La N-VA et le MR veulent le poste de Premier ministre

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Traditionnellement, une certaine réserve est de mise dans le monde politique sur la candidature à une telle fonction. Le choix appartient selon la Constitution au Roi même si, depuis longtemps, il est d'abord le fruit d'un consensus politique à l'issue du parcours de formation du gouvernement. Mais tant du côté de la N-VA que du MR, on affiche ses ambitions.

Rappelez-vous: la N-VA était le parti le plus important en 2014, mais avait alors laissé les rênes de l'exécutif fédéral au libéral francophone Charles Michel. A l'issue du scrutin du 26 mai prochain, les nationalistes flamands seraient prêts à assumer la charge de Premier ministre, si leur parti est à nouveau le plus grand parti du pays. Le président de la N-VA, Bart De Wever, a d'ailleurs fait de Jan Jambon un candidat déclaré pour ce poste.

"Que la plus grande formation politique prenne la tête du gouvernement est dans la logique des choses. Je pense qu'on peut gérer les affaires de manière encore plus efficace depuis cette place."

"Il y a cinq ans, il était impossible de trouver un soutien en Wallonie pour un gouvernement dirigé par la N-VA. Depuis lors, nous avons toutefois montré que nous sommes de bons et responsables gestionnaires." (Jan Jambon, l'ancien ministre de l'Intérieur, sur Radio 1)

Le fait que son parti ait refusé de prendre le leadership en 2014 était une "faute constructive", a-t-il ajouté. "Je pense que Michel I a montré de quoi le centre-droit est capable, mais nous aurions pu en faire plus. Je reste positif quant à Charles Michel, mais il était toutefois le chef d'un plus petit parti. Les formations plus importantes peuvent être plus fortes", a insisté l'ancien vice-Premier, qui n'entend désormais plus être "un contremaître, mais bien le chef d'équipe" s'il s'assied à nouveau à la table du gouvernement.

En tant que Premier ministre, Jan Jambon affirme qu'il poursuivrait la politique lancée par Michel I, mais de manière "plus forte, plus efficace et plus rapide". Il évoque entre autres la réalisation de l'équilibre budgétaire, la mise en oeuvre de l'intégralité du jobsdeal, avec la dégressivité des allocations de chômage ou encore la baisse des charges sur le travail.

Charles Michel est aussi candidat

Charles Michel est le candidat du MR au poste de Premier ministre, a souligné mercredi le porte-parole du parti pour la campagne électorale, Georges-Louis Bouchez, interrogé sur LN24. Le porte-parole du MR précise d'ailleurs que Willy Borsus est également candidat à sa reconduction à la ministre-présidence du gouvernement wallon tandis que Françoise Schepmans brigue la ministre-présidence bruxelloise. "A un moment donné, tous les partis devraient participer à cette transparence", a ajouté M. Bouchez.

A deux jours d'intervalle, les libéraux francophones et les nationalistes présentent un candidat Premier ministre alors que le scénario d'une reconduction de la coalition suédoise (N-VA, MR, CD&V, Open Vld), éventuellement élargie, prend de la consistance. Interrogé le 5 avril dans la Libre, le vice-premier ministre Open Vld, Alexander De Croo, jugeait ainsi que c'était la "direction" dans laquelle il fallait aller. M. Michel et M. Jambon en ont-ils discuté ensemble lors d'un repas il y a trois semaines auquel le "Soir" a fait écho mardi? Le cabinet du Premier ministre n'a pas fait de commentaire à ce sujet. 

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