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L'hybride, une solution pour les entreprises face au défi du cloud

©Bloomberg

Le cloud est à un tournant de sa courte histoire. Au cœur des réflexions stratégiques des entreprises, il reste une énigme. Le cloud dit "hybride" tient la corde pour devenir la norme.

En marge de la grand-messe annuelle du cloud organisée à Barcelone par VMware, l’un des plus gros acteurs du secteur, les fournisseurs de services cloud se disputent les gros contrats et vantent chacun les mérites de leurs infrastructures et services. Dans cette jungle nuageuse, pas toujours évident de s’y retrouver pour les entreprises belges. Si la Belgique accuse un léger retard d’adoption par rapport aux pays voisins, selon Arnaud Bacros, Managing Director Enterprise Benelux chez Dell Technologies, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. "On a toujours l’impression que la Belgique est en retard mais j’ai plutôt l’impression qu’on est plus prudent et qu’on attend de voir ce qu’il se passe ailleurs avant de prendre une décision".

En moyenne, les entreprises belges ont déjà envoyé dans le nuage 20% de leurs applications. Certains n’hésitent pas à dire que c’était la partie la plus facile. Désormais, les entreprises doivent prendre des décisions stratégiques et il n’y a pas de formule miracle. Chaque infrastructure et montage est développé sur mesure en fonction du type d’application, du degré de sensibilité des données et des processus propres à chaque entreprise.

383 milliards $
Le marché du cloud représentait 287,8 milliards de dollars en 2018 et passera à 383 milliards de dollars en 2020 selon Gartner.

En coulisse, les fournisseurs de services cloud se mènent une guerre sans merci pour obtenir les faveurs des CIO. Le marché du cloud représentait 287,8 milliards de dollars en 2018. Il pèsera 383 milliards de dollars en 2020 selon Gartner. La courbe des besoins en cloud des entreprises est à mettre en parallèle avec celle du nombre d’applications utilisées et développées par les entreprises. L’explosion de l’applicatif depuis dix ans engendre une explosion de la demande en cloud.

Il faut ajouter à cela que d’ici 2022, 85% des interactions entre une entreprise et le consommateur final se feront sans intervention humaine, notamment dans les secteurs bancaire et de l’assurance. "On observe avec la transformation digitale un véritable tournant qui ne peut se faire sans l’applicatif et l’intelligence artificielle, qui sont dépendants du cloud", explique Bart Coole, à la tête de la division belge de VMware, spécialiste mondial du cloud.

Un nuage coûteux

Le coût des solutions cloud (privées et publiques) reste encore un frein à la prise de décision pour les entreprises. Pourtant selon Bart Coole, les entreprises n’ont plus le choix: "Passer au cloud, c’est une question de survie. On ne peut plus se permettre de l’ignorer ou de le faire passer pour un gadget."

L’époque où les entreprises pouvaient mettre en balance leurs investissements cloud face à d’autres investissements stratégiques semble révolue. Les grands noms du cloud ne diront en tout cas pas l’inverse, au risque de se tirer une balle dans le pied. Mais le coût du cloud reste difficile à chiffrer avant de passer à la caisse. Avec différents fournisseurs en fonction des besoins (Microsoft, Amazon, IBM, Google), le cloud est devenu un service à la demande où l’on reçoit une facture en fin de mois en fonction de l’utilisation que l’on en fait. Mais attention aux mauvaises surprises… Une grosse entreprise belge, dont nous tairons le nom, a ainsi dû récemment s’acquitter d’une facture mensuelle de 450.000 euros avant de rectifier le tir en ajustant sa consommation avec ses besoins réels. Le cloud est une question d’équilibre.

Dans le domaine, le mix idéal porterait le nom de "cloud hybride" et se composerait en fonction des besoins de l’entreprise. Une partie reste hébergée sur site, notamment les données sensibles, et le reste est une répartition équilibrée entre cloud privé (infrastructure propre) et public (fournisseur externe).

Le cloud hybride est amené à devenir le modèle prédominant en entreprise dans les prochaines années. Ce savant équilibre n’est pas évident à trouver. Il demande des analyses profondes du business actuel de l’entreprise et des prévisions à 5 ans pour anticiper ses besoins. À la clef, des économies substantielles et un potentiel retour sur investissement que les spécialistes du secteur situent aux alentours des 25%. Au jeu de la formule hybride, c’est Microsoft et IBM qui sont les plus forts pour l’instant. Mais leurs concurrents n’ont pas dit leur dernier mot.

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