L'unique siège francophone au Parlement flamand menacé

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Pour la première fois en 24 ans, les francophones de la périphérie flamande autour de Bruxelles craignent de perdre leur unique représentant au Parlement flamand. La tête de liste de l’Union des francophones (UF) dans le Brabant flamand regrette la présence d’Ecolo sur la liste Groen.

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L'Echo a épluché et comparé pour vous le programme des huit principaux partis francophones pour que vous n'ayez pas à le faire. Voici l'essentiel, en 100 questions.

Y aura-t-il encore un député francophone au Parlement régional flamand après le scrutin du 26 mai 2019? Rien n’est moins certain, si l’on en croit la tête de liste de l’Union des francophones (UF) dans le Brabant flamand. "Le nombre de francophones résidant dans le Brabant flamand est de plus en plus important. Mais la plupart pensent que le siège de l’élu francophone est acquis, que cela ne nécessite plus de mobilisation. Or, on constate un effritement progressif du résultat de la liste UF aux dernières élections régionales", explique Nicolas Kuczynski (MR).

Pour mémoire, on ne compte à l’heure actuelle qu’un seul élu francophone dans l’hémicycle régional flamand, en la personne de Christian Van Eyken (DéFI). Son épouse et lui sont prévenus pour l’assassinat de l’ex-mari de celle-ci et seront jugés à partir du 3 juin prochain par le tribunal correctionnel de Bruxelles. Le parlementaire avait été élu en 2014 sur la liste Union des francophones avec 5,01% des voix. De justesse donc, le seuil électoral étant fixé à 5%.

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Selon Nicolas Kuczynski, la représentation francophone au Parlement francophone revêt toujours une importance cruciale. "Tout d’abord pour avoir un œil de Moscou, relayer ce qui se passe au niveau du Parlement flamand vers les partis pour intervenir le cas échéant. En 2017, nous avons pu obtenir l’annulation devant la Cour constitutionnelle de la politique de subventionnement des communes flamandes pour discriminations injustifiées et entrave à l’autonomie communale au préjudice des communes à facilités de la périphérie bruxelloise. Nous devons également veiller à ce que la Flandre ratifie les conventions internationales."

Au-delà de la protection de la minorité francophone, le libéral ajoute que le rôle de l’Union des francophones touchera aussi l’ensemble des matières régionalisées. "Par exemple, la Flandre n’a rien à envier aux Etats-Unis de Trump, ce qui concerne son niveau d’émission de CO2. Il n’y a aucune ambition au niveau climatique et le rôle de notre liste sera aussi de mettre le curseur là-dessus."

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Dans ce contexte, le conseiller communal de Rhode-Saint-Genèse ne comprend pas pourquoi Ecolo a refusé de rejoindre la liste UF composée d’élus MR, DéFI, PS, cdH et d’indépendants. Au niveau régional, Ecolo se présente sur la liste de Groen qui pourra compter sur Robert De Lille, un candidat de Wezembeek-Oppem. En 2014, Groen a remporté deux sièges sur vingt dans la circonscription du Brabant flamand. "Outre le fait que cela occasionne une dilution des voix francophones, cela nous pose un problème parce que l’on ne peut pas compter sur Groen lorsqu’il y a des mesures attentatoires aux droits des francophones", déclare Nicolas Kuczynski.

"On ne peut pas compter sur Groen lorsqu’il y a des mesures attentoires aux droits des francophones."
Nicolas Kuczynski
Tête de liste UF dans le brabant flamand

"Les verts, pas solidaires"

À titre d’exemple, notre interlocuteur revient sur le récent décret flamand qui oblige les jeunes conducteurs ayant passé leur permis à suivre, dans un délai de 6 à 9 mois, une formation complémentaire pour le valider. "Cette formation n’est organisée qu’en néerlandais même pour les francophones vivant dans une commune à facilités. On n’en entend pas encore beaucoup parler. Mais Groen ne s’y est pas opposé", souligne le libéral qui ajoute que les verts flamands avaient également voté en faveur de la suppression des facilités à Renaix. "On n’entend ni Groen ni Ecolo être solidaires avec les partis francophones pour défendre nos droits", conclut-il.

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