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Wilmès reçue en deuxième session

Newsmanager

Le Conseil national de sécurité de ce mercredi a servi essentiellement à corriger les erreurs du précédent.

Un responsable politique se grandit à reconnaître ses erreurs. Il doit être assez fort pour les corriger. C’est ce que Sophie Wilmès a fait ce mercredi.

Trois jours après la première étape du déconfinement, il était impossible d’en faire une évaluation. Impossible dès lors de dévier substantiellement de la trajectoire déjà décidée. Ce mercredi, le Conseil national de sécurité (CNS) a donc servi essentiellement à corriger les erreurs du précédent.

Sur la forme d’abord. Le CNS du 24 avril avait tourné au fiasco en termes de communication. Cette fois, la Première ministre a pris le contre-pied : une réunion matinale, une conférence de presse courte, à une heure décente, annoncée à l’avance et avec un zeste d’auto-dérision ("pas de powerpoint aujourd’hui"). Le ton était à l’empathie ("la population a fait des efforts exceptionnels"), à l’appel à la responsabilité et au civisme ("on passe un contrat avec les citoyens") et même aux excuses ("la patience des citoyens n'aurait pas dû être mise à l'épreuve comme cela a été le cas, je le regrette"). Ce mea culpa est rare et il l'honore.

Le CNS de ce mercredi donne un peu d’oxygène politique à une Première ministre fort affaiblie ces derniers jours.

Sur le fond ensuite. Faire passer "l'économie avant la famille" avait déclenché une tempête de critiques. C'est rectifié. L’autorisation de renouer des contacts sociaux reste certes très limitée mais elle est placée juste avant la réouverture des commerces et le jour de la fête des mères. Tout un symbole.

Tout n’est pas subitement devenu parfait. La déjà fameuse "règle des quatre" sera bien difficile à faire comprendre et à faire respecter. C’est un pis-aller. Pourquoi, également, rendre obligatoire le port du masque en transport en commun mais pas dans un supermarché ? Pourquoi ne pas laisser les fleuristes ouvrir pour cette fête des mères ? Beaucoup d'autres questions (horeca, tourisme...) restent toujours sans réponses.

Mais le CNS de ce mercredi aura tout de même le mérite de ramener davantage de sérénité. Il donne aussi un peu d’oxygène politique à une Première ministre fort affaiblie ces derniers jours. Il facilitera enfin l’acceptation sociale des restrictions toujours présentes, ce qui est un élément décisif pour que la pandémie ne regagne pas du terrain à la faveur de ce déconfinement progressif. Les prochaines étapes restent délicates, en particulier la réouverture des écoles. Pour que la situation sanitaire continue à s’améliorer, la vigilance et le respect des consignes de sécurité doivent rester élevés. C’est la responsabilité de chacun d’y veiller.

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