Les destins contrastés des vedettes en politique

Michel De Maegd ©Photo News

Michel De Maegd, vedette de RTL-TVI, rejoint la liste de Didier Reynders. D’autres avant lui ont connu des déconvenues après avoir fait le grand saut en politique. Garder la confiance de son parti n’est pas toujours une mince affaire.

Mettre en avant des personnalités publiques en tant que "candidats de la société civile", voilà une manie aussi vieille que la politique. Pouvant s’avérer électoralement payante, elle est pratiquée par les partis à chaque élection. L’opération est win-win: le ou la nouvel (le) arrivé(e) obtient une place qui lui donne les meilleures chances d’être élu(e) et le parti recruteur profite de la notoriété de la personnalité en faisant souffler un vent nouveau sur la campagne. Mercredi, était confirmée l’arrivée de Michel De Maegd sur la liste bruxelloise du MR à la Chambre.

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Jusqu’ici présentateur vedette du JT de RTL-TVI, le journaliste figurera à une belle troisième place sur la liste emmenée par Didier Reynders et dont l’objectif est de maintenir les 4 sièges décrochés en 2014. "Je suis un libéral social, un gauchiste de droite. L’autodétermination dans la vie est quelque chose d’important", a témoigné Michel De Maegd mercredi en dévoilant son attachement à un libéralisme social qui semble s’imposer à nouveau au Mouvement réformateur.

Par ailleurs, son engagement ancien sur les enjeux environnementaux devrait servir un parti qui souffre de la concurrence d’Ecolo au sein de son électorat des classes moyennes et supérieures. Et tant pis pour les autres candidats MR aux places éligibles.

"Je suis un libéral social, un gauchiste de droite."
Michel De maegd
candidat MR

Débauchages à gogo

Cette recrue médiatique est annoncée quelques heures à peine après d’autres débauchages. Le PS vient de mettre la main sur Delphine Chabbert, le visage de la Ligue des familles, pour renforcer sa liste régionale bruxelloise. Le cdH a fait pareil avec Philippe Malherbe, un autre pilier de RTL-TVi, un peu avant DéFI qui a attiré François De Smet, directeur de Myria, centre fédéral pour la migration, sur sa liste fédérale à Bruxelles.

Dans la même veine, Claude Moniquet, "expert" terrorisme habitué des plateaux de RTL, a rejoint Alain Destexhe dans sa dissidence libérale, et Gianni Tabbone, défenseur des usagers des chemins de fer sur navetteurs.be, se présentera sur une liste cdH à Liège. Ecolo enfin, annonce l’arrivée de Maroun Labaki, ex-journaliste au Soir, sur sa liste bruxelloise. Voici pour le mercato qui réservera peut-être encore quelques surprises supplémentaires d’ici la fin du mois et la clôture des listes électorales.

Pouvoir durer

L’enjeu pour tous ces nouveaux politiques sera de durer, c’est-à-dire de maintenir une popularité acquise en dehors de leur parti tout en s’adaptant au monde souvent violent de la politique. La discipline de parti a aussi de quoi refroidir quelques ardeurs et ruiner quelques illusions. Autre danger: être considéré comme le gadget électoral que l’on jette comme un mouchoir en papier une fois l’élection passée.

Florence Reuter ©Belgaimage

D’autres parcours ont de quoi faire réfléchir. Le MR a pour habitude de recruter dans les médias. Surtout chez RTL, il faut le dire. Les ex-présentatrices Frédérique Ries et Florence Reuter ne sont pas les personnalités les plus visibles du MR mais sont parvenues à se maintenir à de beaux niveaux de responsabilités. L’une est députée européenne l’autre est bourgmestre de Waterloo. Le MR conserve également sa confiance en Olivier Maroy au terme du premier mandat de député wallon de l’ancien animateur de débats de la RTBF. Quelqu’un comme Jean-Denis Lejeune maintient un engagement politique au cdH. On peut encore citer Anne Quevrin qui, sans revendiquer les plus hautes places, a fait son nid au sein du cabinet du vice-Premier ministre Didier Reynders.

Marc Wilmots ©Photo News

D’autres destins politiques furent moins heureux. Anne Delvaux (ex-RTBF), députée européenne, a dû changer d’orientation après des difficultés rencontrées avec la direction du cdH. Marc Wilmots laisse incontestablement de meilleurs souvenirs de sa carrière de footballeur et d’entraîneur que de celle de sénateur MR. Que dire de Luc Trullemans dont les dérapages avaient séduit le Parti populaire mais qui ne fut jamais élu. Le passage du reporter ertébéen Jean-Claude Defossé fut aussi douloureux tant la ligne du parti indisposait l’éternel rebelle.

Quelques parcours aux issues pas toujours heureuses
  • Michel De Maegd: Quitte RTL-TVI et vise un poste de député MR.
  • Luc Trullemans: Le Monsieur météo de RTL-TVI ne s’est pas fait élire en 2014 au Parlement européen pour le PP.
  • Anne Delvaux: L’ancienne présentatrice de la RTBF a disparu des radars après un passage au Parlement européen pour le cdH.
  • Olivier Maroy: L’animateur de débat de la RTBF, recruté par le MR, est député wallon.
  • Jean-Denis Lejeune: Le papa de Julie continue de représenter le cdH.
  • Florence Reuter: L’ex-journaliste de RTL est aujourd’hui bourgmestre MR de Waterloo.
  • Anne Quevrin: L’ex-animatrice vedette de RTL-TVI fut candidate MR et travaille toujours comme conseillère au cabinet de Didier Reynders.
  • Marc Wilmots: Elu sénateur MR en 2003, le footballeur n’a pas fait de vieux os en politique. 
  • Jean-Claude Defossé: L’ex-reporter de la RTBF a été un député Ecolo remuant contesté en interne.
  • Frédérique Ries: L’ancienne journaliste vedette de RTL-TVI est bien accrochée à son siège de députée européenne MR.

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