A la N-VA, certains veulent "mouiller" le Vlaams Belang

Theo Francken. ©Photo News

Theo Francken et Jean-Marie Dedecker ont estimé ce week-end qu'il fallait associer le parti d'extrême droite au pouvoir en Flandre, histoire de le "mettre en échec".

Qui à la N-VA est prêt à gouverner avec le Vlaams Belang? Tandis que Bart De Wever, formateur côté flamand, a reçu à deux reprises les représentants du parti d'extrême droite, plusieurs membre de la N-VA ont abordé la question dans les médias ce week-end. 

Toujours revenir sur l'islam, taper sur les musulmans, c'est fatiguant.
Theo Francken
Ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration

Commençons par Theo Francken. Sorti renforcé au sein de son parti par les résultats des dernières élections (la liste qu'il tirait a terminé en tête dans le Brabant flamand, reléguant loin derrière le Vlaams Belang), l'ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration a estime ce dimanche dans le journal De Zondag qu'avec l'actuel président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, c'est possible au vu de son parcours. En revanche, Filip Dewinter, autre figure importante du parti extrémiste, constitue "un gros problème", pour Francken.

Theo Francken tacle l'ancien leader du parti d'extrême droite: "Filip Dewinter finira comme Geert Wilders (leader de l'extrême droite néerlandaise, NDLR): en échec total". "Toujours revenir sur l'islam, taper sur les musulmans, c'est fatiguant", dit-il, ajoutant que si la N-VA voyait "aussi des problèmes avec l'islam", le parti ne cherchait pas la "guerre". "Qu'ils mettent leurs propositions sur la table, nous mesurerons les risques (...) Si nous formons un gouvernement flamand, ce sera un gouvernement pour tous les Flamands. Nous n'allons pas lâcher un millimètre sur notre nationalisme inclusif", a-t-il dit.

L'exercice du pouvoir

Mouiller le Belang à l'exercice du pouvoir? Le député fédéral indépendant (élu sur une liste N-VA), Jean-Marie Dedecker se veut plus explicite encore: il a affirmé sur VTM que, pour lui, le Vlaams Belang devait recevoir une "réelle chance" de gouverner au niveau flamand. Un exécutif minoritaire soutenu de l'extérieur par le parti d'extrême droite constitue une piste, à ses yeux. "J'ai proposé cela et j'y crois", a-t-il affirmé. D'après lui, un soutien de l'extérieur pourrait être similaire à celui qui fut notamment apporté aux Pays-Bas par le PVV de l'extrémiste Geert Wilders au gouvernement de Mark Rutte. "Wilders ne s'en est jamais remis. Il a dû montrer son vrai visage et il a ensuite été sanctionné", a analysé Jean-Marie Dedecker.

Siegfried Bracke, ancien président de la Chambre, annonçait vendredi son retrait de la vie politique. ©BELGA

Le président de la Chambre, Siegried Bracke, lui, ne voit pas son parti gouverner à l'heure actuelle avec le Vlaams Belang. "Et ce pour la simple raison qu'il y a trop de différences entre nous, tout comme entre nous et le PS", a-t-il fait savoir sur RTL-TVi dimanche. Son parti a toutefois raison de discuter en Flandre avec la formation d'extrême droite car le cordon sanitaire est "un concept d'un autre temps", estime celui qui a a annoncé vendredi qu'il mettait un terme à sa carrière politique. Le fait que le CD&V et l'Open Vld aient immédiatement fermé la porte au VB après les élections n'est, selon lui, "ni intelligent, ni sage".

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