3 candidats et 1 joker pour succéder à Juncker

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Qui pour succéder à Jean-Claude Juncker, à la tête de la Commission? Trois candidats sont sortis du bois. Un quatrième pourrait les rejoindre. La recomposition politique au niveau du Parlement européen sera déterminante pour voir qui l'emportera.

Le nouveau paysage politique européen est fort  fragmenté. Cela va rendre la recherche de compromis plus complexe. La course à la succession de Jean-Claude Juncker (PPE) à la présidence de la Commission européenne va fournir un premier test. En effet, si le nom d'un candidat à la présidence de l'exécutif européen doit être décidé entre chefs d'Etat et de gouvernement des 28 (lors d'un sommet les 20-21 juin), il doit ensuite obtenir une majorité, soit 376 voix, auprès des eurodéputés pour être élu. Ce vote est prévu au cours de la deuxième session du Parlement à la mi-juillet. Après la recomposition du Parlement, une entente entre au moins trois groupes sera nécessaire.

Trois prétendants sont entrés en lice dimanche pour succéder à Jean-Claude Juncker. Une entente semble se dessiner pour tenter de barrer la route au chef de file de la droite et empêcher l'irruption d'un non-candidat.

Qui se profile? L'Allemand Manfred Weber, le Néerlandais Frans Timmermans et la Danoise Margrethe Vestager sont les chefs de file des trois grands groupes du nouveau Parlement issu des élections et, à ce titre, ils peuvent briguer la présidence du nouvel exécutif européen. Le Français Michel Barnier n'est pas candidat mais pourrait être mis en avant par les chefs d'Etats via le Conseil européen.

Manfred Weber

Le PPE a déjà revendiqué la présidence de la Commission européenne pour son chef de file, l'Allemand Manfred Weber. Celui-ci part favori mais... ©EPA

Agé de 46 ans, il se considère comme le favori, car le Parti populaire européen (PPE, droite) est resté la première force au Parlement à l'issue des Européennes malgré la perte d'une trentaine de sièges. Originaire de Bavière et ingénieur de formation, Manfred Weber est à la tête du groupe parlementaire du PPE depuis 2014.

Mais il n'est pas membre du club des anciens dirigeants européens. Pire, il n'a jamais occupé de poste ministériel. Inconnu des Européens et de plus de la moitié des Allemands, il représente la très impopulaire CSU bavaroise, l’aile dure de la droite chrétienne allemande. Certains dirigeants comme le Premier ministre grec Alexis Tsipras, voteront contre lui. 

Frans Timmermans

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Le Néerlandais de 58 ans se pose en espoir de la gauche. Candidat de la famille socialiste européenne, il pourrait contrer les ambitions de Manfred Weber, mais il lui faudrait trouver le soutien d'une coalition constituée sans la droite. Ancien ministre des affaires étrangères, il est premier vice-président de la Commission européenne depuis 2014. Dans cette fonction, il est responsable des procédures de sanctions engagées contre la Pologne et la Hongrie pour les violation de l'Etat de droit, ce qui lui vaut de sérieuses inimitiés dans les Etats membres.

Margrethe Vestager

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C'est la dame de fer des libéraux. Membre de l'Alliance des Libéraux, la Danoise de 51 ans est la troisième prétendante. Elle s’est fait remarquer comme commissaire à la Concurrence en mettant au pas les géants du net. Son éthique et sa poigne en imposent. Originaire d'un petit pays, appréciée par Angela Merkel, elle pourrait coiffer ses deux rivaux par élimination ou grâce à une entente avec Frans Timmermans pour évincer Manfred Weber.

Michel Barnier

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Le Français n'est pas officiellement candidat. Mais "en ne se portant pas candidat, Michel Barnier est resté au-dessus de la mêlée", nous expliquait récemment Benjamin Bodson, expert en affaires européennes à l’Institut Egmont. A 68 ans, Barnier rêve de jouer ce rôle. Il n'est pas entré dans la course pour ne pas interférer avec son mandat de négociateur du Brexit.

Membre du PPE, deux fois commissaire européen, ancien chef de la diplomatie et plusieurs fois ministre en France, il a obtenu une place au Conseil des chefs d'Etat et de gouvernement dont il est l'interlocuteur pour la sortie du Royaume-Uni de l'UE. Le principal blocage à sa nomination viendra du Parlement européen. "Le PPE ne soutiendra pas un candidat qui ne s'est pas présenté avant le scrutin", a averti Manfred Weber.

Les chefs d'Etat et de gouvernement se retrouvent dès ce mardi pour un sommet afin d'échanger sur les prochaines nominations.

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