Ce que répondent MR, PS, Ecolo, DéFI et cdH à l'appel des patrons

Président du cdH, Maxime Prévot se dit "affligé que notre pays n’ait aucune stratégie à long terme, sur aucune politique". " ©Photo News

Les cinq partis s'accordent à dire que la complexité belge ne peut plus être un obstacle à une stratégie à long terme dans des domaines d'investissement structurants.

Ce samedi dans les colonnes de L’Echo, une série de grands patrons lançaient un appel au monde politique pour rendre une ambition à la Belgique sur le long terme.

"La complexité institutionnelle, les coalitions différentes selon les niveaux de pouvoir et une particratie de plus en plus déconnectée des grands enjeux, enlisent le pays dans l’immobilisme, déplorent les signataires. Ni l’immigration/intégration, ni la mobilité, ni l’énergie, ni les pensions et le vieillissement, ni l’environnement, ni la transition digitale ne disposent d’objectifs clairs (à 10 ou 20 ans) et de plans d’actions détaillés et chiffrés, de nature à tracer la voie pour les législatures qui suivent. Dans chacun des domaines clés, il est indispensable de développer cette vision à 10, 15 ou 20 ans."

→ Voici les réponses que nous ont adressées Ecolo, MR, PS, DéFI et cdH.

 

Le plan à 2030 des verts

Ecolo se dit sur la même longueur d’onde. "C'est un exercice que nous avons d'ailleurs réalisé durant la dernière législature et que nous avons intitulé "BE Invest 2030", explique Gilles Vanden Burre, député vert. Ce plan comprend cinq défis nationaux à relever d'ici 2030: la transition énergétique (30% d'énergie renouvelable d'ici 2030), la mobilité (30% de réduction de temps de trajet pour les navetteurs d'ici 2030), le numérique (atteindre le top 3 européen d'ici 2030), le capital humain (10% du PIB consacré à l'enseignement d'ici 2030), et les investissements publics (à hauteur de 4% du PIB).

"Le contenu de chacun de ces chapitres a été co-construit, discuté et amendé avec des acteurs issus de l'ensemble de la société, allant des partenaires sociaux aux représentants industriels, en passant par les acteurs financiers ainsi que les représentants des mondes culturels et associatifs", ajoute Ecolo.

 

Le MR sur le chemin de la suédoise

Pour le MR, le bilan du gouvernement sortant comme le programme du parti démontrent une "volonté de nous inscrire dans ce temps long réclamé par les signataires". Et de citer la réforme des pensions avec un âge légal reporté à 67 ans à l’horizon 2030.  "Nous souhaitons finaliser ce projet durant la prochaine législature, notamment pour permettre à celles et ceux qui exercent un métier pénible de partir plus tôt à la retraite", ajoute le MR. "Le Plan national pour les investissements stratégiques et le Plan wallon d’investissement, qui se concrétiseront durant les prochaines législatures, constituent d’autres projets s’inscrivant dans cette logique", assurent les bleus.

"Le Pacte pour les Investissements stratégiques, c’est 150 milliards d’euros dont 120 prévus pour accélérer la transition énergétique à travers plusieurs axes: énergie, mobilité, transition numérique… Le plan wallon d’investissement prévoit de mobiliser 330 millions d’euros pour une centaine de projets favorisant le redéploiement économique de la Région." Le MR cite encore le vote, en décembre dernier, d’une résolution "chargeant la Belgique de plaider au niveau européen pour un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 55 % à l’horizon 2030 et de 95 % à l’horizon 2050 par rapport aux émissions de 1990". "Le MR demande donc que le Plan National Énergie Climat 2030 (PNEC) offre une trajectoire et des mesures compatibles avec cet objectif."

 

Le PS recadre les signataires et propose un nouveau plan Marshall

"Le PS partage la volonté d’avoir des objectifs à long terme, par-delà le terme d’une législature. C’était d’ailleurs tout le sens du Plan Marshall, mis en œuvre par le PS en Wallonie, et associant les partenaires sociaux et la société civile. Le gouvernement MR cdH l’a brutalement et inexplicablement interrompu", réplique le PS. Les socialistes déplorent un oubli parmi les constats dressés par la carte blanche: "la profonde dégradation sociale tant en Wallonie qu'à Bruxelles due à la politique du gouvernement fédéral actuel : la pauvreté a crû d'une manière rarement vue, le budget des soins de santé a diminué de plus de deux milliards, la concertation sociale a, dans les faits, été ignorée, contournée, méprisée". Et d’encore citer les moyens réduits de la SNCB et des services publics.

De retour au pouvoir,  le PS "lancera un nouveau programme ambitieux, pour renforcer le dynamisme et le tissu économique de la Wallonie, assure le boulevard de l’Empereur. Ce sera le successeur du Plan Marshall. Un programme basé sur l’excellence et le développement durable, un programme qui encouragera les indépendants et favorisera la création de PME. Un programme qui misera sur l’économie circulaire".

 

DéFI pour une simplification institutionnelle

"Oui, les réformes successives de l’Etat conduisent à une incohérence des politiques et à une perte d’efficacité, répond DéFI qui préconise "une pause de longue durée en matière institutionnelle". "DéFI souhaite mettre à profit ce délai pour évaluer, avec les citoyens, les représentants des différents secteurs d’activité et les universitaires, l’état institutionnel de la Belgique et proposer une simplification des institutions", ajoute Olivier Maingain, président du parti amarante.  

"DéFI est d’accord pour fixer les objectifs à long terme sur lesquels tous les niveaux de pouvoir devraient s’entendre par des pactes de stabilité : transition environnementale, qualité des formations et de l’enseignement, investissements dans des équipements publics (à tout le moins 1 milliard par an, pendant 10 ans, pour la multi-modalité, les transports en commun et les déplacements doux). Il conviendrait de prévoir également  un programme d’investissements  pour les économies d’énergie des bâtiments publics et privés", ajoute-t-il. DéFi exige enfin "que les partis politiques se mettent d’accord sur un plus haut niveau d’exigence éthique de la part des mandataires et que ceux qui ont fauté soient définitivement écartés de toute responsabilité."

 

Le cdH pour une large coalition de projet

Président du cdH, Maxime Prévot se dit "affligé que notre pays n’ait aucune stratégie à long terme, sur aucune politique". "La complexité institutionnelle de notre pays, avec des compétences gérées en partie par le niveau fédéral et en partie par les entités fédérées, y est clairement pour quelque chose, estime-t-il. Cela ne peut pas être une excuse pour ne pas être plus efficace."

Il précise avoir écrit aux autres partis "pour proposer une méthode similaire, qui était surtout centrée sur les enjeux climatiques, mais qui pourrait clairement être élargie aux enjeux économiques et sociaux". Cet " Octopus Climat " propose  "que tous les partis représentés dans les Parlements, qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition, fixent un socle commun d’actions et de réformes ambitieuses en matières climatique et énergétique, indépendamment de la formation des exécutifs, pour apporter une vision à long terme, transversale à tous les niveaux de pouvoir".

"J’ai reçu des réponses positives du PS, du spA et de Groen ", annonce Maxime Prévot. Pour lui, les trois aspects évoqués plus haut " pourraient former les trois socles d’un pacte d’investissement réellement national, qui réunirait les entités fédérées et le fédéral, et qui serait la transposition concrète des objectifs à long terme que nous aurons définis tous ensemble. "


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