Angela Merkel citée à la présidence de la Commission européenne

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Dans les milieux diplomatiques, la chancelière allemande Angela Merkel, sur le départ, est évoquée, parmi d’autres, à la présidence de la prochaine Commission. Elle rassemblerait sans difficultés les suffrages suffisants au Parlement et au Conseil européen.

Du 23 au 26 mai, plus de trois cents millions d’Européens iront aux urnes. Aucun séisme électoral n’est prévu, mais l’actuelle majorité, entre les démocrates chrétiens (PPE) et les socialistes (S&D), sortira affaiblie des élections. Au point que les libéraux, rejoints par le groupe Renaissance d’Emmanuel Macron, voire les écologistes, seraient nécessaires pour piloter le Parlement européen.

Voilà qui risque de pimenter les prises de décision à venir, l’une des plus importantes à brève échéance étant l’élection du président de la Commission européenne. Le poste le plus élevé de l’Union. Un grand marchandage a commencé autour du poste, lié au choix des présidents du Conseil européen et du Parlement. La règle du jeu est définie par le Traité de Lisbonne. Le Parlement élit le président de la Commission sur proposition du Conseil européen. Les Vingt-huit feront leur choix à la majorité qualifiée lors d’un Conseil européen prévu le 21 juin prochain.

"Le président de la Commission doit être désigné par le Conseil aux deux tiers des voix. Merkel est une des rares personnes en Europe qui peuvent se le permettre."

En 2014, le Conseil avait accepté de choisir parmi les candidats désignés par chaque groupe politique du Parlement européen. C’est le système des "spitzenkandidaten", dont était sorti gagnant Jean-Claude Juncker. Cette fois, la méthode, un accord hors traité conçu pour appliquer un vernis démocratique à la décision, a du plomb dans l’aile. Le champion du PPE, l’Allemand Mandfred Weber (CSU), est un quasi inconnu. Selon un récent sondage, moins de la moitié de ses concitoyens sont au courant de son existence. Il n’a aucun poids politique en Europe.

Du reste, son parti, la CSU bavaroise, n’est pas en odeur de sainteté en Europe. Le vice-président de la Commission, Frans Timmermans, candidat des socialistes, pourrait succéder à Jean-Claude Juncker selon la logique de l’alternance. Mais le Néerlandais, qui devait être l’homme fort de cette Commission, a vécu la législature dans l’ombre du véritable patron de la Commission, Martin Selmayr, le chef de cabinet de Jean-Claude Juncker, nommé l’an dernier secrétaire général de la Commission.

Margrethe Vestager, la commissaire à la Concurrence, est en bonne place. Celle qui servit de modèle à la série danoise "Borgen" affiche le meilleur bulletin du collège des 28 commissaires pour la mise au pas des Gafa. Mais sa désignation coûterait très cher aux libéraux.

Barnier ou Merkel

Dès lors, le choix pourrait se porter sur un candidat extérieur. Le nom de Michel Barnier, le négociateur du Brexit pour l’UE, revient souvent. Poussé par Macron, il a toutes ses chances. Mais un écueil majeur se dresse sur la route du Savoyard. Le Brexit, reporté au 31 octobre, va l’occuper encore un certain temps. Angela Merkel est de plus en plus citée. "Le Président de la Commission doit être désigné par le Conseil aux deux tiers des voix. Merkel est une des rares personnes en Europe qui peuvent se le permettre", explique un diplomate européen.

La chancelière allemande est le seul personnage politique européen capable de s’attirer le soutien d’un nombre de députés et de dirigeants suffisants. Pour assurer qu’un Allemand puisse occuper ce poste, elle pourrait d’ailleurs abandonner la présidence de la BCE au Français  François Villeroy de Galhauau grand dam de l’Allemand Jens Weidmann. Tout le monde pensait qu’elle voulait voir Manfred Weber diriger la prochaine Commission. Est-ce encore d’actualité?

À l’heure où l’Union est affaiblie par le Brexit, l’euroscepticisme et la montée des populismes, le choix d’Angela Merkel serait judicieux. Une présidente de l’envergure d’Angela Merkel renforcerait le poids de l’Europe face aux Etats-Unis, à la Chine et à la Russie. Pour de nombreux observateurs, Angela Merkel pourrait aussi donner une nouvelle dimension au projet européen, en ligne avec la vision ambitieuse du président Macron.

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