CD&V et cdH se voient en "colonne vertébrale" au fédéral

Maxime Prévot, président du cdH, en compagnie de Charles Michel, le 29 avril dernier lors d'un débat au Cercle de Wallonie organisé par l'UWE. ©Photo News

Les deux partis centristes ont renoué le contact. A côté des familles bleues, vertes et rouges, il y aura l'orange. Qui se voit en pierre angulaire d'une prochaine coalition fédérale.

Les centristes au centre du jeu. C'est l'ambition affichée ce samedi dans les colonnes de La Libre par les deux présidents des partis jadis qualifiés de "sociaux-chrétiens". Dites aujourd'hui "humaniste" pour le cdH. Le CD&V a quant à lui gardé sa référence religieuse. Et après quelques années de tensions latentes, la "famille" semble en passe de renouer les liens. Du moins en affiche-t-elle l'intention.

Dès son arrivée à la tête du cdH, en janvier dernier, Maxime Prévot a "repris contact avec Wouter", explique-t-il. Les deux partis sont en difficulté dans les sondages et l'on comprend que leur volonté de rapprochement est avant tout stratégique. "Oui, nous avons intérêt à unir nos forces pour affronter les défis de demain. Nous partageons souvent les mêmes idées", estime Wouter Beke.

"L'heure est venue de mettre en avant ce qui nous rassemble."
Maxime Prévot
président du cdH

Le cdH n'a pas été le dernier à s'opposer à la politique du gouvernement Michel, dans lequel Benoît Lutgen avait refusé de monter, en 2014, laissant le MR seul parti francophone de cette coalition inédite. "Le cdH n’est évidemment pas en phase avec le bilan du gouvernement sortant. Mais je souhaite travailler avec des partis flamands crédibles, constructifs et respectueux. C’est le cas du CD&V", explique Maxime Prévot, qui reconnaît néanmoins qu'entre les deux partis frères, les divergences de vue subsistent, en matière de santé par exemple. "Le CDH ne peut souscrire au milliard d’économies imposées par Maggie De Block", dit-il.

Wouter Beke, président du CD&V. ©Brecht Van Maele

Mais, "l'important est de voir sur quoi on peut maintenant converger et travailler. Le refinancement de la Justice est un enjeu clé de demain. Également l'accès aux soins de santé, la réforme de la fiscalité en agissant réellement sur les bas salaires, l'allégement des cotisations patronales..."

Et le président du cdH de tendre la main au CD&V: "L'heure est venue de mettre en avant ce qui nous rassemble. Nos deux partis peuvent être demain la colonne vertébrale capable de donner un nouveau souffle à la Belgique." "Il est évident que si les circonstances amènent le CDH à entrer dans le gouvernement fédéral, on préférera y aller avec le CD&V parce qu'on sait qu'on aura déjà un axe robuste", ajoute le président du parti humaniste.

Avec la N-VA? 

Maxime Prévot laisse la porte ouverte à une coalition avec les nationalistes flamands. 

"Est-ce que j’ai envie de travailler avec la N-VA ? Non, trois fois non. Mais je suis quelqu’un de lucide, ce ne sont pas les francophones qui décident à la place des Flamands."
Maxime Prévot
président du cdH

Wouter Beke souligne néanmoins qu'il ne reviendra pas sur les réformes qui ont été menées par le gouvernement sortant. "Elles ont été difficiles à mettre en œuvre, mais elles ont donné des résultats. Elles sont nécessaires pour donner un avenir au pays."

Vers une suédoise bis, augmentée du cdH?

Trop tôt pour le dire. Mais si l'on ajoute à cette interview les propos tenus vendredi par Didier Reynders (MR) dans les médias flamands, c'est un scénario qui vit, on le voit. Ce dernier se déclarait favorable à la reconduite d'une suédoise, à laquelle s'adjoindrait un second parti francophone... le cdH. "Ce fut très difficile d’être le seul parti francophone au gouvernement, ça a créé une impression de 'seuls contre tous'", a notamment reconnu Didier Reynders.

Mais avant de former les coalitions, ce seront aux urnes de parler.

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