Le PS annule ses duels électoraux avec la N-VA

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L’Echo et De Tijd avaient invité Paul Magnette et Bart De Wever à débattre le 3 avril. Le PS se rétracte refusant de s’enfermer dans un débat strictement communautaire. La N-VA y voit surtout "un signe de faiblesse". C'est finalement Jean-Marc Nollet, le coprésident d'Ecolo, qui frottera le projet politique des verts à celui des nationalistes flamands.

L’événement devait être l’un des rendez-vous les plus intéressants de cette campagne électorale. Le 3 avril, les quotidiens L’Echo et De Tijd avaient prévu d’animer un débat entre Bart De Wever et Paul Magnette. L’exercice avait été organisé avec succès en 2014, on se réjouissait donc de cette nouvelle joute N-VA/PS après cinq ans de pouvoir pour l’une et d’opposition fédérale pour l’autre. Ce ne sera finalement pas possible. Le Parti socialiste, qui avait communiqué son accord il y a un mois à peine, a en effet décidé d’annuler l’ensemble de ses duels prévus avec la N-VA. RTL et la VTM étaient en train d’organiser un débat entre Elio Di Rupo et Bart De Wever, la nouvelle chaîne d’info LN24 souhaitait opposer Theo Francken à un poids lourd du PS. Aucun de ces rendez-vous ne pourra donc avoir lieu.

"Nous n’avons pas envie de débattre avec la N-VA pour centrer la campagne sur le communautaire et l’institutionnel alors que les enjeux sont tout autres."
Paul Magnette
Tête de liste PS à l'Europe

"Le contexte a changé, explique à L’Echo un Paul Magnette qui avait pourtant appelé à la confrontation directe avec la N-VA. En 2014, la N-VA était le challenger qui venait avec son projet confédéral, il y avait une nécessité de lui opposer une voix francophone. Aujourd’hui, nous n’avons pas envie de débattre avec la N-VA pour centrer la campagne sur le communautaire et l’institutionnel alors que les enjeux sont tout autres. Nous voulons parler du modèle social et climatique, de notre programme."

ECOLO FACE À LA N-VA

Le PS jette l'éponge? Ecolo n'en demandait pas tant. Jean-Marc Nollet, son coprésident, et Bart De Wever, président de la N-VA, s'affronteront pour les lecteurs de L'Echo et du Tijd le 3 avril prochain.

La N-VA demeure, selon les sondages, le plus grand parti de Flandre. Si son poids reste inchangé au lendemain des élections, elle aura l'initiative pour entamer les négociations gouvernementales. Mais Ecolo/Groen se présente en challenger. Selon le dernier sondage Ipsos réalisé pour Le Soir-RTL-TVI-VTM-Het Laatste Nieuws, les écologistes (Ecolo + Groen) pesaient mi-février, en intentions de vote, 29 sièges à la Chambre, faisant des verts la 1ère famille politique de Belgique devant la... N-VA (28).

Idéologiquement, tout oppose les deux partis. Leurs réponses aux enjeux de notre temps divergent totalement. Nollet et De Wever s'affronteront pendant 1h30. Plus d'infos à venir dans le journal et notre site internet sur les modalités d'inscription à ce débat.

"Un manque de courage", selon Bart De Wever

"Il faut avoir peu de courage pour d’abord exiger avec bravoure l’organisation de tels débats pour finalement faire marche arrière à la simple vue du podium. C’est un signe de faiblesse."
Bart De Wever
président de la N-VA

Paul Magnette, tête de liste PS à l’Europe et bourgmestre de Charleroi, évoque aussi les sorties des derniers mois de Theo Francken: "On ne sait plus très bien quelle est la différence entre le Vlaams Belang et la N-VA. Je n’ai jamais eu peur d’affronter Bart De Wever en débat, je l’ai déjà fait chez vous et à la télévision, ajoute-t-il. On peut parfaitement faire le bilan du gouvernement, parler de l’ambiguïté de la N-VA sur l’Europe ou sur son conservatisme sur les matières environnementales, mais on sait bien comment tout cela peut être réduit, on n’a pas envie que la discussion se limite à l’enjeu communautaire."

Interrogée par L’Echo, la N-VA ne rate évidemment pas l’occasion d’égratigner son opposant préféré. "Il faut avoir peu de courage pour d’abord exiger avec bravoure l’organisation de tels débats c’est notamment le cas de Paul Magnette pour finalement faire marche arrière à la simple vue du podium. C’est un signe de faiblesse", s’étonne Bart De Wever, président du parti nationaliste. La présidence du PS précise que ce sont bien les duels qui seront annulés et non les débats avec la N-VA si d’autres partis sont représentés.

 

Au PS, on confirme un revirement purement stratégique. Début de semaine dernière, le CD&V coupait l’herbe sous le pied de la N-VA en n’appelant de ses vœux une septième réforme de l’Etat qu’en 2024. Pour les socio-chrétiens flamands, la législature qui débutera en mai prochain doit permettre à chaque communauté d’affiner ses demandes institutionnelles chacune de leur côté, le temps pour les institutions belges de digérer la sixième réforme de l’Etat négociée dans la douleur en 2010 et 2011. A l’inverse, la N-VA tente d’imposer son confédéralisme dans la campagne et souhaite le mettre en œuvre à partir de 2019.

Ceci posé, il apparaît de plus en plus improbable qu’une liste d’articles à réviser de la Constitution trouve une majorité à la Chambre avant les élections. "De toute façon, les électeurs flamands ne votent pas pour le PS, commente un socialiste. Nous avons décidé d’axer notre programme sur le pouvoir d’achat et la défense du modèle social, nous n’avons aucun intérêt à donner de l’importance à la N-VA." Au risque de perdre ce statut de meilleur ennemi qui avait pourtant, en son temps, profité au PS.

"Nous voulons avant tout parler du modèle social et climatique."
Paul Magnette
Tête de liste PS à l’Europe

En 2014, L'Echo et De Tijd avaient déjà organisé un duel entre Paul Magnette (PS) et Bart De Wever (N-VA). ©BELGA

 

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