Voici à quoi ressemblerait le nouveau Parlement européen avec les Britanniques

L'hémicycle de Strasbourg, le 12 février. ©Bloomberg

Si les Britanniques participent bien aux élections européennes de mai, le Parlement verra le groupe eurosceptique nettement renforcé dans une assemblée toujours fragmentée. Les dernières projections voient un tassement de la plupart des groupes au profit des anti-européens.

Le Parlement européen publie une nouvelle projection de ce à quoi pourrait ressembler l'hémicycle après les élections de mai : une assemblée plus éclatée, où l'extrême-droite et les eurosceptiques montent au détriment des grands groupes traditionnels. La projection n'est pas seulement une mise à jour des précédentes compilations de sondages puisqu'elle intègre pour la première fois les sondages britanniques, alors que le Royaume-Uni pourrait participer au scrutin.

Nigel Farage. ©AFP

Par rapport aux précédentes projections, cette donne nouvelle n'aurait pas d'incidence sur l'ordre d'importance des groupes politiques. Mais la dernière photographie de l'opinion, publiée en collaboration avec Kantar Public, annonce un tassement quasi généralisé des groupes politiques au profit de la formation eurosceptique de Nigel Farage.

Avec la prise en compte des élus britanniques, la nouvelle projection dope les sièges du parti anti-européen EFDD (+10 par rapport au dernier sondage, +4 par rapport aux dernières élections). Le groupe national-conservateur dont font partie les Tories (ECR) reculerait de 7 sièges par rapport à la dernière projection, pour devenir le 4e groupe de l'assemblée alors qu'il est aujourd'hui le 3e.

"Peut-être que la seule chose qui peut nous sauver c'est Nigel Farage", avait lancé mardi le chef de groupe libéral Guy Verhofstadt, relais du Parlement pour les négociations sur le Brexit, estimant que le revers électoral annoncé pour les Tories devrait les forcer à conclure un accord sur le Brexit avec d'autres partis pour éviter à tout prix d'avoir à participer au scrutin européen. 

Pas de vague verte, poussée de l'extrême-droite

Par rapport à la projection précédente publiée fin mars, Les sociaux-démocrates (S&D) reculent également de 7 sièges, les libéraux (ALDE) reculent de 3 sièges et les chrétiens-démocrates (PPE) de 2. Dans l'hémicycle européen, point de vague verte: les intentions de vote pour les écologistes restent inchangées, avec un gain de 5 sièges par rapport aux dernières élections.

Élections 2019

Le 26 mai, la Belgique se rend aux urnes pour renouveller les parlements régionaux, fédéraux et européens. Comment va se dérouler le duel PS / N-VA? Les écologistes vont-ils intégrer le gouvernement bruxellois? Les europhobes feront-ils une poussée au Parlement européen? Notre dossier >

En regard des résultats des dernières élections, c'est le groupe d'extrême-droite ENF qui réaliserait la plus grande percée (+25 sièges), pour l’instant devant le groupe libéral: ce dernier gagne 8 sièges, mais la projection ne tient pas compte de l’arrivée annoncée de 21 députés français de La République en Marche, qui pourraient former un groupe avec les libéraux.

Les deux grands groupes politiques perdraient la majorité historique qui leur a permis jusqu'ici de piloter l'assemblée de concert. Le PPE et le S&D perdraient chacun 37 sièges, passant à avec 180 élus pour le PPE et 149 pour le S&D, dans un Parlement qui compterait toujours 751 sièges si les Britanniques participent au scrutin.

Pas de changement pour les Belges

Alors que la présence ou l'absence des Britanniques au Parlement européen n'a pas d'impact sur le nombre de sièges réservés à la Belgique, la projection belge reste inchangée.

Côté francophone, le PTB entrerait dans l'hémicycle avec un siège, le CDH garderait son siège, les écologistes auraient deux députés (+1), le PS et le MR tomberaient tous deux à deux sièges (-1).

En Flandre, Groen passerait à deux sièges (+1), comme l'Open VLD (-1), tandis que les autres partis maintiendraient leur représentation : 4 sièges pour la N-VA, 2 pour le CD&V, 1 pour le SP.A et 1 pour le Vlaams Belang. Manque un siège pour arriver aux 21 élus belges : celui de la communauté germanophone qui devrait revenir aux démocrates-chrétiens.

Lire également

Publicité
Publicité