Une reprise en douceur dans les écoles maternelles

Un certain nombre d'écoles maternelles ont rouvert leurs portes dès ce mardi. ©Photo News

Un certain nombre d'écoles maternelles ont rouvert leurs portes ce mardi. La plupart suivront le mouvement ces mercredi et jeudi, tandis que les primaires reprendront lundi prochain.

Les cris d'enfants joyeux résonnaient à nouveau ce mardi dans certaines écoles maternelles en Fédération Wallonie-Bruxelles. Si une partie des établissements ont déjà rouvert leurs portes, d'autres ont plutôt opté pour des rentrées ces mercredi et jeudi, voire en début de semaine prochaine. 

Très peu d'enseignants absents

Bien qu'un préavis de grève ait été déposé par la CGSP-Enseignement, "très peu d'enseignants ont finalement décidé de ne pas reprendre", nous explique le président du syndicat, Joseph Thonon. "On ne s'oppose bien évidemment pas à la rentrée, mais elle doit se faire dans de bonnes conditions", insiste-t-il. "La grosse majorité des écoles ont reporté le retour en classe ou l'ont étalé dans la semaine, tandis que celles qui ont déjà repris l'ont fait en accord avec leur équipe éducative, ce qui nous convient."

"La grosse majorité des écoles ont reporté le retour en classe ou l'ont étalé dans la semaine, tandis que celles qui ont déjà repris l'ont fait en accord avec leur équipe éducative."
Joseph Thonon
Président de la CGSP-Enseignement

Après l'annonce mercredi dernier de la rentrée en maternelle dès le 2 juin, l'organisation syndicale n'avait toutefois pas caché son agacement, fustigeant une décision trop rapide et un manque de concertation. Joseph Thonon reste d'ailleurs convaincu: la pression exercée par la Flandre a précipité le retour en classe.

"On vient d'un climat de peur et on veut aujourd'hui que cette peur diminue aussi vite qu'elle est montée, ce n'est pas possible."
Roland Lahaye
Secrétaire général de la CSC Enseignement

Du côté de la CSC-Enseignement, bien que la menace de grève n'ait pas été brandie, on regrette aussi que la décision soit intervenue aussi rapidement. "On ressent que les enseignants ont besoin de temps pour regagner de la confiance. C'est bien légitime. On vient d'un climat de peur et on veut aujourd'hui que cette peur diminue aussi vite qu'elle est montée, ce n'est pas possible", assène son secrétaire général, Roland Lahaye.

Obligation scolaire

Cette peur, des parents la ressentent aussi. L'affluence limitée des bambins dans certains établissements mardi en témoigne. Un scénario similaire pourrait se reproduire lundi prochain, moment de la reprise prévue pour les classes primaires. Les élèves absents ne seront toutefois pas sanctionnés, l'obligation scolaire restant suspendue.

Une décision qu'assume la ministre de l'Éducation Caroline Désir (PS): "Nous sommes dans un contexte complètement atypique. La société reste très divisée sur la question de la reprise de l'école. Restaurer le contrôle de l'obligation scolaire aurait évidemment fait sens sur le plan des principes et au regard de ses effets. Toutefois, cela aurait beaucoup trop radicalisé un débat dont on a vu ces derniers jours qu'il est intense et passionné, même sans obligation."

"Restaurer l'obligation scolaire aurait beaucoup trop radicalisé un débat dont on a vu ces derniers jours qu'il est intense et passionné."
Caroline Désir
Ministre de l'Education

Au-delà, elle pointe le fait que cette rentrée ne se fait que pour une poignée de semaines, avec un "objectif prioritaire qui est de permettre aux enfants de retrouver du lien social et le cadre de référence qu'est l'école". En septembre par contre, il est clair que l'obligation scolaire redeviendra "pleine et entière".

Pour le secrétaire général de l'Enseignement catholique (SeGEC), Étienne Michel, cette approche n'est toutefois pas la bonne. "Côté francophone, on a trop insisté sur la désactivation de l’obligation scolaire", a-t-il regretté dans les colonnes de La Libre. "Ceux qui sont attachés à la réussite de tous devraient maintenant insister sur son rétablissement."

En agissant de la sorte, ne risquerait-on pas de "pénaliser l'élève dont le parent a peur?", s'interroge pour sa part Roland Lahaye. À la tête du pouvoir organisateur Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE), Julien Nicaise, n'est pas non plus favorable à un rétablissement immédiat de cette obligation, a-t-il laissé entendre sur Twitter. 

Lire également

Publicité
Publicité