Les petits poucets des élections du 26 mai

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Les partis les plus connus ne sont pas les seuls à concourir pour les élections. L’extrême gauche et l’extrême droite sont également de la fête. À côté de mouvements plus originaux.

On le sent, une part des électeurs est en quête d’alternatives aux partis traditionnels. Pour eux, les petites listes, petits partis et autres groupuscules fleuriront à nouveau sur les bulletins de vote. Petite excursion dans cette galaxie hétéroclite où se croisent, entre autres, les extrêmes.

À droite

La période préélectorale a été marquée par une dissidence du MR. Alain Destexhe, sénateur MR, jugeant son ancien parti trop à gauche, a décidé de voler de ses propres ailes. Ses Listes Destexhe sont présentes dans chaque circonscription (mais pas pour l’élection européenne) et entendent incarner une droite libérale classique inspirée par la N-VA, notamment en ce qui concerne l’immigration, pour entrer en concurrence directe avec le MR. Alain Destexhe emmène avec lui le parti Union belge (BUB) qui présentera des candidats sur ses listes. Ce nouveau mouvement vient bien sûr marcher sur les plates-bandes du Parti populaire de Mischaël Modrikamen qui, lui aussi, concourt pour les élections dans toutes les circonscriptions. Le PP a conclu un regroupement technique avec les Liste Destexhe en Région bruxelloise.

Les Listes Destexhe viennent augmenter l’offre à droite du MR.

Issue d’une dissidence du PP, La Droite citoyenne, se présente dans quelques circonscriptions, avec un message comparable de fermeté dans le dossier migratoire. Libéral, le mouvement Turquoise l’est également en se positionnant principalement pour "une réduction substantielle des impôts compensée par une diminution du rôle et des interventions des pouvoirs publics et la mise en place d’un plafond fiscal à 50%". Il n’est présent qu’en Brabant wallon.

Passons maintenant à l’extrême droite avec Agir, émanation du Front national Belge de Daniel Ferêt, bien qu’ayant un discours plus lisse sur la migration. Agir est présent à Namur et dans le Hainaut pour les élections fédérales et dans plusieurs circonscriptions wallonnes pour les régionales. Nation est, quant à elle, une organisation "identitaire" qui s’oppose à "la politique d’immigration massive menée sciemment par nos élus de gauche comme de droite et soutenue par les oligarques financiers" et présente 9 listes. Relevons encore la présence des listes Les Belges d’abord, un mouvement issu de l’extrême droite régionaliste wallonne, elle-même issue du FN.

À gauche

La Wallonie insoumise a été fondée dans le sillage de l’émergence de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Ce mouvement affiche une position régionaliste affirmée prônant une nouvelle réforme de l’État, donnant un pouvoir fiscal complet à la Région wallonne, par exemple. Il présente des listes à Liège et dans le Brabant wallon.

Le Parti communiste de Belgique présente, lui aussi, des candidats propres pour le Hainaut à la Chambre mais a conclu des accords avec le PTB dans d’autres circonscriptions (en provinces de Liège et du Hainaut). Les trotskistes de Lutte ouvrière sont également partie prenante mais sur une seule liste, celle du Hainaut pour la Chambre. À signaler encore, le mouvement écosocialiste Demain, issu de la fusion du Mouvement de gauche et de Vega, respectivement nés des anciens mandataires écolo Bernard Westphaele et Vincent Decroly. Demain présente une liste dans la circonscription de La Louvière Soignies pour le Parlement wallon.

Les autres

Il y a les petits partis, mais aussi ceux que l’on pourrait qualifier de "micro partis". Souvent inclassables, parfois farfelus, ou clairement orientés, ils n’ont d’autre ambition que de secouer le monde politique. Parmi eux, on retrouve notamment, DierAnimal, qui aligne 31 candidats en Wallonie et à Bruxelles. Sa ligne: défendre la voix des… animaux, et replacer l’être vivant au centre du jeu en faisant valoir ses "droits naturels".

Deux autres partis n’alignent qu’un candidat: Be@eu, à Bruxelles (Philippe Latteur, un MR) et (Humanité-Égalité), d’Isabelle Praille, belge convertie à l’islam et ex-présidente de l’exécutif des musulmans. Aux côtés de cette dernière, on retrouve aussi, à Bruxelles, deux autres partis "musulmans": Act-Salem, fondé par un autre belge converti à l’islam (Michel Dardenne) et prônant la liberté de culte pour tous, et Be.One, fondé par Abou Jahjah, également fondateur de la Ligue arabe européenne, un mouvement inspiré du mouvement américain Black Power des années 60.

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