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L'heure du test pour le PS et le PTB

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Les consultations se poursuivent ce mardi entre les deux partis pour la formation du gouvernement wallon.

Des négociations sérieuses sont-elles possibles et/ou souhaitables avec le Parti du travail de Belgique? C’est la question qui se pose aux protagonistes de la préformation, toujours en cours, du prochain gouvernement wallon. On le rappelle, c’est le PS, premier parti, qui mène les consultations.

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Elio Di Rupo et Paul Magnette ont donné rendez-vous au PTB ce mardi à 11h, pour une heure de discussion. C’est la nouvelle étape du deuxième tour de consultations qui se déroulera cette fois sans le cdH, qui a opté pour l’opposition. Le PS a déjà vu le MR pour la deuxième fois la semaine dernière.

Le jour et l’horaire choisi interpellent toutefois du côté du PTB car il place l’entrevue juste avant les prestations de serment dans les assemblées régionales prévues mardi après-midi. Le créneau paraît inconfortable, voire un peu court. Par ailleurs, le PTB s’attendait plutôt à rencontrer le PS ce mercredi, suite à la communication des formateurs et l’ordre de passage adopté pour le premier tour de discussions.

Ce mercredi, ce sera pourtant Ecolo qui sera attendu avec une synthèse chiffrée de leurs demandes programmatiques.

 

Pression à gauche

Le retrait du cdH met le Parti socialiste dans l’embarras. La gauche syndicale pousse à gauche.

Pour le PTB, ce "switch", est perçu comme un nouveau signal négatif par rapport à une réelle intention des socialistes d’entamer des négociations avec lui. Le PTB n’ignore en rien le caractère intégré de la phase de discussion entre les niveaux fédéral et régional. Il a été écarté sans le moindre contact par les deux informateurs royaux, Didier Reynders et Johan Vande Lanotte alors que l’imbroglio fédéral, qui implique quasiment de facto une collaboration PS-MR, pousse pour une cohérence maximale entre les niveaux de pouvoir. 

On l’a dit, le retrait du cdH a mis par le fond tout projet d’olivier (PS-Ecolo-cdH) en Wallonie, laissant un dilemme au Parti socialiste, qui souhaite une coalition "la plus progressiste possible". Il lui reste en effet deux grandes options: un PS-MR éventuellement élargi à Ecolo, qui ne serait alors pas numériquement indispensable, et la coalition appelée de ses vœux par la FGTB et qui associe PS à Ecolo et au PTB. Côté syndical, la pression continue de s’exercer sur le PS.

En interne, la FGTB digère mal la perspective de retrouver le MR au gouvernement wallon, alors que le gouvernement régional MR-cdH sortant a pris des décisions jugées imbuvables jusqu’au bout de la législature et que les militants se battent depuis 5 ans contre la politique menée par Charles Michel au Fédéral. Cette pression s’exerce également sur le PTB, qui n’est pas parvenu à s’entendre avec le PS au lendemain des communales, notamment à la ville de Liège, où une coalition PS-MR a fini par s’imposer.

Dans ce contexte, PS et PTB ont un intérêt commun à entamer des négociations poussées. Un échec aidant à bien faire comprendre à leurs bases que l’entente est impossible. D’autant que chez Ecolo, on ne sent pas non plus un enthousiasme débordant à l’idée de gouverner avec l’extrême gauche. Jean-Marc Nollet, lors du débat organisé par L’Echo le 3 avril n’avait-il pas dit à Bart De Wever être "vacciné" contre le communisme?

Le duel De Wever / Nollet en 4 minutes

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