Ecole, culture, participation citoyenne: les 14 mesures du PS et d'Ecolo pour la Fédération Wallonie-Bruxelles

Si les CEB devra être maintenu, l’épreuve externe certificative qui le délivre devra, elle, être supprimée à en croire le PS et Ecolo. ©IMAGEGLOBE

Les négociateurs du PS et d’Ecolo ont dressé une liste de mesures appelées à former le prochain projet gouvernemental en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils en discuteront dès jeudi avec des représentants de la société civile.

Les négociateurs du PS et d’Ecolo ont finalisé mardi soir un embryon de projet gouvernemental en Fédération Wallonie-Bruxelles et en Région wallonne. Du côté de la Région wallonne, les lignes directrices de la déclaration de politiques gouvernementales sont regroupées autour de 20 axes. Quand, du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ils sont au nombre de 14. Avec, évidemment, l’enseignement comme pièce de résistance. Là, PS et Ecolo avancent de nombreux chantiers. Certains permettent de capitaliser sur ce qui a déjà été fait, d’autres représentent une rupture.

Les deux textes vont être discutés dès jeudi avec la centaine d’organisations de la société civile.

Enseignement

Tout d’abord, il y a l’implémentation progressive du nouveau tronc commun – censé fournir des savoirs et des connaissances dont la maîtrise est jugée indispensable dans la société du 21e siècle – jusqu’à la troisième secondaire, couplée au renforcement de l’apprentissage des langues. Le discours est connu.

Ensuite, et là où les deux formations vont plus loin, c’est, par exemple, sur le CEB qui devra être maintenu, mais dont l’épreuve externe certificative devra être supprimée, selon elles. Ou en soutenant la création d’écoles bilingues notamment, créneau jusqu’ici bien occupé par le privé.

Un effort à mener qui passera aussi de manière générale par la réduction de la taille de certaines classes, une réforme des centres psycho-médico-sociaux (PMS), l’amplification des repas gratuits chauds le midi, le renforcement des mesures en matière de gratuité scolaire, l’intégration de deux périodes d’accompagnement personnalisé dans la grille horaire hebdomadaire des élèves, la proposition d’une heure d’étude dirigée gratuite ou, enfin, par le soutien aux écoles de devoir et une modernisation des équipements.

Tout ceci en maintenant une consultation et un dialogue avec le monde de l’enseignement – avec lequel un programme de lutte contre la pénurie d’enseignants sera mis sur pied. De même qu’en améliorant le décret inscription, "afin notamment de renforcer sa compréhension par les parents, la transparence du processus et la prise en compte des réalités de chaque bassin scolaire et la mixité dans les écoles".

Dans le supérieur

Côté supérieur, PS et Ecolo entendent élargir le nombre de bénéficiaires des droits d’inscription réduits et poursuivre le gel du minerval, encadrer le coût des supports de cours, renforcer l’accès au logement étudiant et refinancer le budget des allocations d’études. Avec un évident coût à la clé. A cette fin, les deux formations proposent de mettre progressivement un refinancement en route. Tout en ne cédant par pour autant, de par les nombreux échecs, sur la question des sélections à l’entrée des études notamment ou des priorités quant à un renforcement de l’offre d’enseignement en seuls territoires déjà bien fournis et non "lacunaires".

De même, pour ce qui est de la recherche, le futur exécutif souhaite notamment garantir le libre accès aux résultats ayant bénéficié d’un financement public, harmoniser le statut de chercheur, augmenter le pourcentage de PIB consacré à la recherche de même que mieux en répartir l’équilibre de financement en fonction des filières.

Un plan "pépites" et "grand talents"

Puis, vient alors la culture. Si les questions d’accès et de participation seront au centre du projet mis sur la table, travail de longue haleine depuis quelques années déjà, l’on notera toutefois des éléments plus saillants dans la déclaration de politique gouvernementale, à savoir: le renforcement de l’emploi dans le secteur artistique. Cela passera par la définition d’une obligation minimale de maintien de création d’emplois artistiques dans les aides et subventions. Un cadastre de la profession en Fédération sera également à la clé, ou bien encore un plan dual "pépites" et "grands talents" destiné à soutenir la diffusion du savoir-faire belge francophone dans le monde.

Suivront aussi une réorganisation du financement de la culture pour "diminuer la charge administrative qui pèse sur les artistes et les opérateurs culturels" et la création d’un organe de concertation en matière de politique culturelle. Est encore prévue encore une réforme de le gouvernance des institutions culturelles pour y "accroître la place des métiers artistiques et favoriser une gestion collaborative." Avec aussi, car il faut bien trouver le cash quelque part, la défense auprès des autres niveaux de pouvoir de l’affection de la taxation des géants du numérique aux politiques culturelles.

Participation citoyenne

Tout ceci avec un fil rouge clair: une densification de l’interaction avec la société civile durant toute la législature, à partir de dispositifs participatifs spécifiques. Il s'agira de faire état, une fois par an, de la situation de la fédération devant le Parlement avec participation de la société civile. Il en va aussi de l’organisation de consultations populaires, de la mise en œuvre d’un droit d’initiative législative citoyen, de l’intégration du droit de pétition, ou bien de la mise sur pieds de commissions mixtes permanentes au Parlement comptant sur des citoyens tirés au sort.

Ce qui permettra de prendre en compte les axes restants que sont la transition énergétique, l’enseignement de promotion sociale, la lutte contre l’exclusion, l’égalité des droits, le sport – avec l’idée d’un "statut social digne" pour sportifs de haut niveau –, les médias, la transparence et la gouvernance, aussi repris dans la déclaration de politique gouvernementale. De même que les questions européennes et internationales avec notamment le soutien de la création d’une banque du climat à même de financer les investissements nécessaires à la transition. On parle ici aussi d'une "rupture avec les normes budgétaires classiques actuelles pour permettre de comptabiliser ces investissements hors solde budgétaire", la convergence fiscale, la neutralité carbone, la mise en place d’une taxation du kérosène ou bien la relance des trains de nuit.

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