Une rallonge de 285 millions pour les indépendants et PME en Wallonie

Depuis le début de la crise, le gouvernement wallon d'Elio Di Rupo a déjà débloqué 518 millions d'euros pour aider les indépendants et PME. ©BELGA

Critiqué pour avoir oublié des milliers d'indépendants, le gouvernement wallon débloque une deuxième enveloppe de 285 millions d'euros. Depuis le début de la crise, la Région a déjà mobilisé 518 millions pour aider ses PME et indépendants.

Sous le feu des critiques des organisations patronales comme l’Union des classes moyennes depuis plusieurs jours pour ne pas avoir intégré dans ses aides l’ensemble des indépendants touchés par les mesures de confinement, le gouvernement wallon vient de débloquer une deuxième salve d’urgence de 285 millions d’euros après avoir mobilisé 233 millions le 20 mars.

Très attendu par des milliers d’indépendants dont leur activité n’avait pas été retenue dans les codes NACE ouvrant la porte à une aide forfaitaire de 5.000 euros, ce deuxième volet d'aide devrait soutenir 100.000 entreprises supplémentaires en Wallonie, espère Willy Borsus, le ministre libéral en charge de l’Économie.

De 2.500 à 5.000 euros

Ce budget supplémentaire va financer deux volets de l’aide. Primo, le forfait de 5.000 euros sera accessible dès jeudi à une série de nouvelles activités économiques jusqu’ici exclue, mais qui ont été indirectement obligées de cesser leur activité à la suite du confinement. "Nous avons élargi le forfait à d’autres secteurs comme le commerce de réparation automobile, l’art et les spectacles, les salles de sports, les salles de cinéma ou les agents immobiliers. "D’autres pans de l’économie, comme les professions paramédicales, qui ont dû interrompre substantiellement leur activité en mars et avril", vont recevoir une indemnisation forfaitaire de 2.500 euros.

"Nous avons élargi le forfait à d’autres secteurs comme le commerce de réparation automobile, l’art et les spectacles, les salles de sports, les salles de cinéma ou les agents immobiliers."
Willy Borsus
Ministre wallon de l'Économie

À côté des aides directes, la Région a mobilisé la Sowalfin pour proposer un prêt "ricochet" de maximum 45.000 euros "pour les indépendants et entreprises qui ont besoin de trésorerie pour passer le cap de la crise ou pour acheter des fournitures pour reprendre leur activité ", précise le ministre. En pratique, une petite entreprise qui s’adresse à sa banque afin d’obtenir un crédit destiné à faire face aux conséquences du Covid-19 pourra combiner une garantie de la Sowalfin de maximum 75% sur un crédit bancaire de maximum 30.000 euros. La Sowalfin pourra aussi octroyer des prêts de maximum 15.000 euros à taux de 0%. "Ainsi, le financement total de l’entreprise atteint 45 .000 euros."

Si le prêt subordonné de la Sowalfin sera automatique à partir du moment où l’organisme bancaire a décidé d’intervenir, "il ne pourra être cumulé avec les deux mécanismes d’indemnisation". Grâce à un financement supplémentaire de 29 millions, la Sowalfin est a priori capable d’octroyer 5.000 dossiers de crédits.

Un prêt pour les loyers

À côté de ce volet "entreprises", l’exécutif a adopté d’autres mesures d’urgence destinées à renforcer le pouvoir d’achat des citoyens les plus touchés par la crise. Outre une aide financière de 75 à 100 euros pour les bénéficiaires d’un compteur à budget gaz et électricité, en matière de logement, le gouvernement va intervenir afin de garantir le paiement des loyers. Le ministre en charge du Logement, le socialiste Pierre-Yves Dermagne, a demandé à son administration d’octroyer des prêts à taux zéro "pour ceux qui ont des difficultés à payer leur loyer". Concrètement, l’emprunt permettra de couvrir 6 mois de loyer d’un logement privé et sera remboursable sur 36 mois.

Brouillard budgétaire

Sans surprise, toutes ces aides, couplées à une baisse des recettes de minimum 600 millions, font craindre le pire au niveau budgétaire. Le gouvernement se penchera sur cette question ce jeudi, mais une première indication donnée par le ministre du Budget parle d’un déficit budgétaire de 1,5 milliard. On parle ici d’un minimum, car toutes les données ne sont pas encore rentrées. "Et il faudra intégrer les dépenses liées à la relance", précise Jean-Luc Crucke. Vu le brouillard, le gouvernement a décidé de reporter son ajustement budgétaire en juillet.

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