analyse

Comment ont évolué les partis néerlandophones en 30 ans?

Le patron de la N-VA Bart De Wever et celui du Vlaams Belang Tom Van Grieken ©BELGA

Quels sont les résultats pour chacun des partis néerlandophones au lendemain de ce 26 mai? Et comment ont-ils évolué au fil du temps? Nous avons décortiqué pour vous les scores de chacun d'entre eux. Analyse.

N-VA: la claque qui… passera

Elle a fait du chemin, la N-VA, depuis sa naissance sur les cendres de la Volksunie en 2001. A l’époque, le parti dirigé par Geert Bourgeois peinait à franchir le seuil électoral. Il s’est alors mis en cartel avec le CD&V. C’est l’ascension, et en 2008, le cartel explose. Depuis, les nationalistes flamands vont cartonner: d’abord en 2010, puis en 2014 où ils prendront la main pour former un gouvernement flamand. Et imposeront leur vues au fédéral, à défaut d’imposer le confédéralisme. Mais l’aventure suédoise a fait perdre des plumes aux nationalistes: le parti recule 7% et perd 8 sièges à la Chambre et 7 sièges au parlement flamand.

C’est une défaite, mais à l’image du PS, la N-VA reste malgré tout le premier parti flamand. Au fédéral, il flotte bien au-dessus de ses collègues flamands, et n’est talonné, au sud du pays, que par l’un de ses meilleurs ennemis, le PS (20 sièges, contre 25 pour la N-VA.)

Vlaams Belang: marée montante

S’il y a un gagnant en Flandre, c’est bien l’extrême-droite. Personne ne l’ignore tant la marée brune a bousculé les esprits dès dimanche soir, plombant au passage l’enthousiasme de la victoire des Verts.

Le Vlaams Belang n’en est pas à son coup d’essai. En 2003 et 2007, les extrémistes flamands avaient déjà capté respectivement 17,9% des voix et 19%.

Le Vlaams Belang n’en est pas à son coup d’essai. En 1991, lorsqu’il s’appelait encore Vlaams Blok, le parti d’extrême droite flamand réalise sa première percée au parlement fédéral, raflant 10,3% des voix. C’est le fameux dimanche noir que personne n’a oublié depuis. En 2003 et 2007, les extrémistes flamands avaient déjà capté respectivement 17,9% des voix et 19%. En 2019, avec 18,6% des voix, l’extrême droite de Tom Van Grieken réédite son exploit après avoir connu une traversée du désert (parallèlement à la montée en puissance de la N-VA).

Le Vlaams Belang devient la deuxième formation en Flandre, derrière la N-VA. Un score qui met fortement sous pression le cordon sanitaire. Le Vlaams Belang rafle 15 sièges de plus à la Chambre pour en totaliser 18. Presque autant que… le PS, une razzia. En Flandre, il passe de 6 sièges à .. 23. Deux fois plus que le sp.a…

CD&V: fini les années fastes

Depuis la chute de 2007, le CD&V n’arrive plus à se relever. Au soir de ce 26 mai encore, l’exercice du pouvoir n’a pas permis aux démocrates-chrétiens flamands de faire valoir leur bilan. Un bilan qui, au vu des réformes socio-économiques opérées, aurait dû plaire à l’électorat flamand. Ils ont préféré les partis plus musclés sur les questions identitaires et migratoires.

Les partis nationalistes, voire xénophobes. Résultat, le CD&V laisse encore une floppée de sièges dans cette élection. Il tombe à 14,2% au fédéral, près de la moitié de son score d’il y a 30 ans, et perd 6 sièges. En Flandre, il réalise un petit pourcent de plus, mais perd 8 sièges au parlement. La défaite est sévère pour le parti de Wouter Beke, qui était pourtant donné dans les sondages comme 2e parti au nord du pays.

Open VLD : Lente descente

Ca ne décolle plus à l’Open VLD. Les scores des années 90, qui ont vu la montée au poste de 1er ministre du libéral flamand Guy Verhofstadt, sont loin, très loin. En 1999, le VLD faisait encore 22,6% des voix en Flandre. Vingt ans plus tard, ils n’ont plus que 13,5% des voix. Le recul par rapport à 2014 (15,5%) reste limité.

Mais la descente se poursuit, lentement mais sûrement, et les libéraux ne figurent plus qu’en 4e place du paysage politique flamand, devant Groen et le sp.a.

Sp.a.: une gauche flamande en difficulté

Le sp.a subit à chaque nouveau scrutin la droitisation du paysage politique flamand.

Dur d’être un parti de gauche en Flandre. Le sp.a en sait quelque chose, et à chaque nouveau scrutin subit de plein fouet la droitisation du paysage politique flamand. Avant-hier, le sp.a. a séduit à peine 10,8% des électeurs flamands. C’est deux fois moins qu’il y a 30 ans.

A noter que l’érosion de la gauche flamande va aussi de pair avec la montée, lente mais réelle, du PVDA (l’aile flamande du PTB). Ces derniers ont réalisé un score de 5,6%, alors qu’il y a dix ans ils n’étaient encore qu’un parti anecdotique fleurtant avec le 1%.

Goen: Une vague qui fait flop

La vague verte espérée par les jeunes manifestants pour le climat n’a pas eu lieu en Flandre. Certes, Groen a un peu amélioré son score de 2014, mais à la marge, ne réalisant finalement que 9,8% des voix, alors que les sondages le donnait à 15% en février. Groen reste un parti en croissance, mais qui peine malgré tout à s’imposer dans un paysage très éclaté.

A la Chambre, il monte de deux sièges. A noter qu’à Bruxelles, dans le groupe linguistique flamand, Groen réussit l’exploit de se positionner en 1er place avec 4 siège, contre respectivement 3 pour l’Open VLD et la N-VA.

©MEDIAFIN

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