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Commission: ça passe ou ça casse pour von der Leyen?

©AFP

Une majorité de députés devrait élire ce mardi Ursula von der Leyen à la présidence de la Commission européenne. En théorie. Car cette candidate surprise au poste le plus puissant de l’UE doit encore convaincre.

Salaire minimum garanti, grande conférence européenne, taxe carbone… Ursula von der Leyen (CDU, PPE) a multiplié les promesses lundi pour inciter les députés européens sociaux-démocrates à voter pour elle. Au point de donner au Parlement des airs de Noël avant l’heure.

L’Allemande présente ce mardi, dès 9h, devant les élus, sa candidature à la présidence de la Commission. Après quoi elle débattra avec eux jusque midi. À 18h, les eurodéputés voteront à bulletin secret. La candidate de droite devra recueillir la majorité absolue, soit 374 voix sur les 747 députés présents.

374 députés
Ursula von der Leyen a besoin des voix de 374 députés sur les 747 présents à cette plénière pour être élue à la présidence de la Commission.

Les résultats devraient être communiqués entre 19h30 et 20h. En cas de vote négatif, l’affaire reviendrait devant le Parlement lors de sa session de septembre. Quelle que soit l’issue du vote, Ursula von de Leyen a annoncé sur son compte Twitter qu’elle démissionnerait de son poste de ministre allemande de la Défense.

Ce sera serré

Selon nos informations, Ursula von der Leyen devrait passer de justesse. "J’ai l’impression que cela ne va pas être facile", confiait un député belge du PPE. "Tout dépendra de la présentation de sa candidature mardi matin et des éventuelles erreurs qu’elle pourrait commettre", dit une source.

La candidate allemande a le soutien assuré des 182 eurodéputés de son groupe, le PEE, hormis d’une poignée qui ne digèrent pas l’éviction de leur "Spitzenkandidat" officiel, Manfred Weber. Les 75 élus écologistes voteront contre elle, de même que la gauche radicale (41).

Les libéraux (Renew Europe), au nombre de 108, soutiendront Ursula von der Leyen.

Les libéraux (Renew Europe), au nombre de 108, soutiendront Ursula von der Leyen. Tout rejet de la candidate de compromis entre la France et l’Allemagne serait un désaveu du président français Emmanuel Macron. Un scénario impensable, d’autant que les macronistes ont obtenu ce qu’ils voulaient, la tenue d’une conférence sur l’avenir de l’Europe, un processus mettant en rapport la société civile et les citoyens, suite à la crise de gilets jaunes en France.

L’inconnue socialiste

Le comportement des 153 élus socialistes (S&D) reste l’inconnue. Un tiers d’entre eux voteraient contre ou s’abstiendraient, a-t-on appris lundi. Les socialistes allemands sont, en particulier, remontés contre elle. Ursula von der Leyen n’a pas convaincu à l’oral devant les S&D, entre autre sur les questions migratoires. Elle s’est rattrapée à l’écrit en répondant lundi à leur lettre de doléances.

Elle promet d’œuvrer à la création d’un salaire minimum en Europe, d’instaurer une taxe carbone, d’améliorer le processus du "Spitzenkandidat", de travailler à un droit d’initiative législative du Parlement européen. La candidate parle aussi d’un "nouveau pacte migratoire". Mais son équipe n’étant pas encore constituée, et le vote de ce mardi ne portant que sur la personne, toute promesse faite à cette période est fragilisée.

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