Une unité de production de 30 millions de masques en Wallonie

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Avec l'aide financière de la Région wallonne, la société carolo Deltrian lancera la production de masques chirurgicaux dès la fin du mois de mai.

Trop dépendante d'acteurs étrangers pour l'approvisionnement en masques pour son personnel de la santé, la Région wallonne a décidé d'implanter une unité de production de masques en Wallonie. Le projet, monté à la vitesse de l'éclair par la SRIW et la Sogepa depuis le début de la crise, a été validé par le gouvernement PS-MR-Ecolo. La production pourrait démarrer fin mai, voire un peu plus tôt.

Fin mai

"Nous sommes dans des prix de revient comparables à ce que l’on trouve sur le marché hors période de crise."
Olivier Bouchat
SRIW

Concrètement, la production se répartira sur deux lignes et sera opérée par Deltrian protective equipment, une nouvelle filiale de l’entreprise Deltrian International, dans laquelle la Région possédera 49%. Cette société basée dans la région de Charleroi est active dans la filtration de l’air. Avec l’aide de la Région wallonne et de ses outils financiers, Deltrian va acquérir les machines en Allemagne. Le plan financier de la coentreprise prévoit un investissement de 1,2 million d’euros. Outre 49% du capital de la société qui se monte à 250.000 euros, les outils financiers ont accordé un prêt de 450.000 euros.

Sur le terrain, l’unité produira 30 millions de masques chirurgicaux par an. La viabilité du projet est de son côté garantie par des outils complètement automatisés. "Nous sommes dans des prix de revient comparables à ce que l’on trouve sur le marché hors période de crise", assure Olivier Bouchat, vice-président du comité de direction de la SRIW.

Décontaminer les masques usagés

Parallèlement à la production industrielle de masques, le gouvernement wallon espère toujours finaliser rapidement le lancement d’une filière de décontamination des masques chirurgicaux et de protection respiratoire (FFP2/3) usagés. Cinq types de méthodes (irradiation gamma, irradiation UV, oxyde d’éthylène, chaleur sèche et plasma) ont été testés scientifiquement par le CHU de Liège, 3 entreprises (Sterigenics, AMB Ecosteryl, Lasea) et 2 centres de recherches (Materia Nova, CentexBel). 

Le projet d'AMB Ecosteryl repose par exemple sur la décontamination par chaleur sèche. Soumis à 70° pendant 30 minutes, le coronavirus ne résiste pas. Le procédé doit permettre au personnel soignant de stériliser son propre matériel avant de le réutiliser. L’idée est de pouvoir multiplier la durée de vie des masques par deux ou trois grâce à ce processus de décontamination.

Le protocole mis au point par l'ensemble de ces acteurs sera soumis dès ce mercredi à l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). "Si cette piste est validée par l’Agence dans les jours qui viennent, le processus de décontamination pourra être opérationnel dans trois semaines", espère le gouvernement wallon.

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