Une technique wallonne pour décontaminer les masques fait ses preuves

Chez AMB Ecosteryl, on travaille sur les prototypes de machines de décontamination de masques

L’étude initiée par la Région wallonne et par le CHU de Liège pour décontaminer et réutiliser les masques FFP2 démontre l’efficacité des méthodes proposées. Un protocole a été établi et les premières machines sont en cours de développement.

Chaque jour, le cabinet de Philippe De Backer, le ministre en charge de l’acheminement logistique du matériel nécessaire à l’équipement des hôpitaux et des maisons de soins, égrène les commandes et arrivées des masques et autres blouses de protection. Mais entre ces chiffres et la réalité du terrain, il y a encore une marge. L’approvisionnement suit son cours, mais le matériel de base fait encore parfois défaut pour le personnel de première ligne.  

"Les hôpitaux, et les maisons de soins pourront mettre en place des méthodes facilement accessibles pour décontaminer leurs masques, de manière individualisée."
Willy Borsus
Ministre wallon de l'Economie

Pour éviter de telles situations de pénurie dans le futur, la Région wallonne a lancé plusieurs projets. Le premier concernait la fabrication de masques chirurgicaux confiée à la société Deltrian. Parallèlement, un groupe de travail s’est également penché sur la décontamination des masques pour pouvoir les réutiliser quelques fois sans risques pour les utilisateurs.

Un protocole mis en place par le CHU de Liège a été soumis le 2 avril à l’Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé (AFMPS) pour validation.  

Quatre techniques

Les différentes techniques présentées permettent la décontamination par chaleur sèche (AMB Ecosteryl, par UV (Lasea) ou par plasma (Materia Nova). Le CHU de Liège travaille également sur la décontamination par peroxyde d’hydrogène.  

Les différentes méthodes ont démontré leur performance pour rendre les masques efficaces pour une nouvelle utilisation. De nouveaux tests doivent encore être menés pour mesurer l’impact de multiples décontaminations sur les propriétés de résistance des masques FFP2 et chirurgicaux.

"Ces premiers résultats sont primordiaux", indique Willy Borsus, le ministre wallon de l’Economie qui pilote ce projet. "En effet, ils permettront, à très court terme, aux hôpitaux, et aux maisons de soins notamment de mettre en place des méthodes facilement accessibles, pour décontaminer leurs masques, de manière individualisée." La chaleur sèche et le peroxyde sont déjà des techniques utilisées pour la décontamination de matériel dans le milieu hospitalier. 

Lasea utilise une technologie UV pour la décontamination ©Kristof Vadino

Du côté des entreprises partenaires, on s’active à la fabrication des unités de décontamination en fonction du protocole déterminé. Chez Lasea et chez AMB Ecosteryl, les prototypes sont en cours de finalisation pour une production en plus grandes quantités dans les jours qui viennent.

50.000
masques par jour
Les soins à un patient en soins intensifs nécessitent 40 à 50 masques FFP2 par jour. Soit 50.000 masques à usage unique par jour actuellement. A 4 euro le masque!

Même si la pénurie semble pouvoir se résorber, le jeu en vaut la chandelle. Un masque FFP2 coûte actuellement 4 à 5 euros pièce et l’accompagnement d’un patient en soins intensifs en nécessite 40 à 50 par jour. Soit actuellement, plus de 50.000 masques utilisés et jetés quotidiennement.

Le gouvernement wallon a débloqué un budget pour soutenir le développement de ces différentes technologies de décontamination. Il se penchera également sur une enveloppe consacrée à aider les institutions pour s’équiper de la technologie qui leur convient le mieux.

A noter que l’étude menée en Wallonie fait l’objet d’une attention particulière de l’OMS dans le cadre d’un projet international. Le CHU de Liège travaille déjà en collaboration étroite avec l’Université de Stanford. L’objectif est de mettre au point une technologie simple et peu onéreuse qui pourrait être très facilement implantée dans des institutions des pays en voie de développement.

Revoir | Didier Delval: "Des masques FFP2, je n'en ai reçu qu'une seule fois de la part des autorités"

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