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Le casting bruxellois comporte encore plusieurs inconnues

©Photo News

Qui héritera d’un poste de ministre à Bruxelles? Les supputations vont bon train. Chez les socialistes, certains voudraient écarter Fadila Laanan au profit de Caroline Désir.

En Région bruxelloise, le black-out autour des négociations est total. S’il avait été question, en début de semaine dernière, d’un accord engrangé sur le volet mobilité et de discussions sur les thèmes de l’économie et de l’emploi, on ne sait désormais même plus quels sont les sujets mis sur la table. Comme le disait jeudi dernier la présidente de la fédération bruxelloise du PS, Laurette Onkelinx, à l’agence Belga, les négociateurs ont décidé de se mettre un sparadrap sur la bouche.

C'est finalement le signe que les discussions se déroulent bien, les indiscrétions dans la presse étant souvent révélatrices de blocages. Pour s’en tenir au délai fixé, à savoir un accord de majorité au 21 juillet, les représentants du futur exécutif PS-Ecolo-DéFI-Groen-Open Vld-one.brussels devront mettre les bouchées doubles cette semaine. Une fois l’accord conclu sur le programme, il restera à répartir les compétences et désigner les personnalités. Et le flou règne sur le futur casting.

Exit Fadila Laanan?

Avec Caroline Désir, la stratégie consisterait à soutenir un visage du sud de Bruxelles.

Sauf retournement de situation, la ministre-présidence restera dans les mains du premier parti, à savoir le PS, et donc de Rudi Vervoort qui se succède à lui-même. Mais les socialistes hériteront aussi d’un secrétariat d’État pour lequel la situation est moins limpide. En toute logique, c’est Fadila Laanan, 3e sur la liste, qui devrait rempiler. Mais selon une source proche des négociations, sa candidature serait désormais contestée en raison notamment des problèmes de gestion au sein de l’agence Bruxelles-Propreté. Pour d’autres, c’est un prétexte pour tenter d’écarter une personnalité qui n’est pas soutenue par Laurette Onkelinx. En 2014 déjà, Fadila Laanan avait été imposée par le président Elio Di Rupo.

La seule certitude à ce stade c’est que l’équilibre homme-femme sera respecté au sein du tandem socialiste. Outre le nom de Fadila Laanan circulent ceux de Delphine Chabbert et Caroline Désir. Concernant cette dernière, élue à la Chambre, la stratégie consisterait à lancer un nouveau visage au sein du gouvernement. Qui plus est, une personnalité du sud de Bruxelles où le PS est désormais en difficulté. À l’inverse, les communes du nord-ouest qui ont permis au PS de rester n°1 pourraient se sentir oubliées…

Du côté d'Ecolo et de DéFI

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Les écologistes peuvent aussi compter sur deux postes ministériels. Tête de liste, Alain Maron semble certain de décrocher un poste. Plusieurs noms circulent pour le second. Barbara Trachte et Zoé Genot réalisent les meilleurs scores chez les écologistes mais la première ne serait pas dans les bonnes grâces de la tête du parti tandis que la seconde est pénalisée par le tract polémique sur les cultes.

Chez DéFI, Bernard Clerfayt s’implique dans les négociations et donne l’impression à ses troupes qu’il souhaite monter dans le futur attelage. Le bourgmestre schaerbeekois pourrait cependant renoncer à son poste de ministre en fonction des compétences dont il hérite. Les amarantes voudraient conserver l’économie et l’emploi, mais ce portefeuille intéresse aussi les verts. Pour le remplacer, on cite Cécile Jodogne et Joëlle Maison, dans un mouchoir de poche.

Enfin, trois postes exécutifs sont réservés aux néerlandophones. Groen étant arrivé premier, Elke Van den Brandt sera ministre et porte-voix néerlandophone. Côté Open Vld, le ministre sortant Guy Vanhengel, sorti fragilisé du scrutin, pourrait laisser sa place à mi-parcours à Sven Gatz. S’il passe la main dès l’entame de la nouvelle législature, on nous souffle qu’il pourrait se consoler avec la vice-présidence du Parlement. Enfin, Pascal Smet (one.brussels-sp.a) devrait rester au gouvernement, malgré sa rétrogradation de ministre à secrétaire d’État.

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