chronique

"Vous avez changé"

CEO de Daoust et Title Media

Chronique de Giles Daoust, CEO de Daoust et Title Media

Vous avez changé. Oui, vous. Vous n’êtes plus la même personne qu’il y a un mois. Vous ne le réalisez peut-être pas encore. Mais c’est la réalité. Une nouvelle réalité. Oui: ça, c’est possible. Ce qu’on voit dans les films. La fiction. La fiction est devenue réalité.

Giles Daoust,

CEO de Daoust et Title Media

Il faut se rendre à l’évidence, il n’y avait pas eu de "world-changing event" depuis le 11 septembre 2001. Un événement si bouleversant, si imprévu, aux conséquences si profondes, qu’il aura un impact planétaire durable. Sur le monde politique et économique, les entreprises et les citoyens, les riches et les pauvres.

Alors, à quoi ressemblera ce monde de demain? Est-ce que ce sera un monde meilleur, plus respectueux, qui se focalisera sur les choses importantes et arrêtera de tourner fou? Ou un monde brisé, victime d’une crise sanitaire et économique sans précédent? Un monde libéré, où l’esprit humain triomphera? Ou un monde surtaxé, pour couvrir les conséquences de la crise? À moins qu’il ne soit un peu tout cela à la fois.

Dans tous les cas, le Coronavirus sera porteur de changements drastiques dans notre Société. Si nous les imaginons dès aujourd’hui, si nous préparons chacun à notre échelle ce que nous pouvons faire pour construire "notre" monde de demain, nous aurons une longueur d’avance, et nous éviterons de nous faire dépasser par les événements.  

Le confinement est propice à l’introspection. À la réflexion. Certes, ce n’est pas toujours une situation idéale pour la paix de l’esprit que de se retrouver enfermé entre quatre murs pendant plusieurs semaines (éventuellement avec des enfants de tous âges qu’il faut canaliser). Mais c’est néanmoins un moment rare, peut-être même unique dans toute notre vie, où nous sommes en grande partie coupés de la société moderne, et pouvons réfléchir à ce qui est vraiment important pour nous. Surtout si nous sommes enfermés avec ce qui devrait être le plus important pour nous: notre famille. Et si au contraire nous nous retrouvons seuls, profitons de ce moment pour imaginer notre vie future, et chercher au fond de nous ce que nous attendons vraiment, de notre conjoint, de nos amis, de notre carrière.

Changer le monde, ça commence par soi-même. Qu’est-ce que vous voudriez modifier dans votre comportement, vos habitudes, votre personnalité? Vous avez bien quelque chose à améliorer, non? Un petit défaut résilient que vous voulez effacer? Une qualité que vous voulez développer? Une bonne résolution récurrente que vous ne mettez jamais en pratique? C’est le moment. Faites une petite liste.

Puis il y a la vie de famille. En profitez-vous assez? Accordez-vous assez d’attention à votre conjoint, à vos enfants, à vos parents? Recevez-vous assez d’affection, et en donnez-vous assez? Évidemment, vous allez me dire que vous travaillez trop, que vous n’avez pas le temps, que les trajets vous minent… eh bien parlons-en.

Vous avez changé. Oui, vous. Vous n’êtes plus la même personne qu’il y a un mois. Vous ne le réalisez peut-être pas encore.
Giles Daoust
CEO de Daoust et Title Media

La crise est un excellent moment pour repenser de fond en comble l’organisation de votre travail. Vous avez l’impression de travailler trop? Mais finalement, est-ce que vous travaillez efficacement? Est-ce que vous êtes bien organisé? N’avez-vous pas un petit penchant pour la réunionite aiguë? Ne regardez-vous pas vos emails ou votre compte Facebook un peu trop souvent? Maintenant que vous êtes assigné à résidence, est-ce que vous ne vous dites pas que tel ou tel comportement de travail, que vous répétez jour après jour en temps normal, n’a tout simplement jamais été efficace? Faites une liste. Il ne s’agit pas forcément de travailler "moins", il s’agit de travailler "mieux". Si vous êtes entrepreneur ou manager, une telle réflexion peut aussi vous aider à faire fonctionner mieux votre entreprise ou votre département

Et le monde qui vous entoure tiens? Vous consommez différemment en cette période de confinement. Qu’est-ce qui vous manque vraiment? Qu’est-ce qui est essentiel et qu’est-ce qui ne l’est pas? Et votre relation aux médias? Les premiers jours du confinement, vous en avez consommé plein, des médias. Après quelques semaines, vous n’en avez pas marre? Vous ne vous sentez pas esclaves du moindre détail, de la moindre rumeur, du moindre ragot sur le Coronavirus? N’éprouvez-vous pas une petite envie de déconnecter un peu? D’ouvrir un livre?

Et la politique, au fond? Jusqu’au confinement, on ne parlait que de la crise politique belge. Et maintenant? Ça vous manque? J’ose croire que non. Pourquoi devrait-on rester en pamoison devant les petits arrangements des partis, qui montrent si peu de considération pour le vote de l’électeur? N’est-il pas temps de mettre fin à ces jeux de pouvoir? La crise n’a-t-elle pas démontré, s’il le fallait, qu’il y a des choses plus importantes?

Et l’environnement dans tout ça? Les rares fois où vous pouvez encore sortir faire un tour, ça ne vous frappe pas, l’absence de pollution? La facilité à se déplacer? Et si c’était possible, même en temps normal? Si nous changions notre manière d’agir? De nous organiser? De nous déplacer?

Tous ces changements, et bien d’autres encore, sont possibles. Si chacun d’entre nous démarre sa réflexion maintenant. Et dresse une liste des choses à améliorer dans son comportement, sa vie de famille, l’organisation de son travail et de son entreprise, dans sa relation aux médias, à la consommation, à la politique, à l’environnement…

Le monde de demain… c’est vous. Ne laissez pas les autres vous dire de quoi il sera fait. Car oui, vous avez déjà changé. Et ce n’est qu’un début.

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