En Wallonie, PS et Ecolo font les yeux doux aux 10 députés du cdH

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Après l’exit du cdH et l’auto-exclusion du PTB, les scénarios en vue de former une majorité diminuent.

Après la tempête communiste de mardi, la fin de semaine s’annonce plus calme sur le front wallon. Le tandem socialiste Elio Di Rupo-Paul Magnette, qui mène les discussions, s’est accordé une pause de quelques jours – le temps d’un Doudou – pour décanter la situation politique, qui est loin d’être simple.

Après l’exit du cdH et l’auto-exclusion du PTB, les scénarios en vue de former une majorité diminuent. "Cela mérite un temps d’arrêt. Les gens ne comprennent pas les attitudes du PTB et du cdH. Le PTB a rendu le MR incontournable alors qu’il le déteste. Et le cdH, qui a voulu une rupture avec le PS il y a 20 mois en retirant la prise du gouvernement wallon, fait en sorte que le PS est incontournable", souligne un proche des négociations.

Le scénario le plus facile sur le plan numérique est la bipartite PS-MR. Mais du côté des militants socialistes, l’éventualité de voir leur parti s’allier aux libéraux est imbuvable.

Un rapide tour des forces politiques encore en présence montre toute la difficulté de l’équation en vue de trouver une coalition. Le scénario le plus facile sur le plan numérique est la bipartite PS-MR. Mais du côté des militants socialistes, l’éventualité de voir leur parti s’allier aux libéraux est imbuvable. Un moindre mal serait donc de former un trio PS-MR avec l’appoint d’Ecolo. À première vue, la formule est peu séduisante pour Ecolo, qui n’entend pas être la cinquième roue du carrosse.

Chez les verts, on ne désespère pas non plus de mettre le MR hors-jeu. C’est ainsi que se (re)dessine la troisième voie: un gouvernement minoritaire PS-Ecolo. La formule a été proposée au PTB par Paul Magnette. L’idée? Former un gouvernement PS-Ecolo avec le soutien des députés communistes depuis les bancs du Parlement. Le niet du PTB ne rend pas la formule définitivement impossible. Depuis mercredi, des cadres du PS et d’Ecolo continuent à pousser cette troisième voie. "C’est inédit en Wallonie mais pas tellement en Europe. Il faut être inventif quand 2 partis sur les 5 formations politiques présentes au Parlement disent ne pas vouloir jouer", avance un Ecolo.

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La formule d’une coalition minoritaire PS-MR oblige les deux partis à trouver des alliés au sein du Parlement. "Il est évidemment hors de question d’y aller les yeux fermés. Il faudrait sceller un accord avec une série de députés pour soutenir ensemble des décrets tout au long de la législature", lance un acteur. Chez les verts, les regards se tournent désormais vers le cdH, qui dispose de 10 sièges au Parlement wallon.

"Au sein du cdH, certains députés sont proches du mouvement e-change, qui prône un changement dans la politique. Ce serait le moment d’y aller", lance un cadre Ecolo. Un autre s’interroge: "Est-ce que les 2x10 élus PTB-cdH sont OK pour un gouvernement PS-MR?" Tous les regards se tournent donc vers le cdH, et attendent une éventuelle ouverture.

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