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analyse

Wilmès se donne 10 jours pour parler déconfinement

Une série de grandes questions n'ont pas été tranchées ce mercredi 15 avril. Elles sont remises au prochain Conseil national de sécurité, programmé le vendredi 24 avril, où des décisions plus lourdes sont déjà attendues. ©REUTERS

Les mesures de confinement sont prolongées jusqu'au 3 mai. La rentrée scolaire se déroulera à la maison.

C'était attendu, le Conseil national de sécurité (CNS), réuni ce mercredi, a maintenu jusqu'au 3 mai l'ensemble des mesures de confinement qui déterminent le quotidien des belges depuis un mois. Comme toujours, c'est la Première ministre Sophie Wilmès (MR) qui s'est chargée de résumer les décisions du CNS.

Outre cette date, Fédéral et Régions ont convenu d'autoriser la réouverture des magasins de bricolage et des jardineries. La visite strictement conditionnée des résidents des maisons de repos sera également autorisée. Festivals estivaux interdits et encouragement du port du masque figurent au menu des décisions de mercredi qui restent vagues à ce stade. 

Une série de grandes questions n'ont pas été tranchées. Elles sont remises au prochain CNS, programmé le vendredi 24 avril, où des décisions plus lourdes sont déjà attendues.

Pas d'annonce de déconfinement

Ceux qui attendaient une perspective positive en ont en effet pour leurs frais. Les autorités ne s'avancent toujours pas sur une date marquant le démarrage d'un déconfinement progressif, prévu en mai si la situation sanitaire le permet, alors que chaque semaine qui passe plombe davantage la situation économique.

"Personne ne peut dire quand nous pourrons reprendre le chemin normal de notre vie. Mais les perspectives de lendemains meilleurs sont à portée de main."
Sophie Wilmès
Première ministre (MR)

Dans la même logique, pas non plus d'annonce quant à la réouverture des écoles qui pourrait faciliter le retour au travail de nombreux Belges. "Ce n'est pas un assouplissement des mesures de confinement, nous ne sommes pas arrivés au stade du déconfinement, a insisté Sophie Wilmès. Personne ne peux dire quand nous pourrons reprendre le chemin normal de notre vie. Mais les perspectives de lendemains meilleurs sont à portée de main."

Un discours qui tranche avec les décisions de déconfinement prises dans des pays comme l'Autriche, le Danemark ou encore l'Allemagne qui annonce la réouverture des écoles à partir du 4 mai.

A l'évidence, la baisse significative des hospitalisations dues au virus observée depuis plusieurs jours ne rassure pas encore suffisamment les autorités. Une deuxième vague de contamination, notamment en raison du retour des beaux jours, est toujours crainte au plus haut niveau de l'État. 

A cela peut s'ajouter une autre angoisse, celle de ne pas disposer des ressources matérielles nécessaires à un déconfinement efficace au moment où celui-ci aurait été annoncé. Doit-on rappeler les difficultés éprouvées pour se fournir en matériel de protection de base comme les masques et en test de dépistage?   

Le drame des maisons de repos

Autre source d'inquiétude: la létalité du virus en maisons de repos (45% de décès) qui commence à ternir l'image du pays à l'international, entend-on en coulisses. Cette situation "n'est pas la conséquence d’un choix, celui de laisser de côté les personnes âgées", a assuré la Première ministre évoquant les pénuries de masques et de tests. Au regard de ce drame, l'idée d'autoriser des visites paraît paradoxale et est déjà jugée contre-productive par certains observateurs scientifiques. 

Se distancier de Macron

"Nous appliquerons notre propre logique nationale, comparaison n’est pas raison", précise Sophie Wilmès. C'était apparemment l'un des objectifs de cette nouvelle communication: couper court à l'idée que la Belgique s'aligne sur les déclarations d'Emmanuel Macron et aux comparaisons internationales qui interrogent la gestion belge de la crise.

Le Président français a annoncé lundi un déconfinement progressif à partir du 11 mai, alliant un discours ferme sur le prolongement du confinement à une perspective de reprise de l'économie. Un choix qui n'est pas encore celui de la Belgique. 

Enfin, on observe qu'il n'est pas non plus question de renforcer la répression des infractions aux règles du confinement. Les statistiques en la matière sont plutôt stables. Elles le furent également lors du week-end ensoleillé de Pâques. 

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