Bernard Delvaux: "Que les partis définissent trois thèmes prioritaires et fixent des objectifs à 20 ans"

Bernard Delvaux, CEO de la Sonaca ©Dieter Telemans

Quatre signataires de la carte blanche au monde politique expliquent leur démarche.

Ce weekend dans L'Echo, 23 personnalités ont appelé dans une carte blanche les partis politiques à s'entendre sur une série de thématiques importantes afin de tracer une vision à long-terme pour le pays.

Quatre signataires de ce texte nous précisent ce qu'ils attendent, concrètement:

Bernard Delvaux (Sonaca)

"Quelle est la première action concrète que je suggère? Il faut précisément éviter que des mesurettes contradictoires soient prises à la va-vite, pour être détricotées par la majorité suivante. Notre demande est au contraire de s’inscrire dans une démarche collective sur le long terme. Ma suggestion serait donc que, une fois les nouveaux gouvernements mis en place, les partis politiques – majorité et opposition définissent ensemble les trois thèmes les plus importants à leurs yeux. Ensuite, ils fixent les objectifs à 20 ans. Si l’énergie en fait partie par exemple, quels objectifs veut-on atteindre en matière d’environnement, d’indépendance, de coûts pour le citoyen et l’entreprise. Ensuite, le politique charge un groupe de professionnels non politiques de définir un plan d’actions détaillé à 20 ans pour chacun de ces thèmes, avec plusieurs options possibles. Enfin, sur la base de ces plans, les responsables politiques choisissent parmi les options présentées et s’y tiennent dans la durée."

Luc Bertrand (AvH)

Luc Bertrand, CEO de Ackermans & van Haaren ©BELGAIMAGE

"La politique dans notre pays est fragmentée, ce qui rend la collaboration difficile. Mais on n’a pas d’autre choix que d’élaborer ensemble une vision à long terme. Notre lettre plaide pour un horizon de 10 à 20 ans, mais je serais déjà heureux avec 5 ans. Développer une vision à long terme par-delà la frontière linguistique sera peut-être impossible avant les élections, mais cela doit être possible après."

Eric Mestdagh (Groupe Mestdagh)

Eric Mestdagh, CEO du Groupe Mestdagh ©Anthony Dehez

"L’idée n’est certainement pas de critiquer Pierre, Paul ou Jacques pour ce qu’il fait ou a fait. Notre demande aux politiques est celle de développer une vision prospective. La situation est suffisamment préoccupante pour qu’on essaie de transcender les enjeux stratégiques à long terme. Ce n’est pas en quatre ans qu’on va régler des questions comme la mobilité, le climat ou la qualité de l’enseignement. Peu importe qui sera élu demain, les grands enjeux doivent se voir sur plusieurs législatures, et appellent des objectifs précis, quantifiables et des indicateurs pour mesurer l’évolution."

Bart De Baere (M HKA)

Bart De Baere, CEO de M HKA ©Siska Vandecasteele

"C’est un appel aux politiques pour qu’ils avancent à nouveau un projet d’avenir. Aujourd’hui, il est trop question de mesures et d’actions, bref de management. Le politique devrait arriver à proposer un horizon, car cela fait du bien aux gens."


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