononcer sans connaître tous les détails de la proposition.

Prime mensuelle pour les plus pauvres

À côté de cette prime unique, le parti socialiste veut aussi une prime à destination des personnes sous le seuil de pauvreté. Karin Lalieux avait d'ailleurs déjà avancé l'idée. "La pauvreté prend des dimensions absolument effrayantes", note Paul Magnette, soulignant les difficultés grandissantes de certaines franges de la population, comme des étudiants ou des artistes qui ont perdu leurs revenus à cause de la crise du Covid-19. La proposition porte ici sur une prime mensuelle de 200 euros par personne.

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Paul Magnette évalue ce montant à plus de 500 millions d'euros par mois. Mais ce n'est pas une dépense selon lui, plutôt "un investissement pour l'État". "C'est une manière de leur permettre de survivre, mais aussi un soutien à l'économie, qui sera dépensé dans le commerce local." Il y voit un "retour immédiat" pour l'État, parce que cette aide permettra d'éviter les faillites et pertes d'emplois en cascade." Pour lui, il s'agit d'une mesure de relance économique

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